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lundi, juillet 26 2010

« Kick-Ass »

Un film de Matthew Vaughn, avec Nicolas Cage, Mark Strong, Aaron Johnson, Chloe Moretz.

Dave est un geek passionné de comics. Contrairement à ses congénères, il décide de passer à l'acte et se crée une identité de justicier masqué : Kick-Ass. Mais sa première sortie costumée le propulse à l'hôpital dans un état critique. Loin de se décourager, le deuxième essai est le bon : il devient une star suite à une vidéo de son combat postée sur Youtube. Mais la gloire ne va pas sans les ennuis et les ennemis des pourfendeurs du crime. Heureusement, il n'est pas seul, une héroïne de 9 ans et son père veillent au grain.

Ce film de Matthew Vaughn a été développé parallèlement au comic book dessiné par John Romita Jr. et scénarisé par Mark Millar, dont la fin n'avait pas encore été écrite lorsque le tournage du métrage a commencé. Véritable oeuvre hommage aux comics, l'histoire se passe dans notre monde, le jeune Dave est fan de la série « Scrubs », regrette de rater la fin de « Lost » quand il est aux portes de la mort, et fantasme sur sa prof poumonée.

Le parallèle avec Peter Parker est assez évident, et les allusions plus ou moins directes au photographe new-yorkais sont nombreuses. Mélange savoureux entre film de lycéens aux préoccupations geekesques, et grandes chorégraphies d'action à effets spéciaux, « Kick-Ass » joue sur les deux tableaux sans nous épargner de nombreuses scènes gores (dont un personnage brûlé vif au cours d'une séquence magnifique mais éprouvante). Le comics jouait déjà sur ce double registre, où les pleines pages sanguinolentes cohabitaient avec le ton décalé des voix off de Dave, loser devenu par hasard super-héros médiatique.

On préfèrera la 1ère partie de l'histoire, plus drôle, plus décalée, plus centrée sur un Dave maladroit mais attachant, entre deux scènes dans la mafia new-yorkaises et un Mark Strong excellent, à une 2ème moitié plus bourrine, violente et quelque part plus déjà vue (malgré une  bande-son survoltée bien utilisée). Quelques mots pour finir sur Hit Girl, la petite machine à tuer de 9 ans : filmé par des mains moins expertes, cela aurait pu donner un cocktail indigeste "gamine énervante/bourrinage kitsch/festival vomitif schumacheresque", mais ce personnage est la pierre angulaire de cette réussite, bien secondé par un Big Daddy batmanesque, immense dans l'impressionnant plan-séquence de dégommages de gorilles dans l'entrepôt et incarné sobrement par un Nicolas Cage attendrissant.

mercredi, juillet 21 2010

« Wakfu : Making of Saison 1, T2 » - Collectif - Ankama Editions

Replongez dans la saga animée Wakfu à travers cette série d’artbooks dévoilant illustrations, croquis préparatoires et storyboards, et laisant libre cours aux témoignages des équipes de production dans un climat anti-langue de bois bienvenu.

Alors que France 3 vient de diffuser les trois derniers épisodes de la saison 1 de « Wakfu », Ankama vous propose une série d’artbooks bilingues français-anglais présentant les différentes étapes de création du dessin animé. Après un tome 1 consacré à « L’enfant des brumes » et « Yugo l’eliatrope », ce tome 2 s’articule autour des épisodes « Le corbeau noir », « Miss Moche », et « Les 5 Magnifiques ».

Les très intéressants témoignages et commentaires des collaborateurs insistent sur les difficultés rencontrées lors de la production des épisodes. Dès la première note d’intention anti-langue de bois du directeur artistique d’Ankama et scénariste Tot (il n’est pas fier de « Miss Moche »), le ton est donné. Par exemple, l’équipe s’est faite la main sur « Les 5 magnifiques » à seulement 40 personnes, ce qui donne une première version bourrée d’erreurs et fautes de raccord, et explique la différence entre plusieurs versions de mêmes épisodes, modifiés au fil des rediffusions sur France 3. Certains personnages comme le Corbeau Noir ont aussi été redoublés.

Techniquement, la série bénéficie d’un mélange d’animation flash (permettant d’éviter de redessiner les personnages grâce à un système d’interpolation de points) et d’animation traditionnelle (l’animation flash est parfois limitée) agrémenté de séquences en 3D pour certains effets (la monture du corbeau noir par exemple).

