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mardi, mai 8 2012 15:16

« Avengers »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 5 Mai 2012.

Un film de Joss Whedon, avec Robert Downey Jr., Mark Ruffalo, Chris Evans, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Samuel L. Jackson, Tom Hiddleston, Stellan Skarsgard, Gwyneth Paltrow, Harry Dean Stanton.

Loki, le dieu nordique du mensonge et de la discorde, s'empare d'un cube cosmique détenu par le SHIELD de Nick Fury, afin d'offrir la le monde à une puissance obscure. Cela tombe bien, Fury profite de l'occasion pour monter l'équipe des vengeurs, composée de Iron Man, Captain America, Hulk, Thor, la Veuve Noire et Oeil de Faucon.

Ces super-héros ne seront pas de trop pour lutter contre la menace extra-terrestre, enfin... faudra qu'ils réussissent à s'entendre avant.

Le mastodonte est donc sorti sur grand écran, au terme d'une grosse campagne initiée par le producteur Kevin Feige, depuis 2008 avec le premier « Iron Man » de Jon Favreau. Une campagne qui a tout de même connu quelques couacs sur le plan de la cohérence (les deux « Hulk » qui n'ont jamais pu cohabiter avec les autres films, ou ce choix loufoque de caster l'acteur Chris Evans, interprète de La Torche des « 4 Fantastiques » et de « Captain America »).

« Avengers » constitue désormais une référence dans le cercle fermé des films choraux de super-héros (eh oui, n'en déplaise à certains, il en existe déjà quelques-uns), qui compte également dans ses rangs les trois « X-Men », le surprenant « Mystery Men », « Les Indestructibles » des studios Pixar, et le naze « Les 4 Fantastiques ». Allez, en cherchant bien, on peut aussi nommer les « Star Wars » de la nouvelle trilogie et le dernier « Harry Potter », mais on s'éloigne, on s'éloigne.

Joss Whedon nous concocte donc un cocktail de pas moins de 8 personnages principaux, donc 8 trames à développer : un chiffre record, même si, nous y reviendrons, certains personnages sont plus développés que d'autres. Habitué aux scénarios mettant en scène des groupes (« Buffy », « Firefly »), le réalisateur avait déjà préparé le terrain pour cette chorale, en apposant sa patte sur le casting de certaines productions précédentes (« Thor », « Captain America »).

Sur le plan du spectaculaire, « Avengers » est pour l'instant la quintessence du film de super-héros. La maxime "on en a pour son argent" ne s'est jamais autant appliquée que sur ce film, la production nous assènant un très efficace : "Vous vous faisiez une idée en lisant les comics ? On l'a transposé en live !" Même si le long-métrage de Bryan Singer comporte d'autres qualités, c'est sur ce plan que « X-Men 2 » pêchait : nous n'avons jamais vraiment retrouvé le Wolverine sauvage et enragé des comics, alors qu'il est ici difficile de plus "hulkiser" notre géant vert préféré.

Nous regretterons cependant quelques longueurs (la laborieuse exposition sur le porte-avion) inhérentes aux premiers épisodes de franchises (souvenons-nous de la visite interminable de l'institut Xavier), ainsi que quelques lourdeurs et raccourcis scénaristiques (très drôlement soulignés sur le site de l'excellent Odieux Connard). L'introduction dans le laboratoire du SHIELD peine également à véritablement lancer l'histoire, nous présentant des personnages auxquels il est difficile de s'identifier à ce stade du scénario. Nous passerons rapidement sur la scène de Loki assis à l'arrière de la fourgonnette, qui rappelle plus épisode de « L'Agence tous risques » que l'irruption d'un dieu d'Asgard s'emparant d'une arme cosmique de destruction massive.

Parlons des personnages à présent : c'est bien simple, à une exception près, ils sont tels qu'aperçus individuellement dans leurs films respectifs. Si vous les y avez aimés, vous les apprécierez dans « Avengers », et vice versa. Cap' est égal à lui-même, correct, leader né mais plutôt effacé. Son anti-thèse Thor, même si sa parenté avec Loki le place sur le devant de la scène, ne trouve toujours pas sa place en dehors du royaume d'Asgard, et nous attendons toujours de le voir faire autre chose que jouer au boomerang avec son marteau comme un bourrin. Iron Man est aussi provocateur, imbu de lui-même et fanfaron que dans les deux épisodes réalisés par Jon Favreau, ni plus ni moins cabot, ce qui est en soi une réussite vu son manque de place évident dans ce film de groupe.

