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lundi, mars 7 2016 08:53

Fan Art Yoda

Un autre fan art de la saga Star Wars voici aujourd'hui, au vieux maître Yoda cette fois consacré.

mercredi, décembre 30 2015 12:50

Fan Art Dark Vador

Petit fan art en aquarelle du plus célèbre papounet de la galaxie : Dark Vador de Star Wars.


lundi, octobre 29 2012 11:13

Trailer du Toulouse Game Show 2012

J'en parle assez souvent sur ce blog : chaque année a lieu le Toulouse Game Show (convention autour des cultures jeux vidéo, science-fiction, animation et manga) dans la ville rose. L'édition 2012 accueillera notamment en tant qu'invité d'honneur le character designer des Final Fantasy, Yoshitaka Amano. Comme l'an dernier, ainsi que pour l'édition Ohanami 2012, j'ai réalisé la bande-annonce (sur After Effects). La bande-son est signée Thomas Armengaud. Voici quelques images, suivies de la vidéo.



Trailer Toulouse Game Show 2012 from Thomas Berthelon on Vimeo.

lundi, juin 11 2012 10:23

« Prometheus »

Cela fait 15 jours que je suis allé voir le film « Prometheus » de Ridley Scott, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le métrage fait parler. Indépendant mais tout de même rattaché à la mythologie « Alien » que le réalisateur avait lui-même créée en 1979, « Prometheus » met en scène une expédition plus ou moins scientifique, vaguement métaphysique (Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Avons-nous été créés par des aliens ? Et la place de la religion dans tout cela ?), initiée par le big boss de la fameuse mystérieuse compagnie Weyland-Yutani, qui réussit à implanter un androïde ou un fouteur de merde dans chaque vaisseau susceptible de passer de près ou de loin devant un monstre de destruction massive qui présenterait très bien dans le département de leur bio-armement.

Ce que je retiens du film ? Quelques scènes plus bien que fichues, un rythme nerveux et une atmosphère de SF ayant le mérite d'afficher quelques ambitions. Toutefois, le métrage reste emberlificoté dans des considérations plus ou moins existentialistes et surtout maladroitement amenées, même si les parallèles entre les créateurs/créatures ont l'air de constituer une trame narrative loin d'être inintéressante pour cette future trilogie. Les "ingénieurs" ont conçu les humains, qui conçoivent les androïdes, diverses créatures belliqueuses sont issues des corps de proies donc sont indirectement conçues par les victimes, etc. On devine bien ici en quoi cette thématique a poussé le père Ridley à remettre les mains dans le cambouis de la science-fiction, après sa dernière incursion dans le genre qu'était quand même « Blade Runner ». Les interrogations d'êtres artificiels ou créés par d'autres organismes intelligents qu'ils sont amenés à côtoyer rappellent évidemment les questions que se pose le personnage de Rutger Hauer dans « Blade Runner ».

Le film n'en demeure pas moins bancal en raison d'un scénario parfois honteux et digne des meilleurs nanars, d'un casting de remplissage donnant l'impression qu'il manque beaucoup de scènes coupées (pourquoi Guy Pearce surmaquillé en vieillard ? Pourquoi Charlize Theron, tellement décalée et superflue en bombasse glaciale qui fait des pompes ?). On a surtout l'impression que Scott n'a cru depuis le début qu'en deux seuls personnages : Shaw, la nouvelle Ripley, adepte de la césarienne rapido, et l'androïde David, beaucoup plus lumineux que ses trois prédécesseurs artificiels de la franchise « Alien ».

Sans approcher la pureté absolue du premier film sorti en 1979, « Prometheus » est donc un film bancal, mais néanmoins intéressant et qu'il faudra certainement revoir.

Un film de Ridley Scott, avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Guy Pearce. (Pour l'aquarelle, je me suis inspiré de l'artiste Tony Sandoval)

mercredi, juin 6 2012 10:01

Cours de Storyboard 2

Pour la deuxième année, j'ai enseigné le storyboard à la section 3D de l'école Studio M de Toulouse. J'expliquais l'an dernier quelles étaient les problématiques auxquelles devaient faire face mes étudiants. Je vous montre ici un exemple de sujet : Batman.

