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lundi, mars 1 2010

« Debaser T.3 » - Raf - Ankama Editions

Que faire pour faire parler de soi quand on crée un groupe de rock sans le soutien officiel des grands médias ? Il n’existe qu’un moyen, affronter la multinationale Mundial avec ses propres armes, dans une bataille sanglante et sans pitié. Mieux vaut avoir les reins solides et ne pas traîner trop de casseroles, bref... il faut créer le Buzz !

Ce tome 3 de la saga musico-contestataire en format manga prend pour toile de fond la baston médiatique et la manipulation des masses : quand les médias se font racheter par les industriels, quand les journalistes s’autocensurent et laissent le champ libre à la lobotomie générale, quand le président Patrick 1er instaure des lois liberticides pour flatter l’électorat conservateur mal informé, une poignée d’activistes doit se lever et porter le flambeau de l’anticonformisme : un dessinateur foireux reconverti en guitariste, une intello chanteuse, et un batteur obsédé sexuel !

Mais la firme Mundial n’a pas dit son dernier mot et décide de contre-attaquer : Elijah, l’arrangeur musical diabolique de la major, est déterminé à botter le train de ces musiciens amateurs empêcheurs de manipuler en paix. Provocations en tous genres, hontes cosmiques déterrées, coups d’annonce bidons, teasing mastodontes, tout est bon pour provoquer le buzz, et plus c’est gros, mieux cela marche !

Ne manquez pas le battle musical dantesque : pluie de bétons à la Tetris, duels d’attaques aux noms anglicisants dans la pure tradition des shonen mangas, Raf nous envoie à nouveau de l’énergie qui dépote dans la face.

Servi par un dynamisme visuel et narratif au diapason de l’affrontement musical et médiatique du scénario, ce troisième tome nous donne la banane et propose un éclairage survitaminé sur notre actualité.

Si vous n’avez pas encore découvert cette série, il est urgent d’y remédier, le titre Debaser des Pixies à fond dans les oreilles.

lundi, février 22 2010

« Havre T.1 : La Sorcière et le nécromancien » - Bauthian et Ott - Ankama Editions

Une catastrophe d’origine inconnue a dévasté la surface de la Terre, seule une poignée d’humains continuent de survivre. Au cœur des vestiges d’une ville perdue dans le désert, le nécromancien tente de continuer une vie d’apparence normale, en réanimant les cadavres et alimentant la cité en électricité. Mais bientôt surgit du désert la sorcière, une empathe pouvant détecter les émotions des autres. Ensemble, ils partent vers le Sud et un village dirigé par le pistolero. Mais ses habitants semblent attendre des nouveaux venus quelque chose de précis. Qui manipulera qui ?

Actuellement, les histoires post-apocalyptiques fleurissent comme des champignons radioactifs, préoccupations écologiques obligent ; on pense bien sûr aux récents films de fin du monde (« La route », « Je suis une légende »). Ici, le scénario de « Havre » privilégie la relation entre les survivants plutôt que l’action pure et dure, en jouant sur un climat oppressant d’autant plus efficace que le danger provient surtout des personnes saines plutôt que des créatures extérieures. Face au pacifisme naturel et la naïveté du nécromancien, la méfiance de l’empathe constitue un contre-point intéressant. Traumatisée par ses rapports aux humains et voulant se préserver au maximum des trop pleins d’émotion, la jeune femme refuse de se laisser approcher. Pétri de défauts et le passé trouble, chacun tente de se livrer un minimum et survivre. Peu importent parfois les moyens.