Mais étonnamment, ce ne sont pas les personnages que nous attendions qui marquent le plus, mais plutôt ceux que nous n'avions pas vus venir. Le duo formé par la Veuve Noire et Oeil de Faucon apporte finalement une dose d'humanité à laquelle peuvent s'identifier les spectateurs. Le personnage incarné par Jeremy Renner en impose autant en agent du mal qu'en tireur d'élite infaillible et calculateur, tandis que la caution sexy (Scarlett Johansson) est particulièrement soignée par un Joss Whedon affectionnant les héroïnes (Buffy, Faith, River dans « Serenity »), et beaucoup mieux intégrée, crédible, et consistante que sa fade apparition dans « Iron Man 2 ». Mais bien évidemment, c'est Hulk qui frappe en force. A côté de la plaque dans le pourtant très intéressant film d'Ang Lee, et anecdotique dans l'épisode signé Louis Leterrier, le plus célèbre colérique du monde apporte un plus considérable au film : un coeur humain, une puissance défoulatoire propulsant le dernier acte dans la galaxie du "jamais vu", une dimension comique décalée et excessive mais qui passe étonnamment bien, un enjeu scénaristique pourtant encore à peine esquissé par rapport aux comic books, l'"Autre", comme l'appelle Banner, tarde à montrer la couleur de sa papatte mais prouve définitivement que le film est construit autour de lui. Dans ce double rôle, Mark Ruffalo se révèle ultra convaincant : en docteur ventripotent respirant la fragilité et la bonté mais jamais la faiblesse, il apporte une consistance et une crédibilité que n'avaient ni Eric Bana (trop carré) ni Edward Norton (trop chien battu), tandis que sa stature apporte du liant avec une créature verte dangereuse mais joueuse.

Nous attendons avec impatience le prochain épisode, sachant qu'entre les mains du même réalisateur que le premier film, la suite (quelques exemples : « X-Men 2 », « Spider-Man 2 », « Hellboy 2 », « Blade 2 », « The Dark Knight », « Batman Returns ») se révèle bien souvent supérieure car débarrassée des obligatoires présentations d'univers, personnages, et organisations.

jeudi, avril 19 2012 19:28

« Captain America : First Avenger »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 14 avril 2012.

Un film de Joe Johnston, avec Chris Evans, Hugo Weaving, Hayley Atwell, Tommy Lee Jones, Stanley Tucci.

Afin de rattraper l'avance des nazis en matière d'arsenal expérimental, l'armée américaine investit dans un sérum du Super Soldat, et choisit le chétif Steve Rogers comme cobaye. Mais l'expérience tourne mal et en guise de super armée, les généraux devront se contenter du seul Rogers. Doté d'une force, une rapidité et une endurance supérieurs à la moyenne, Rogers devient vite la mascotte de la campagne d'engagement militaire et endosse le caricatural costume de "Captain America" que veut bien lui donner l'armée dans des spectacles itinérants, à défaut d'une vraie place sur le front.

Mais la capture de son meilleur ami Bucky par les nazis va précipiter le destin de Rogers, l'occasion pour lui de prouver à ses supérieurs que malgré son inexpérience, il vaut mieux que son rôle de simple clown bariolé de la bannière nationale.

Ce blog vous propose aujourd'hui une deuxième séance de rattrapage avant la sortie du film « Avengers » de Joss Whedon.

Voici un authentique film d'aventure dans la vieille tradition : un héros pur (limite puceau), frais et joyeux partant à la guerre la fleur au fusil, une amourette quasi platonique, un méchant bien hideux, le charme des films de guerre à l'ancienne (des nazis bien méchants à défourrailler, des soldats US valeureux, des prisonniers à récupérer dans un camp au cours d'une mission suicide...). En un mot, les tares liées à l'adaptation du plus chiant et caricatural des super héros Marvels en font pourtant l'une des meilleures adaptations de comics, dans la veine du charme steam punk d'un « Rocketeer ». Là où Rogers aurait pu pâlir face au charisme démesuré d'un Tony Stark, nous avons affaire ici à un héros en retenue, sobre et efficace dans le bon sens du terme car respirant l'humanité. Alors oui, il n'est pas fun et ne fait pas de blague, mais sa foi démesurée en son pays frôlant la pathologie en font certainement le plus touchant des super-héros. Son apport au groupe des Vengeurs ne sera assurément pas en creux, les scénaristes ayant su rendre justice à cette antithèse de Stark, alors que le matériau portait tous les gênes de l'adaptation foireuse.

Le vétéran Joe Johnston (« Jumanji », « Jurassic Park 3 », ... ah ben tiens, « Rocketeer »), l'un des meilleurs éléments de l'écurie Lucas-Spelberg ayant débuté sur les effets spéciaux de « Star Wars : Un nouvel espoir » en 1977, s'en tire honorablement et fait le métier, comme on dit. A cent lieux des blockbusters à effets spéciaux cyniques, son « Captain America » nous refait croire à un cinéma à prendre au premier degré. L'humour n'est toutefois pas absent, à travers un Tommy Lee Jones (prouvant ici qu'il peut aussi faire rire autrement qu'en costard et lunettes de soleil) parfait en officier militaire ronchon et buté. Dans le rôle titre, Chris Evans s'en sort avec les honneurs, mais il est vraiment aberrant d'avoir choisi un acteur ayant déjà incarné un autre personnage Marvel (La Torche dans « Les 4 Fantastiques »). Pour la cohérence de l'univers, il faudra repasser.

Injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salle durant l'été 2011 (en concurrence frontale avec « Green Lantern » de DC Comics, et quelques semaines seulement après « Thor ») ces aventures de Steven Rogers sont certainement arrivées à un point où le public souffrait d'une overdose de héros bariolés. Il vous reste quelques jours avant le mastodonte « Avengers », ne passez pas à côté de cet excellent film d'aventure

mercredi, avril 18 2012 17:40

« Thor »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-end » du samedi 14 avril 2012.

Un film de Kenneth Branagh, avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Anthony Hopkins, Tom Hiddleston, Stellan Skarsgard, Colm Feore, Ray Stevenson, Rene Russo. Disponible en Blu-ray et DVD chez Paramount.

Viré du royaume d'Asgard après avoir foutu la merde entre deux mondes parce que c'est un jeune con, Thor est déchu par son père Odin, banni et envoyé sur Midgard (la Terre pour les Vikings) pour apprendre la vie et faire ses preuves. Il atterrit sur le camion de la chercheuse en tempêtes Jane Foster, qui n'est pas insensible à ses bras musclés.

Pendant ce temps, Loki, le frère de Thor, remplace son père qui est mystérieusement tombé malade...

Ceci est une petite séance de rattrapage pour réviser ses vengeurs avant le film « Avengers » de Joss Whedon.

Première surprise : nous retrouvons aux commandes de ce blockbuster ultra-codifié le réalisateur shakespearien Kenneth Branagh. La surprise est grande, mais le choix est somme toute logique : Thor correspond à la veine "DC Comics" de Marvel, à savoir le côté Space Opera. En effet, la majorité des héros Marvel sont très ancrés dans le vrai monde, beaucoup sont par exemple New Yorkais, quant aux autres, ce sont des hommes comme les autres à qui il arrive des évènements tragiques (morsures radioactives, accidents scientifiques, etc). Le héros nordique est quant à lui, un Dieu, donc est doté dès la naissance de pouvoirs incommensurables. Afin de mettre en scène son histoire, Branagh était tout indiqué, lui qui a l'habitude de narrer des luttes d'héritages, intrigues de palais, et lignées royales. Le projet d'adaptation de « Thor » reposait sur l'équilibre entre la partie terrestre et la partie Asgard, celle-ci devant bien s'intégrer au reste, et surtout aux autres mythologies rattachées au projet « Avengers ».

Deuxième surprise : contre toute attente, la partie Asgard fonctionne beaucoup mieux que la partie terrestre. L'ambiance visuelle, qui pouvait faire peur dans la bande annonce, fonctionne parfaitement est ne respire finalement pas (trop) le kitsch. Les armures étincelantes, les ponts arc-en-ciels, et les grandes portes dorées, si elles font plus penser aux chevaliers d'or de « Saint Seiya » qu'au Grand Nord Viking, ont le mérite de s'inscrire dans un univers fantastique exubérant mais cohérent. Mais cela est obtenu grâce au soin apporté à la relation entre Odin et ses deux fils Thor et Loki. Autant Thor est fonceur, bourrin et parfois stupide, autant Loki est le vilain petit canard, l'intrigant, l'enfoiré tapi dans l'ombre. Ce trio fonctionne sur un équilibre complémentaire entre sagesse, souffrance, et force : trois faces d'un même personnage offrant une profondeur inattendue à ce long-métrage adapté d'un comic book.

De son côté, le côté terrestre offre malheureusement un versant beaucoup plus attendu et classique. A part la partie se déroulant parmi les membres du SHIELD, ayant le mérite d'introduire le personnage d'Oeil de Faucon (Jeremy Renner) et donnant un côté « Excalibur » à la quête de Thor pour récupérer son marteau Mjolnir, ce passage du dieu parmi nous ne restera pas dans les annales, et le duo qu'il forme avec la scientifique, bien que sympathique, est complètement dénué d'intérêt. Seul le danois Stellan Skarsgard, caution scandinave du film et impeccable comme d'habitude, apporte un semblant de consistance à cet épisode midgardien trop expédié pour offrir au film un véritable équilibre. Asgard vainqueur donc haut la main !

Sous l'égide paternaliste d'un Anthony Hopkins plutôt bon, proche de son interprétation d'après une autre mythologie viking « La Légende de Beowulf », les nouveaux venus Tom Hiddleston et Chris Hemsworth s'en tirent honorablement. Alors que le premier compose un Loki en retrait, calculateur froid et surtout pas en dictateur en roue libre, la carrure du second fait merveille, tandis que son magnétisme et son énergie en font l'interprète parfait pour ce dieu banni, en colère mais acceptant sa peine avec dignité.

Il reste maintenant aux producteurs à offrir des méchants et une histoire à la mesure de ce personnage : malheureusement, le moment où il montrer l'étendue de ses pouvoirs coïncide avec sa bêtise, cet épisode étant mis en scène comme une virée de beuverie au volant d'une décapotable avec ses potes. On attend définitivement plus qu'une bande annonce de luxe.

dimanche, avril 15 2012 18:22

« Sur la piste du Marsupilami »

Ecouter aussi ma chronique du film dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 7 avril 2012.