Le sujet est le suivant : « Batman interrompt un vol à l'arraché de bijoux ». J'ai créé un storyboard dans les mêmes conditions que mes élèves : même sujet, mêmes contraintes de temps. Je poste ci-dessous ma réponse à ma propre demande.

Pour les étudiants, le but de l'exercice était de se mettre dans la peau d'un storyboardeur d'une adaptation des aventures du personnage créé par Bob Kane. Il faut s'approprier non seulement les codes de représentation des comic books, en prenant en compte que des poses ou des cadrages conviennent pour des bandes dessinées mais pas forcément pour des films. De plus, la mythologie de Batman n'est pas du tout celle de Superman. Par exemple, pour Batman, pas question de mettre en scène un Bruce Wayne voyant un crime s'opérer, puis s'éclipsant sous un escalier pour déboutonner sa chemise et se transformer en Batman. Wayne préfèrera plutôt patrouiller la nuit, surplombant des rues sales de Gotham City rongées par le vice, avant de fondre sur des malfrats en leur flanquant la frousse et les neutralisant sans fioriture avec agressivité. Cela a l'air évident dit comme cela, mais la méthodologie et la capacité à réfléchir vite est ce qui fait principalement défaut aux étudiants.

Il s'agit pour eux donc de faire preuve de créativité dans la mise en scène, de rigueur dans le scénario, mais aussi de respect par rapport au matériau de base. Le sujet a nécessité deux séance de 2 heures, plus les finitions à la maison.

Pour l'anecdote, je dois avouer que cette année, certains étudiants m'ont bluffé et même si leurs storyboards étaient parfois maladroits, ils ont fait preuve d'une maîtrise du sens du cadre et d'une maturité dans le dessin plutôt prometteurs.

Je profite aussi de ce billet pour évoquer une autre thématique que j'ai lancée cette année avec mes 2èmes années : le fil rouge "homme/machine" leur était imposé sur toutes les matières, j'ai proposé de travailler sur la notion d'éveil. Nous avons donc étudié quelques séquences d'éveil de robots, cyborgs, ou êtres baignant dans des univers artificiels issues de films ou de clips : les génériques des deux « Ghost in the Shell » de Mamoru Oshii, le clip « All is full of love » de Bjork par Chris Cunningham, le réveil de Neo dans « Matrix » des frères Wachowsky, et la renaissance de Murphy dans le « Robocop » de Paul Verhoeven, dont voici des images :

mardi, mai 8 2012 15:16

« Avengers »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 5 Mai 2012.

Un film de Joss Whedon, avec Robert Downey Jr., Mark Ruffalo, Chris Evans, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Samuel L. Jackson, Tom Hiddleston, Stellan Skarsgard, Gwyneth Paltrow, Harry Dean Stanton.

Loki, le dieu nordique du mensonge et de la discorde, s'empare d'un cube cosmique détenu par le SHIELD de Nick Fury, afin d'offrir la le monde à une puissance obscure. Cela tombe bien, Fury profite de l'occasion pour monter l'équipe des vengeurs, composée de Iron Man, Captain America, Hulk, Thor, la Veuve Noire et Oeil de Faucon.

Ces super-héros ne seront pas de trop pour lutter contre la menace extra-terrestre, enfin... faudra qu'ils réussissent à s'entendre avant.

Le mastodonte est donc sorti sur grand écran, au terme d'une grosse campagne initiée par le producteur Kevin Feige, depuis 2008 avec le premier « Iron Man » de Jon Favreau. Une campagne qui a tout de même connu quelques couacs sur le plan de la cohérence (les deux « Hulk » qui n'ont jamais pu cohabiter avec les autres films, ou ce choix loufoque de caster l'acteur Chris Evans, interprète de La Torche des « 4 Fantastiques » et de « Captain America »).

« Avengers » constitue désormais une référence dans le cercle fermé des films choraux de super-héros (eh oui, n'en déplaise à certains, il en existe déjà quelques-uns), qui compte également dans ses rangs les trois « X-Men », le surprenant « Mystery Men », « Les Indestructibles » des studios Pixar, et le naze « Les 4 Fantastiques ». Allez, en cherchant bien, on peut aussi nommer les « Star Wars » de la nouvelle trilogie et le dernier « Harry Potter », mais on s'éloigne, on s'éloigne.