Cette série de livres a tout pour séduire les amateurs d’artbooks, les passionnés d’animation, et bien sûr les fans de la série animée. Les crayonnés du character design, les storyboards, recherches de décor, rapides indications de mise en scènes, jusqu’aux images finalisées et ajouts d’effets, s’enchaînent au rythme des témoignages des collaborateurs symbolisés par des pictogrammes caricaturaux en SD.

jeudi, juin 10 2010

Un nouveau départ

Après une fin 2009 et une partie du début 2010 pourris, me voici sur de nouveaux rails. Sur tous les plans, cette 2ème moitié 2010 sera marquée du signe du renouveau. Déménagement, nouvelle situation personnelle, je compte profiter de mon nouveau statut pour me lâcher dans ma production et expérimenter des nouveaux univers. La peinture, ça défoule ! Vous me direz ce que vous en pensez ?!

vendredi, juin 4 2010

« Iron Man 2 »

Ceci est la version texte de ma chronique cinéma dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 15 mai 2010.

Un film de et avec Jon Favreau, avec aussi Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Mickey Rourke, Norman Rockwell, Don Cheadle, Scarlett Johansson.

Après s'être dévoilé au grand jour, le milliardaire Tony Stark doit à présent assumer son statut de super justicier Iron Man. Mais le gouvernement américain lui réclame la fameuse armure, et c'est une course à l'armement qui débute, entre le riche flambeur devant lutter contre la dégénérescence de son système de survie, un fabricant d'armes concurrent qui a embauché un terroriste revanchard, et James Rhodes, l'ami de Stark, obéissant à l'armée.

Je craignais le pire après avoir vu la bande annonce de ce nouvel opus de l'homme de fer : tout d'abord, parce que le premier film était indéniablement une réussite, mélange parfait entre un film de super-héros survitaminé aux scènes d'action efficaces, et un personnage de Stark malicieux campé par un Downey Jr. impérial. De plus, le trailer enquille les scènes d'action où des acteurs cabotinant prennent des pauses forcées (Johanson regardant par en-dessous en pleine pause Trinity/Motoko, Rourke et ses fouets...) entre deux gags, cherchant à frapper à tout prix plus fort que dans le précédent.

Le moins que l'ont puisse dire, c'est que la bande-annonce est à des années lumières de l'esprit du long-métrage. On n'en voudra pas aux auteurs, tant le pitch et le film lui-même sont anti-vendeurs au possible (mais pas moins intéressants). Pour schématiser un chouia, nous dirons que les discussions s'enchaînent sur un rythme de sénateur pendant 1h45, pour céder la place à 20 minutes de baston bourrine cybernétique. Les problèmes de Stark avec l'héritage de son père, son état de santé, celle de son entreprise, son duel à distance avec Whiplash (en fait, c'est surtout le parcours de Whiplash tout seul et sa haine de Stark), sa relation avec Pepper Potts, son indépendance militaire...

C'est évident que Favreau prend un malin plaisir à plonger Stark plus bas que terre afin de le faire revivre de manière flamboyante ensuite, mais la traversée du désert du milliardaire manque un peu de la folie auto-destructrice qu'on était en droit d'attendre (à part cette inénarrable fête d'anniversaire). Le film peine tout simplement à rendre rock'n roll un Stark qui ne l'est que quand tout va bien. On aurait aimé assister à une vraie descente aux enfers comme les stars du rock savent nous en offrir. A la place, nous voyons un Tony Stark qui fait sa pleureuse et son regard de chien battu, cherchant un quelconque signe d'affection paternelle dans une scène de visionnage d'images d'archive atteignant des abysses de ridicule. Heureusement, le papounet avait bien préparé le terrain et avait tout anticipé. Trop fort le vieux.

Mais dans sa dernière bobine, le métrage change son répulseur d'épaule et nous offre un festival de baston métallique où armures et armes de destruction massive en décousent dans un bon esprit régressif et primaire. Trop bref et un peu frustrant, mais réjouissant quand même.

Dans la tradition du premier opus, le générique final se clôt sur une image introduisant un nouveau personnage très connu de la galaxie Marvel, alors restez sur vos sièges.

jeudi, mai 27 2010

« Wakfu Heroes : Le Corbeau Noir » - par Tot, Morvan, Adrián - Ankama Editions




Deux vieux chnoks ennemis mortels se retrouvent pour régler un passé qu’ils se remémorent avec nostalgie. Du charme et de la baston au programme de cette préquelle à la série Wakfu, avec Tot et Morvan aux manettes.

Kabrok est un vieux brocanteur itinérant, vivant dans la nostalgie de ses exploits passés à taper les bandits de grands chemins. Il en pince pour la belle, mystérieuse et très entreprenante Miranda, qui ignore tout de ses prouesses d’antan. Mais lorsque ressurgit un vieil ennemi, Kabrok doit dépoussiérer son épée et retâter de la baston.