Un film de et avec Alain Chabat, et aussi Jamel Debbouze, Fred Testot, Géraldine Nakache, Lambert Wilson, Patrick Timsit, Jacques Weber.

Afin de sauver son poste de reporter TV, le journaliste Dan Geraldo, devenu star il y a des années suite à un reportage en Palombie, repart dans ce pays pour ramener une interview des mystérieux guerriers Payas. Son contact sur place est Pablito, un guide volubile et adepte de l'arnaque, que tout le monde traite de menteur.

Mais ce voyage en Palombie va s'avérer plein de rebondissements pour Geraldo, et va le mener sur les traces d'une créature mystérieuse, le Marsupilami. Il sera aussi question d'une prophétie paya, qui mettra aux prises un dictateur mélomane et un botaniste diabolique.

Le papa du Marsupilami, c'est André Franquin. Cet auteur de BD s'est fait connaître en reprenant les aventures de « Spirou et Fantasio » dans les années 40, où il invente les personnages de Zorglub, le comte de Champignac, et donc le Marsupilami. Il crée ensuite à la fin des années 50 le personnage de Gaston Lagaffe, le personnage dont il sera le plus proche, avec Yvan Delporte. Dans les années 50, il crée le studio Franquin, où les auteurs Roba (« Boule et Bill »), Jidéhem, et Greg vont le rejoindre. Il était connu pour sa veine écologiste et humaniste, et nourrissait une passion pour les machines en tous genres. Il meurt en 1997 des suites d'un infarctus.

Mais revenons au film réalisé par Alain Chabat : il commence doucement, et même mollement.

La présentation de la galerie de personnages s'éternisant sur un rythme mou, des scènettes sentant le faux (le briefing de mission à la chaîne TV), la visite du palais du dictateur est quant à elle décalée, mais la mayonnaise ne prend pas vraiment. On commence à sentir la mauvaise grosse comédie du dimanche soir avec son casting TF1 formaté pour faire les zouaves chez Arthur.

Et puis il y a la suite.

Et là... Et là... Inracontable, empreint de poésie, de loufoque, rythmé par ses 35 trouvailles par scène, des gags cachés encourageant le multiple visionnage, bref : chaque scène est une fiole de culte en puissance. Moins adepte de la référence en force qu'« Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », ce « Marsupilami » se veut plus premier degré, plus chatoyant, plus pelucheux. Bref : plus "minou kawaï" que "mouche qui pète".

Surtout, ne lisez rien sur ce film, au risque de vous déflorer vous-même quelques moments clés du film. D'ailleurs, vous en avez déjà trop lu via cet article. Et encore, c'est un véritable crève-coeur de ne pouvoir parler de la performance de Lambert Wilson, ou bien du topo prophétique des payas.

Bref, si vous aimez le Chabat nounours, foncez, c'est un ordre !

mercredi, février 29 2012 11:37

« Very Bad Trip 2 »


Ecouter aussi ma chronique conjointe avec Dusport radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 2 juillet 2011.

« Very Bad Trip » « Very Bad Trip 2 », Un film de Todd Philips, avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis, Ken Jeong, Mike Tyson Paul Giamatti.

Quatre amis partent enterrer la vie de garçon de l'un d'eux à Las Vegas Bangkok. Mais à leur réveil après une nuit bien arrosée, ils n'ont plus aucun souvenir, et la chambre d'hôtel ressemble à Beyrouth. Mais le pire, c'est que Doug Teddy, le futur marié beau-frère, est introuvable. Les 3 potes vont tenter de démêler les fils d'une nuit mouvementée, pour ne surtout pas avoir de comptes à rendre à la mariée au père de la mariée.

Cette comédie est une véritable enquête dans la faune de Las Vegas Bangkok, au sens propre comme au figuré puisque les trois losers vont devoir se coltiner un tigre petit singe tout mignon qui fume des pétards et récupère de la dope ! Au fil d'une investigation les menant de surprises en surprises, ce pauvre Stu se réveille avec une dent en moins un tatouage exotique sur une joue, ils héritent même d'une voiture de flic un moine thaïlandais muet, leur mission principale consiste surtout à échapper au courroux du mafieux local incarné par un Mike Tyson Paul Giamatti au sommet de sa forme faisant autant rire que peur.

Mais l'élément le plus réjouissant lourdingue, c'est bien sûr le personnage d'Alan incarné par Zach Galifianakis, véritable fou furieux psychopathe, grain de sable démoniaque foutant en l'air toute tentative censée et germe de bon sens dans une ville de branques et de prédateurs. Rassurez-vous, nos héros n'ont besoin de personne d'autres pour se livrer à des fornications avec des animaux des autres créatures que nous tairons.

Mais n'ayez pas peur, ce film ne vire jamais dans le glauque. Cela se clôture même dans un générique très réjouissant dévoilant les photos de la fameuse nuit de débauche prises avec le téléphone de Doug Teddy.

Ce genre d'aventures n'arrive décidément qu'une fois !

lundi, février 27 2012 10:55

« The Ward »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 25 février 2012.