Joss Whedon nous concocte donc un cocktail de pas moins de 8 personnages principaux, donc 8 trames à développer : un chiffre record, même si, nous y reviendrons, certains personnages sont plus développés que d'autres. Habitué aux scénarios mettant en scène des groupes (« Buffy », « Firefly »), le réalisateur avait déjà préparé le terrain pour cette chorale, en apposant sa patte sur le casting de certaines productions précédentes (« Thor », « Captain America »).

Sur le plan du spectaculaire, « Avengers » est pour l'instant la quintessence du film de super-héros. La maxime "on en a pour son argent" ne s'est jamais autant appliquée que sur ce film, la production nous assènant un très efficace : "Vous vous faisiez une idée en lisant les comics ? On l'a transposé en live !" Même si le long-métrage de Bryan Singer comporte d'autres qualités, c'est sur ce plan que « X-Men 2 » pêchait : nous n'avons jamais vraiment retrouvé le Wolverine sauvage et enragé des comics, alors qu'il est ici difficile de plus "hulkiser" notre géant vert préféré.

Nous regretterons cependant quelques longueurs (la laborieuse exposition sur le porte-avion) inhérentes aux premiers épisodes de franchises (souvenons-nous de la visite interminable de l'institut Xavier), ainsi que quelques lourdeurs et raccourcis scénaristiques (très drôlement soulignés sur le site de l'excellent Odieux Connard). L'introduction dans le laboratoire du SHIELD peine également à véritablement lancer l'histoire, nous présentant des personnages auxquels il est difficile de s'identifier à ce stade du scénario. Nous passerons rapidement sur la scène de Loki assis à l'arrière de la fourgonnette, qui rappelle plus épisode de « L'Agence tous risques » que l'irruption d'un dieu d'Asgard s'emparant d'une arme cosmique de destruction massive.

Parlons des personnages à présent : c'est bien simple, à une exception près, ils sont tels qu'aperçus individuellement dans leurs films respectifs. Si vous les y avez aimés, vous les apprécierez dans « Avengers », et vice versa. Cap' est égal à lui-même, correct, leader né mais plutôt effacé. Son anti-thèse Thor, même si sa parenté avec Loki le place sur le devant de la scène, ne trouve toujours pas sa place en dehors du royaume d'Asgard, et nous attendons toujours de le voir faire autre chose que jouer au boomerang avec son marteau comme un bourrin. Iron Man est aussi provocateur, imbu de lui-même et fanfaron que dans les deux épisodes réalisés par Jon Favreau, ni plus ni moins cabot, ce qui est en soi une réussite vu son manque de place évident dans ce film de groupe.

Mais étonnamment, ce ne sont pas les personnages que nous attendions qui marquent le plus, mais plutôt ceux que nous n'avions pas vus venir. Le duo formé par la Veuve Noire et Oeil de Faucon apporte finalement une dose d'humanité à laquelle peuvent s'identifier les spectateurs. Le personnage incarné par Jeremy Renner en impose autant en agent du mal qu'en tireur d'élite infaillible et calculateur, tandis que la caution sexy (Scarlett Johansson) est particulièrement soignée par un Joss Whedon affectionnant les héroïnes (Buffy, Faith, River dans « Serenity »), et beaucoup mieux intégrée, crédible, et consistante que sa fade apparition dans « Iron Man 2 ». Mais bien évidemment, c'est Hulk qui frappe en force. A côté de la plaque dans le pourtant très intéressant film d'Ang Lee, et anecdotique dans l'épisode signé Louis Leterrier, le plus célèbre colérique du monde apporte un plus considérable au film : un coeur humain, une puissance défoulatoire propulsant le dernier acte dans la galaxie du "jamais vu", une dimension comique décalée et excessive mais qui passe étonnamment bien, un enjeu scénaristique pourtant encore à peine esquissé par rapport aux comic books, l'"Autre", comme l'appelle Banner, tarde à montrer la couleur de sa papatte mais prouve définitivement que le film est construit autour de lui. Dans ce double rôle, Mark Ruffalo se révèle ultra convaincant : en docteur ventripotent respirant la fragilité et la bonté mais jamais la faiblesse, il apporte une consistance et une crédibilité que n'avaient ni Eric Bana (trop carré) ni Edward Norton (trop chien battu), tandis que sa stature apporte du liant avec une créature verte dangereuse mais joueuse.