Inaugurant la collection « Wakfu Heroes » par l’un des personnages emblématiques du début de la série animée Wakfu, ce « Corbeau Noir » nous raconte le passé de Kabrok et les circonstances qui l’ont conduit au comptoir de la boutique que Yugo et sa bande visitent dans l’épisode 3.

L’album gratte la corde de la nostalgie, présentant deux grand guerriers magnifiques vivant dans l’ombre de leur gloire passée. Kabrok n’est pas encore l’homme aux pieds de sa femme castratrice découvert dans l’animé, mais se révèle être un vieux gamin ressuscité par les atouts félins d’une ecaflip presque trop bien pour lui.

Scénarisé par Tot et Jean-David Morvan, l’album explore le côté tendre du duo Corbeau Noir/Kabrok initié par le dessin animé, porté par les solides images d’Adrián aussi à l’aise dans le SD mignon que dans les belles ambiances sombres et pluvieuses mettant en scène le maléfique volatile.

mercredi, mai 5 2010

« Un jour sans » - Par Pero & Benjamin - Ankama Editions

Quand la scoumoune poursuit un chevalier en croisade, le bûcher n’est pas loin, à moins qu’il ne délie le pourquoi du comment. Mais qui peut bien en vouloir à un sale type comme lui ?

Rien ne va pour le seigneur Roland qui semble poursuivi par la guigne : il quitte son château pour la Guerre Sainte sur une dispute avec sa dame, une flaque de boue, une chiure de pigeon, un homme à la mer, une panne sexuelle... Notre homme les accumule. L’aventure ne ressemble décidément pas à ce qu’il s’imaginait. Y aurait-il un mauvais sort dans l’affaire ?

Cet album one shot nous balade d’un genre à un autre. Le récit explore le registre de la comédie noire dans les pas de cet incapable de Roland, puis nous plonge progressivement dans le glauque à mesure que la malédiction qui pèse sur lui devient plus présente.

Le protagoniste passe progressivement du statut de loser pas très doué, abusant des paysannes mais incapable d’obtenir une descendance de sa femme, doté à juste titre d’un statut de sale type antipathique. Observer le sort s’acharner sur lui ne le rend pas plus sympathique, nous l’accompagnons tout au plus dans sa tentative de résoudre l’énigme.

Le dessin de Pero, nerveux et concis, va droit à l’essentiel. La colorisation de Rémy Benjamin est ultra-efficace, utilisant peu d’effets d’ombrage et se servant parfois de fond unis à la Morris pour mieux isoler Roland des autres personnages ou du décor, à mesure que le sort se referme sur lui.

L’album se clôt sur un twist dévoilant le pourquoi du comment de l’énigme, donnant l’envie au lecteur de relire le livre pour apprécier l’histoire avec de nouvelles clés, et se refaire le film de cette malédiction avec un brin de sadisme.

lundi, mai 3 2010

Des croquis

Allez, comme cela faisait longtemps et que ce blog est un peu laissé à l'abandon, voici quelques dessins gribouillés sur mes carnets :

jeudi, mars 18 2010

« Saint Seiya - The Lost Canvas : T10 » - Kurumada et Teshirogi - Kurokawa

Après que Manigoldo du Cancer ait mis le bazar dans le jardin de Thanatos, c’est au tour d’El Cid du Capricorne de se coltiner Hypnos. Mais vaincre le dieu du sommeil nécessite de se débarrasser de ses quatre fils, capables de se régénérer. Privé de son bras contenant Excalibur, El Cid ne peut guère compter que sur Athéna partie dans le monde des rêves récupérer Sisyphe du Sagittaire, prisonnier de sa culpabilité.

Cette nouvelle saga autour du manga « Saint Seiya » originel de Masami Kurumada (« Les Chevaliers du Zodiaque » chez nous) nous transporte 200 ans avant la première série, à ne pas confondre avec une troisième série, « Saint Seiya Episode G » (par Kurumada & Okada, chez Panini Comics), narrant le combat des chevaliers d’or de la série originelle contre Cronos.

Alors que les premiers tomes nous dépaysaient par leur graphisme plus féminin (des nuances de gris qui virent de plus en plus vers les noirs) et leur refonte complète des personnages, la suite fut plutôt un flot répétitif de combats, proposant certes des chevaliers ancêtres des combattants classiques, mais ayant un look et un caractère très semblable. De la redite donc. Mais le tir fut heureusement rectifié. Plusieurs bonnes idées, comme le monde du rêve, le ciel se changeant en toile de maître, ou des personnages surprenants (Manigoldo donne un bol d’air rock’n roll bienvenu) méritent quand même le coup d’œil.