Un film de John Carpenter, avec Amber Heard, Danielle Panabaker, Mamie Gummer, Laura Leigh, Lyndsy Fonseca. Edité en DVD chez Metropolitan Filmexport.

Fin des années 50, la jeune Kristen est internée dans un hôpital psychiatrique. Elle ne tarde pas à découvrir que les lieux sont hantés par le fantôme d'une ancienne pensionnaire. Mais les médecins ne la croient pas.

Voilà, vous l'avez deviné, je ne peux pas vous en raconter plus. Non pas par peur de vous spoiler, mais il n'y a plus rien à dire. Nous sommes dans un pur film de croque-mitaine de la nouvelle génération. Un retour à un premier degré intégral (ce n'est pas plus mal), mais surtout un scénario bas du front se contentant d'aligner des séquences automatisées.

L'histoire ? Kristen essaye de s'échapper. Elle échoue. Kristen ré-essaye de s'échapper. Elle re-échoue. Elle ré-essaye avec une autre fille. Elles échouent toutes les deux. Comique de répétition, tout ça, tout ça.

Deux mots sur le réalisateur. "Big" John Carpenter. Le réalisateur de « Halloween », « New York 1997 », « Invasion Los Angeles », ou encore « The Thing ». Le metteur en scène capable de faire passer un aquarium avec un liquide fluo dans une église pour un sommet du cinéma d'angoisse (« Prince des Ténèbres »). Le même qui livra avec « Christine » une des meilleurs adaptations de romans de Stephen King. Toujours le même qui offre aux férus du cinéma d'aventure un des métrages les plus jouissifs de tous les temps, avec des guerriers chinois lançant des éclairs sur un baroudeur routier en plein Chinatown de San Francisco (« Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin »). Aujourd'hui, Big John n'a plus le feu sacré, et se contente d'apposer son nom sur des remakes insipides et de palper l'oseille en guise de retraite, entre deux parties de jeux vidéo.

Après deux segments oubliables de la collection des téléfilms « Masters of horror », le maître est de retour sur un long métrage, 10 ans après le sympathique « Ghosts of Mars ». C'est peu dire que ce « The Ward » est un Carpenter mineur. A ce niveau, c'est carrément Microcosmos ! Se contenant de livrer une copie très scolaire mais complètement désincarnée, il a juste le mérite de ne pas souiller le genre. Avec des effets à l'ancienne (un maquillage à la limite du risible, quelques éclairs, des travellings qui ont forgé sa légende, soulignés par des sautes sonores pour tenter de réveiller les nombreux endormis), il met en scène un produit calibré mais sans surprise. Difficile d'avoir la dent dure, on applaudit quand même le professionnalisme, mais la passion n'y est plus.

Que reste-t-il du film après le visionnage ? Une fin risible car sentant diablement le réchauffé, un casting d'actrices plutôt agréables (on se calme, il y a bien une scène de douches s'attardant sur ce petit monde, mais même si les dos en gros plan sont très jolis... bref) dont certaines referont parler d'elles assurément, et puis c'est tout. Pour la pétoche devant un univers d'aliénés, revoyez plutôt « L'Antre de la folie », le dernier chef d'oeuvre du bonhomme. Avis aux fans, voyez ce film pour le principe. Les non connaisseurs se contenteront de lancer la lecture en fond, pour se moquer d'un métrage signé par un nom qui ne leur dira rien. Les pauvres.

mercredi, février 15 2012 11:27

« La Main de fer »

Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 11 février 2012.

Un film produit par la Shaw Brothers, de Chung Chang-Wha, avec Lo Lieh, Wang Ping, Wang Chin-Feng. Disponible en DVD chez Wild Side Films.

Chi Hao est un jeune disciple en arts martiaux, envoyé en ville pour parfaire son art auprès d'un grand maître. Après avoir passé un an à travailler... en cuisine, il est enfin accepté en tant qu'élève. Il s'améliore très vite, mais demeure encore un peu tendre. Au coeur d'une lutte entre écoles d'arts martiaux rivales, face à des adversaires prêts à toutes les bassesses et les sévices les plus horribles, Chi Hao doit faire son apprentissage, et cela va passer par la maîtrise de la technique secrète de la "Main de Fer"...

Une fois n'est pas coutume, c'est un metteur en scène coréen qui est ici aux manettes de ce qui fut dans les années 70 un véritable triomphe dans les salles américaines, et qui contribua à lancer la vague des films d'arts martiaux hong kongais de l'âge d'or de la Shaw Brothers en Occident. Abandonnant les traditionnelles armes blanches, les combats de « La Main de fer » se font uniquement à mains nues, offrant au parcours de Chi Hao un côté plus bestial et naturel.