Nous attendons avec impatience le prochain épisode, sachant qu'entre les mains du même réalisateur que le premier film, la suite (quelques exemples : « X-Men 2 », « Spider-Man 2 », « Hellboy 2 », « Blade 2 », « The Dark Knight », « Batman Returns ») se révèle bien souvent supérieure car débarrassée des obligatoires présentations d'univers, personnages, et organisations.

lundi, mai 7 2012 16:57

Ne l'énervez pas !

En attendant mon article sur le film « Avengers » que je posterai demain, voici pour patienter, un Fan Art en aquarelle reprenant les héros du film de Joss Whedon. Ceci est un écho à une scène du film qui m'a bien fait rire.

vendredi, avril 20 2012 15:28

Quizz pré- « Avengers »

Après mes articles sur les films « Thor » et « Captain America », voici un troisième et dernier billet visant à nous préparer avant la sortie du film « Avengers » dans nos salles dans quelques jours. Je vous propose aujourd'hui un petit quizz, dont l'intitulé est "Vengeurs, mais pas que, avec des pièges". Il vaut mieux être un amateur de comics pour pouvoir répondre. Les réponses portent sur la mythologie des super-héros Marvels et des vengeurs en particulier, mais pas que. Attention, comme son nom l'indique, il y a des pièges. L'équipe du « Supplément Week-End » y a déjà joué dans l'émission du samedi 14 avril 2012.

Vous pouvez participer en postant des commentaires. Bien sûr, pour jouer le jeu, mieux vaut ne pas lire les réponses des autres avant de répondre. C'est parti !

1/ Pour m'adapter sur grand écran, mes producteurs sont allés chercher un réalisateur qui avait suspendu en l'air des nanas avec des épées.

2/ Je suis un jeune vieux chnoc réac', mais avec des muscles.

3/ Mes cons de ravisseurs m'ont aidé à m'échapper d'une grotte en me donnant de quoi fabriquer des missiles.

4/ On parle de moi dans des livres, mais en fait j'existe vraiment, et je ne m'entends pas trop avec mon frère.

5/ Je suis un savant, et moi aussi je me transforme en gros machin.

6/ J'ai une arme mais là où les autres l'utilisent le dimanche, moi, je balance des éclairs avec.

7/ J'ai une arme, mais moi au moins, c'est moi qui l'ai fabriquée.

8/ J'ai été incarné par un mec qui se baladait en maillot sur une plage.

9/ On m'a sorti d'un glaçon et j'ai du mal avec les 3 coquillages.

10/ J'aime bien péter des tanks avec mes bras.

11/ J'aime pas qu'on pète mes tanks et mes beaux missiles.

12/ Saperlotte, ils ont changé, les tanks !

13/ Je sors avec un mec beaucoup beaucoup plus grand que moi.

14/ Mon alter ego DC Comics a l'air d'une tafiole habillée en vert. Mon vrai nom est Clint Barton.

15/ Kesta contre le vert ??

16/ J'ai remplacé Tony Stark à la tête du SHIELD qui est devenu le HAMMER.

17/ Moi aussi je suis une divinité qui balance des éclairs, alors faites pas chier !

18/ Je suis récurrent dans tous les films de la franchise Avengers, et j'ai une moustache.

19/ Moi aussi, je suis du bon côté, j'ai été créé par le programme "Super Soldat", mais je suis beaucoup beaucoup moins docile que Cap'.

20/ J'ai transformé un nanar en série culte qui a les crocs.

jeudi, avril 19 2012 19:28

« Captain America : First Avenger »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 14 avril 2012.