« Saint Seiya - The Lost Canvas » est une sympathique déclinaison de l’univers des chevaliers en collant et armure. Les aspects "troupe d’amis à la proximité troublante" et "j’attends toujours d’être aux portes de la mort avant de sortir mon attaque fatale" sont gommés au profit de personnages plus nobles ayant un peu plus de fonds. La série est tout de même à conseiller en priorité aux nombreux fans de la première heure de Seiyar et ses compagnons.

lundi, mars 1 2010

« Debaser T.3 » - Raf - Ankama Editions

Que faire pour faire parler de soi quand on crée un groupe de rock sans le soutien officiel des grands médias ? Il n’existe qu’un moyen, affronter la multinationale Mundial avec ses propres armes, dans une bataille sanglante et sans pitié. Mieux vaut avoir les reins solides et ne pas traîner trop de casseroles, bref... il faut créer le Buzz !

Ce tome 3 de la saga musico-contestataire en format manga prend pour toile de fond la baston médiatique et la manipulation des masses : quand les médias se font racheter par les industriels, quand les journalistes s’autocensurent et laissent le champ libre à la lobotomie générale, quand le président Patrick 1er instaure des lois liberticides pour flatter l’électorat conservateur mal informé, une poignée d’activistes doit se lever et porter le flambeau de l’anticonformisme : un dessinateur foireux reconverti en guitariste, une intello chanteuse, et un batteur obsédé sexuel !

Mais la firme Mundial n’a pas dit son dernier mot et décide de contre-attaquer : Elijah, l’arrangeur musical diabolique de la major, est déterminé à botter le train de ces musiciens amateurs empêcheurs de manipuler en paix. Provocations en tous genres, hontes cosmiques déterrées, coups d’annonce bidons, teasing mastodontes, tout est bon pour provoquer le buzz, et plus c’est gros, mieux cela marche !

Ne manquez pas le battle musical dantesque : pluie de bétons à la Tetris, duels d’attaques aux noms anglicisants dans la pure tradition des shonen mangas, Raf nous envoie à nouveau de l’énergie qui dépote dans la face.

Servi par un dynamisme visuel et narratif au diapason de l’affrontement musical et médiatique du scénario, ce troisième tome nous donne la banane et propose un éclairage survitaminé sur notre actualité.

Si vous n’avez pas encore découvert cette série, il est urgent d’y remédier, le titre Debaser des Pixies à fond dans les oreilles.

lundi, février 22 2010

« Havre T.1 : La Sorcière et le nécromancien » - Bauthian et Ott - Ankama Editions

Une catastrophe d’origine inconnue a dévasté la surface de la Terre, seule une poignée d’humains continuent de survivre. Au cœur des vestiges d’une ville perdue dans le désert, le nécromancien tente de continuer une vie d’apparence normale, en réanimant les cadavres et alimentant la cité en électricité. Mais bientôt surgit du désert la sorcière, une empathe pouvant détecter les émotions des autres. Ensemble, ils partent vers le Sud et un village dirigé par le pistolero. Mais ses habitants semblent attendre des nouveaux venus quelque chose de précis. Qui manipulera qui ?

Actuellement, les histoires post-apocalyptiques fleurissent comme des champignons radioactifs, préoccupations écologiques obligent ; on pense bien sûr aux récents films de fin du monde (« La route », « Je suis une légende »). Ici, le scénario de « Havre » privilégie la relation entre les survivants plutôt que l’action pure et dure, en jouant sur un climat oppressant d’autant plus efficace que le danger provient surtout des personnes saines plutôt que des créatures extérieures. Face au pacifisme naturel et la naïveté du nécromancien, la méfiance de l’empathe constitue un contre-point intéressant. Traumatisée par ses rapports aux humains et voulant se préserver au maximum des trop pleins d’émotion, la jeune femme refuse de se laisser approcher. Pétri de défauts et le passé trouble, chacun tente de se livrer un minimum et survivre. Peu importent parfois les moyens.

Scénarisé par Isabelle Bauthian, ce premier tome d’une trilogie bénéficie d’une atmosphère tendue et se clôturant sur un cliffangher augurant d’une suite à vif. Graphiquement, on sent Anne-Catherine Ott surtout à l’aise dans les expressivités graphiques illustrant les souvenirs ou les pouvoirs de l’empathe, plutôt que dans ses planches dialoguées.

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