Je passerai sous silence les différents sévices que subissent certains personnages dans le film pour ne pas déflorer l'intrigue, mais on aura rarement ouvert la porte à autant de violence, de mutilation, et d'assassinats plus sournois les uns que les autres. Le parcours initiatique du jeune disciple, ayant plus d'affinité avec le théâtre qu'avec des grandes épopées d'aventure, par l'utilisation de décors récurrents (les salles d'entraînement des écoles rivales, l'auberge, un décor de forêt unique servant à toutes les scènes d'embuscade), revêt un air de tragédie grecque. Chaque personnage doit assumer ses propres choix, sa propre destinée, et donc la conclusion qui va avec. Des personnages se déchirent pour mieux se retrouver face à la mort, quand d'autres guerriers itinérants trouvent finalement leur place même si c'est pour trépasser.

Il est rafraîchissant et instructif de revoir aujourd'hui de tels films, car les canons de représentation de l'époque (décors peints, beaux costumes, casting féminin magnifique, sang rouge vif, effets spéciaux de type "physique" à base d'éclairages colorés) permettent de se concentrer directement sur l'essentiel : ici, pas de caméra virtuelle, ou de ralenti esthétisant, nous sommes à une époque où la brutalité des coups comporte plus d'authenticité et de matérialité.

Il est à noter que Quentin Tarantino s'est fortement inspiré de « La Main de fer » pour son « Kill Bill », jusqu'à lui emprunter son gimmick musical ponctuant chaque utilisation de la fameuse technique secrète de la main de fer. Cette production permet à tout amateur de ce genre qui la revoit aujourd'hui de se plonger dans cette époque bénie des productions de la Shaw Brothers. Pour les autres, essayez au moins, si le charme kitsch vous rebute, vous n'aurez pas passé un moment désagréable.

Dernier détail : le 15 mars, ressort la collection des Essentiels de la Shaw Brothers édités par Wild Side dans des coffrets DVD 2 ou 3 titres, restaurés en haute définition et accompagnés de compléments exclusifs. L'éditeur ressort également en blue ray, deux trilogies majeures : « La 36ème chambre de Shaolin » et la trilogie du « Sabreur manchot ». Voilà l'occasion d'investir !

Et du 8 au 27 février, la Cinémathèque de Paris rend hommage au réalisateur hong kongais King Hu, à travers une poignée de films (avec entre autres, « A touche of a zen » et « L'hirondelle d'or »).

Cadeau : une bande annonce de « La Main de fer » délicieusement kitsch, de la période René Château...



La main de fer par stebzh

dimanche, janvier 22 2012 15:00

« Star Wars Episode VII : Star Wars Kids »

Ecouter aussi ma chronique audio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 7 janvier 2012. Il s'agissait d'une chronique spéciale pour la 300ème édition. L'idée était de chroniquer une oeuvre que nous admirions, de la même manière que nous l'aurions chroniquée à l'époque de sa sortie. Ici, nous ne sommes finalement pas dans le passé, mais dans le futur...

Nous sommes le samedi 9 janvier 2027, et ça y est, on y est : George Lucas nous l'avait promis depuis quelques années : le grand retour de « Star Wars », avec enfin cette suite, les épisodes VII, VIII et IX, et il faut dire que pour ses 83 ans, le réalisateur est en forme.

Alors, même si au bout de toutes ces années, il n'a plus réalisé de films en dehors de la franchise « Star Wars »... rappelons : « Clone Wars Trilogy », « L'Odyssée de C3PO » avec pour l'instant quatre épisodes, le cross over « Harry Potter à l'école des Padawans » qui a quand même donné neuf films live, un reboot et une série animée !

Cette fois, il nous l'assure, il a réalisé suffisamment de films pour ses arrières petits-enfants, et veut enfin revenir aux vraies valeurs de la Force, retrouver l'essence de la trilogie originelle, qui a quand même connu pas moins de huit reliftings.

Mais le principal, c'est le film bien sûr, et l'apparition, vous n'êtes pas sans le savoir vu que les répliques garnissent les cours de récrés, ... des "Sabres Laser Pocket" ! Il s'agit d'armes... laser, toujours, mais de la taille de couteau, alors l'invention, c'est que cela peut faire aussi couteau suisse, cela revêt plusieurs formes, donc plusieurs objets à collectionner : quand je vous disais que Lucas était en forme !!

De plus, quelques indices l'introduisent dans ce septième épisode, mais on la verra surtout dans les deux suites, l'autre trouvaille, c'est : plus fort que la Force, la Méga Force !! Une dimension cachée du pouvoir des Jedis et des Siths, qu'on pourrait atteindre en se concentrant, mais il faudra attendre pour voir à quoi cela ressemble.

Le plus fort d'un point de vue marketting est le lancement de la nouvelle trilogie en même temps que les jouets de la gamme "Méga Force", où on peut se fighter avec des amis dans des mini laser quests dans les McDo, on peut customiser nos sabres lasers pockets en sélectionnant la couleur sur des écrans tactiles en temps réels, chaque couleur fait un pouvoir spécial : tirs explosifs, ouvres-sodas, feux d'artifice. Désolé, je vais un peu spoiler, mais c'est super fidèle au film, c'est exactement ce que fait le fils caché de Dark Maul quand il veut bricoler le pod d'un concurrent en le torpillant avec du chewing gum clignotant.