Un film de Joe Johnston, avec Chris Evans, Hugo Weaving, Hayley Atwell, Tommy Lee Jones, Stanley Tucci.

Afin de rattraper l'avance des nazis en matière d'arsenal expérimental, l'armée américaine investit dans un sérum du Super Soldat, et choisit le chétif Steve Rogers comme cobaye. Mais l'expérience tourne mal et en guise de super armée, les généraux devront se contenter du seul Rogers. Doté d'une force, une rapidité et une endurance supérieurs à la moyenne, Rogers devient vite la mascotte de la campagne d'engagement militaire et endosse le caricatural costume de "Captain America" que veut bien lui donner l'armée dans des spectacles itinérants, à défaut d'une vraie place sur le front.

Mais la capture de son meilleur ami Bucky par les nazis va précipiter le destin de Rogers, l'occasion pour lui de prouver à ses supérieurs que malgré son inexpérience, il vaut mieux que son rôle de simple clown bariolé de la bannière nationale.

Ce blog vous propose aujourd'hui une deuxième séance de rattrapage avant la sortie du film « Avengers » de Joss Whedon.

Voici un authentique film d'aventure dans la vieille tradition : un héros pur (limite puceau), frais et joyeux partant à la guerre la fleur au fusil, une amourette quasi platonique, un méchant bien hideux, le charme des films de guerre à l'ancienne (des nazis bien méchants à défourrailler, des soldats US valeureux, des prisonniers à récupérer dans un camp au cours d'une mission suicide...). En un mot, les tares liées à l'adaptation du plus chiant et caricatural des super héros Marvels en font pourtant l'une des meilleures adaptations de comics, dans la veine du charme steam punk d'un « Rocketeer ». Là où Rogers aurait pu pâlir face au charisme démesuré d'un Tony Stark, nous avons affaire ici à un héros en retenue, sobre et efficace dans le bon sens du terme car respirant l'humanité. Alors oui, il n'est pas fun et ne fait pas de blague, mais sa foi démesurée en son pays frôlant la pathologie en font certainement le plus touchant des super-héros. Son apport au groupe des Vengeurs ne sera assurément pas en creux, les scénaristes ayant su rendre justice à cette antithèse de Stark, alors que le matériau portait tous les gênes de l'adaptation foireuse.

Le vétéran Joe Johnston (« Jumanji », « Jurassic Park 3 », ... ah ben tiens, « Rocketeer »), l'un des meilleurs éléments de l'écurie Lucas-Spelberg ayant débuté sur les effets spéciaux de « Star Wars : Un nouvel espoir » en 1977, s'en tire honorablement et fait le métier, comme on dit. A cent lieux des blockbusters à effets spéciaux cyniques, son « Captain America » nous refait croire à un cinéma à prendre au premier degré. L'humour n'est toutefois pas absent, à travers un Tommy Lee Jones (prouvant ici qu'il peut aussi faire rire autrement qu'en costard et lunettes de soleil) parfait en officier militaire ronchon et buté. Dans le rôle titre, Chris Evans s'en sort avec les honneurs, mais il est vraiment aberrant d'avoir choisi un acteur ayant déjà incarné un autre personnage Marvel (La Torche dans « Les 4 Fantastiques »). Pour la cohérence de l'univers, il faudra repasser.

Injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salle durant l'été 2011 (en concurrence frontale avec « Green Lantern » de DC Comics, et quelques semaines seulement après « Thor ») ces aventures de Steven Rogers sont certainement arrivées à un point où le public souffrait d'une overdose de héros bariolés. Il vous reste quelques jours avant le mastodonte « Avengers », ne passez pas à côté de cet excellent film d'aventure

mercredi, avril 18 2012 17:40

« Thor »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-end » du samedi 14 avril 2012.

Un film de Kenneth Branagh, avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Anthony Hopkins, Tom Hiddleston, Stellan Skarsgard, Colm Feore, Ray Stevenson, Rene Russo. Disponible en Blu-ray et DVD chez Paramount.

Viré du royaume d'Asgard après avoir foutu la merde entre deux mondes parce que c'est un jeune con, Thor est déchu par son père Odin, banni et envoyé sur Midgard (la Terre pour les Vikings) pour apprendre la vie et faire ses preuves. Il atterrit sur le camion de la chercheuse en tempêtes Jane Foster, qui n'est pas insensible à ses bras musclés.

Pendant ce temps, Loki, le frère de Thor, remplace son père qui est mystérieusement tombé malade...

Ceci est une petite séance de rattrapage pour réviser ses vengeurs avant le film « Avengers » de Joss Whedon.

Première surprise : nous retrouvons aux commandes de ce blockbuster ultra-codifié le réalisateur shakespearien Kenneth Branagh. La surprise est grande, mais le choix est somme toute logique : Thor correspond à la veine "DC Comics" de Marvel, à savoir le côté Space Opera. En effet, la majorité des héros Marvel sont très ancrés dans le vrai monde, beaucoup sont par exemple New Yorkais, quant aux autres, ce sont des hommes comme les autres à qui il arrive des évènements tragiques (morsures radioactives, accidents scientifiques, etc). Le héros nordique est quant à lui, un Dieu, donc est doté dès la naissance de pouvoirs incommensurables. Afin de mettre en scène son histoire, Branagh était tout indiqué, lui qui a l'habitude de narrer des luttes d'héritages, intrigues de palais, et lignées royales. Le projet d'adaptation de « Thor » reposait sur l'équilibre entre la partie terrestre et la partie Asgard, celle-ci devant bien s'intégrer au reste, et surtout aux autres mythologies rattachées au projet « Avengers ».

Deuxième surprise : contre toute attente, la partie Asgard fonctionne beaucoup mieux que la partie terrestre. L'ambiance visuelle, qui pouvait faire peur dans la bande annonce, fonctionne parfaitement est ne respire finalement pas (trop) le kitsch. Les armures étincelantes, les ponts arc-en-ciels, et les grandes portes dorées, si elles font plus penser aux chevaliers d'or de « Saint Seiya » qu'au Grand Nord Viking, ont le mérite de s'inscrire dans un univers fantastique exubérant mais cohérent. Mais cela est obtenu grâce au soin apporté à la relation entre Odin et ses deux fils Thor et Loki. Autant Thor est fonceur, bourrin et parfois stupide, autant Loki est le vilain petit canard, l'intrigant, l'enfoiré tapi dans l'ombre. Ce trio fonctionne sur un équilibre complémentaire entre sagesse, souffrance, et force : trois faces d'un même personnage offrant une profondeur inattendue à ce long-métrage adapté d'un comic book.

De son côté, le côté terrestre offre malheureusement un versant beaucoup plus attendu et classique. A part la partie se déroulant parmi les membres du SHIELD, ayant le mérite d'introduire le personnage d'Oeil de Faucon (Jeremy Renner) et donnant un côté « Excalibur » à la quête de Thor pour récupérer son marteau Mjolnir, ce passage du dieu parmi nous ne restera pas dans les annales, et le duo qu'il forme avec la scientifique, bien que sympathique, est complètement dénué d'intérêt. Seul le danois Stellan Skarsgard, caution scandinave du film et impeccable comme d'habitude, apporte un semblant de consistance à cet épisode midgardien trop expédié pour offrir au film un véritable équilibre. Asgard vainqueur donc haut la main !

Sous l'égide paternaliste d'un Anthony Hopkins plutôt bon, proche de son interprétation d'après une autre mythologie viking « La Légende de Beowulf », les nouveaux venus Tom Hiddleston et Chris Hemsworth s'en tirent honorablement. Alors que le premier compose un Loki en retrait, calculateur froid et surtout pas en dictateur en roue libre, la carrure du second fait merveille, tandis que son magnétisme et son énergie en font l'interprète parfait pour ce dieu banni, en colère mais acceptant sa peine avec dignité.

Il reste maintenant aux producteurs à offrir des méchants et une histoire à la mesure de ce personnage : malheureusement, le moment où il montrer l'étendue de ses pouvoirs coïncide avec sa bêtise, cet épisode étant mis en scène comme une virée de beuverie au volant d'une décapotable avec ses potes. On attend définitivement plus qu'une bande annonce de luxe.

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