Vous l'aurez compris, visuellement, cela offre la part belle à un déferlement d'effets spéciaux, mais le script n'est pas en reste, puisque la dimension politique n'est pas oubliée, on assiste à une baston entre l'armée des huts, et l'armée des jawas, à celui qui fera la plus grosse armée de clones. Nous remarquons aussi le retour de quelques personnages emblématiques, puisque Jar Jar est devenu le nouveau chancelier, et c'est lui qui forme les triplés de Han et Leia au moonwalk à dos de droïdes, l'héritage de l'ordre des jedis passera donc par ce trio.

Bon, j'ai envie de dire pourquoi pas...

De son côté, sur Tatooine, Luke organise des courses de pods, en hommage à son père. Le fils de Boba Fett, Jumbo, est la racaille des courses. Donc ça se fritte un peu, et cela permet de donner un peu de piment à cette partie sportive. J'en vois qui rigolent, mais il ne faut pas oublier qu'en son temps, l'épisode I avait été décrié, avant d'être considéré aujourd'hui comme l'un des fleurons du genre, l'industrie du cinéma ayant évolué, les goûts actuels n'ont plus rien à voir avec ce qui se faisait il y a vingt ans.

Le casting surprend lui aussi, avec Justin Bieber dans le rôle de Luke, rajeuni grâce à la Force, et Miley Cyrus méconnaissable dans le rôle de la femme de Jar Jar, en contre-emploi, on va voir ce que cela donne sur la durée...

vendredi, novembre 4 2011 00:04

« Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » : un Tintin pas assez sale

Cet article a été publié en "Tribune Libre" sur le site ActuaBD.com

Tout d’abord, rappelons quel procédé a utilisé le réalisateur Steven Spielberg sur le film « Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » : La technique de "cinéma virtuel" consiste à enregistrer les mouvements des comédiens sur une surface appelée le "Volume". Les mouvements sont ensuite transformés en données directement dans un ordinateur, SANS passer par la case caméra, puisqu’il n’y en a pas encore à ce stade. Le résultat final n’est donc pas un film d’animation, car même si certains éléments du décor (en fait, tout ce qui n’est pas "comédien") sont animés en 3D, les jeux d’acteurs sont le résultat de vrais mouvements enregistrés. Comme il l’a déjà été souligné ailleurs, on peut donc parler de film hybride.

Au final, ce que cherche le metteur en scène n’est pas le photo-réalisme, mais plutôt une liberté totale au niveau de la mise en scène. Car, une fois que les comédiens sont partis, mouvements et voix dans la boîte, le réalisateur peut commencer sa mise en scène et choisir ses valeurs de plans, décider quand couper ou livrer des plans-séquences, où et qui cadrer, créer ses atmosphère de A à Z, etc.

Comme l’ont reproché d’aucuns, le film « Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » nous donne l’impression de nous retrouver dans un jeu vidéo, surtout au moment où la moto tyrolienne entre dans Bagghar à la fin du film. Mais plutôt que de parler de jeu vidéo comme si c’était une insulte, très loin de moi cette idée, c’est surtout de passation de pouvoir entre un Tintin, personnage vulnérable, et un Tintin simple avatar qu’il est question.

Il est vrai qu’on a ainsi l’impression de ne rien craindre pour le personnage principal, notre implication étant refroidie par cette fluidité de mouvement, cette sensation qu’il ne peut rien arriver à Tintin, alors que si on y réfléchit, ce qu’il fait est tout simplement suicidaire (une chute de plusieurs étages, une course contre une inondation au guidon d’un side-car, un saut dans le vide suspendu à un oiseau).

Cette surenchère, si elle témoigne d’une désinhibition totale sur le plan de la créativité, enrichie par une profondeur de champ hallucinante, provoque un sentiment de suspension de l’histoire, qui n’aurait pas le même effet avec des acteurs live car au lieu de sombrer dans un côté vidéo-ludique (tout nous ramène à l’artificialité du personnage), l’action mettrait en valeur la dimension opératique des mouvements des comédiens se déplaçant tels des danseurs (il suffit de se remémorer les descentes en rappel sur les murs des HLM dans le film « Time and Tide » de Tsui Hark, ou le plan séquence dans l’hôpital dans « À toute épreuve » de John Woo, pour citer deux cinéastes de l’apesanteur). (Ci-dessous : une discussion sous tension dans les entrailles du Karaboudjan)

Ainsi, Tintin et Haddock (enfin, moins Haddock, car son penchant pour la bouteille lui donne un surplus d’humanité organique) ne sont plus que marionnettes, jamais fatiguées, passant une partie incroyable du film à démolir tout et n’importe quoi (un mur, un barrage, un avion), échappant aux rafales de balles.

À cet égard, il faut remercier l’équipe du film de nous proposer une première moitié plus traditionnelle, où les balles font mal et les voitures renversent. Le point d’orgue étant le plus beau moment du film selon moi, lorsque Tintin et le capitaine doivent échapper aux sbires d’Alan dans les coursives du Karaboudjan. Alors, certes, cela ressemble à un jeu d’infiltration du type Metal Gear Solid (toujours cette analogie au jeu vidéo dont il est difficile de se débarrasser), ce qui n’est pas un mal car le jeu est un chef-d’œuvre, mais l’ambiance sombre, la claustrophobie ambiante, le roulis du bateau, et la fuite autant devant les hommes de main que devant les bouteilles d’alcool constituent un très grand moment de cinéma.

Mais alors, où le bât blesse-t-il, si des films comme « La Légende de Beowulf » de Robert Zemeckis dégagent un dynamisme et des personnages de guerriers à la présence certaine ? Parlons crûment : si ce film fut si réussi, en dehors de ses qualités cinématographiques, c’est parce que ses personnages étaient des bêtes de guerre et qu’il s’y passait pas mal de saloperies. La première raison justifie les exploits numériques de ses avatars, la seconde apporte une "salissure" non négligeable en rendant plus organique, plus rentre-dedans, une technologie tendant à aseptiser ses sujets. (Ci-dessous, une image extraite de l'adaptation vidéo-ludique sur PS3)

Je pense que la technique du cinéma virtuel, dont l’aspect numérique doit être contre-balancé par une dimension physique, voire presque animale des personnages, est inévitablement plombée par ce qui fait justement le sel des aventures de Tintin en bande dessinée : un aspect irréel, cette impression qu’il ne peut rien arriver à ce garçon pur. Or, la séquence de la poursuite du faucon, avec comme point d’orgue ce plan de la tyrolienne, nous montre du grand spectacle, mais nous perd instantanément par son caractère factice. Si l’on vibre pour Tintin dans la première partie du film (l’affaire du pick-poket, la fuite du Karaboudjan), c’est parce que les exploits du petit reporter restent à échelle humaine. Dès que le côté super-héros (et c’est aussi valable pour Milou et Haddock, également increvables dans le dernier acte du film) prend le dessus, le caractère angélique de Tintin rend le spectacle fade.

Pour son coup d’essai avec cette technique de cinéma virtuel, Steven Spielberg s’est certainement senti pousser les ailes en terme de mise en scène, et si son film propose quelques excellents moments de pur cinéma, les excès de la dernière partie m’ont gâché mon plaisir et font se clôturer l’ensemble dans une impression de grand n’importe quoi.

samedi, octobre 29 2011 13:09

« Un heureux évènement »

Un film de Rémi Bezançon, avec Louise Bourgoin, Pio Marmaï, Josiane Balasko, Thierry Frémont, Firmine Richard, Daphné Bürki, Anaïs Croze.

Barbara est étudiante et travaille sur sa thèse de philo. Nicolas est vendeur dans un vidéo-club. Leur couple est au plus haut, ils mènent une vie insouciante. Le jour où Barbara accouche de Léa, ils font le dur apprentissage de la vie de parents, finies les heures passées devant la wii jusqu'à pas d'heure, les sorties entre copines, le boulot pépère, les heures de sommeil, la bonne humeur... Il faut trouver un logement plus grand, changer de boulot, et surtout tout remettre en question.

"Comment survivre à bébé" pour les Nuls. Voilà ce que pourrait être le sous-titre de ce film de Rémi Bezançon, car le genre exploité ressemble à du post-apocalyptique, sauf qu'à la place de la mort, les personnages principaux doivent survivre à la vie. Un propos soulevé dans la dernière réplique du film, sorte d'ultime pied de nez aux idées reçues, cette "plus belle chose au monde" qui vient tournebouler la vie tranquille et heureuse d'un couple moderne.

Bienvenue donc dans un film à bébé réaliste, loin des bleuettes rose bonbon. Place plutôt aux crises de panique, spleens en tous genres, baby blues et constats amers. On croirait un manuel pour tout futur parent : comment l'annoncer à sa mère, puis la gérer quand elle a un avis sur tout concernant le bébé, comment mener de front un épanouissement professionnel et les obligations du foyer (Ah ! Les ouvriers de Darty un dimanche matin), comment ré-apprendre à séduire l'autre... Vu sous l'angle de la comédie (on rit beaucoup), les (més)aventures de Barbara la littéraire et Nicolas le rêveur maladroit, ne sombrent ni dans le glauque (les situations, après tout, sont juste réalistes, ni plus ni moins) ni dans le monde des bisounours. Certaines répliques font mouche, comme dans cette scène où Nicolas explique à Barbara, allongés tous les deux, qu'il va devoir abandonner son boulot dans le vidéo-club pour un emploi en costard cravate afin de gagner plus. Elle : "Mais, et tes rêves de cinéma, toi qui voulais faire comme Tarantino, qui avait commencé dans un vidéo-club comme toi ?" Lui : "Ouais, mais il a pas d'enfant, Tarantino".

Porté par des acteurs épatants, des deux tourteraux jusqu'à la galaxie de personnages satellites (Balasko en grand-mère soixante-huitarde et Frémont en loser polygame en tête), « Un heureux évènement » se révèle à la fis touchant, drôle, plus grave, et promet un bon moment aux déjà parents qui se remémoreront des souvenirs la larme à l'oeil, et aux futurs parents qui prendront des notes.

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