Scénarisé par Isabelle Bauthian, ce premier tome d’une trilogie bénéficie d’une atmosphère tendue et se clôturant sur un cliffangher augurant d’une suite à vif. Graphiquement, on sent Anne-Catherine Ott surtout à l’aise dans les expressivités graphiques illustrant les souvenirs ou les pouvoirs de l’empathe, plutôt que dans ses planches dialoguées.

mardi, février 9 2010

Remise du prix ActuaBD/Conseil Général des Jeunes de Charente



« L’île sans sourire », l’album d’Enrique Fernández (édité chez Drugstore) succède donc au « Grand duc T.1 » de Yann et Hugault, récompensé lors de l’édition de 2009 du prix ActuaBD/Conseil Général des Jeunes de Charente. Décerné par un jury de jeunes élus (qui était cette année exclusivement féminin) du département de la Charente, le prix 2010 fut attribué à l’unanimité, et remis à l’éditeur Benoît Cousin en l’absence de l’auteur absent du festival d’Angoulême.

L’éditeur a bravé la neige pour recevoir son prix le samedi 30 janvier 2010 au micro de l’émission radio « Supplément week-end » de Radio FMR, en direct depuis le Conseil général de la Charente. Les jeunes élues ont profité de l’antenne pour interroger l’éditeur sur la création et l’édition d’albums de bandes dessinées.

A l’instar de « Mutafukaz T.2 » de RUN l’année précédente, un autre album fut récompensé d’un mention spéciale "Coup de Coeur". Ce fut le multi-récompensé « Lou ! T.5 » de Julien Neel (chez Glénat), déjà lauréat du Prix Jeunesse du festival, qui se détacha devant les trois autres albums de la présélection : « Arabico T.1 » d’Halim Mahmoudi (Quadrants), « Marzi T.5 » de Savoia & Sowa (Dupuis), et « Une vie chinoise T.1 » de Li Kunwu & P. Ôtié (Kana).

Les membres du jury (Clémence Collo, Juliette Moins, Camille Lafage, Noémie Joly et Manon Lepage) ont choisi de plébisciter « L’île sans sourire » pour la beauté de son graphisme (du rendu "peinture" entièrement réalisé sur Photoshop). Quant à l’album de Julien Neel, l’expression "Lou, c’est nous" lancée par une des jeunes élues résume bien la facilité d’identification pour le personnage principal qui a le même âge que le jury.

Voici les photos prises lors de l'émission du 30 janvier 2010, dans les locaux du Conseil Général de la Charente (un grand merci à toute leur équipe pour leur accueil chaleureux) :

Derniers réglages avant le direct, en présence de Nicolas Anspach et Didier Pasamonik, repectivement rédacteur en chef et éditeur adjoint du site ActuaBD.com :

Le babillard de pré-générique. Au premier plan, Da Scritch et moi :

Les cinq membres du jury : Noémie Joly, Camille Lafage, Manon Lepage, Juliette Moins, et Clémence Collo :

Un échange entre les membres du jury et d'ActuaBD, en attendant l'arrivée de l'éditeur Benoît Cousin :

Quand Didier Pasamonik parle, les gens l'écoutent (de gauche à droite : Nicolas Anspach, Nicolas Depraeter, et moi-même) :

mardi, février 2 2010

Angoulême 2010

Bon ben voilà, un festival BD d'Angoulême de plus dans les pattes. J'y étais en tant que journaliste bénévole pour l'émission « Supplément week-end » sur Radio FMR, et pour le site ActuaBD.

Comme les autres années, ce fut un peu la course : calages d'interviews, rdv, couvertures online de l'évènement, émission radio en direct pendant 2 heures. Moins de dédicaces que d'habitude (il faut faire un choix, on ne peut pas tout faire), peu d'expos visitées, j'espère que l'exposition "Cent pour cent" restera au moins jusqu'à l'an prochain au musée de la BD.

Voici un petit compte-rendu sans parole, à la plume et l'encre. Les personnages présents sont tous inspirés de faits réels. (L'image a aussi été postée sur le blog collectif Drawmadaire) :

mardi, janvier 26 2010

Interview vidéo de Serge Pellé

Le samedi 5 décembre 2009, l'équipe du « Supplément week-end » recevait en direct Serge Pellé, dessinateur de la série BD « Orbital ». Nous avons profité de l'occasion pour demander à Emmanuel Andral de filmer l'interview. J'ai ensuite effectué un travail d'infographie sur le logiciel Final Cut Pro, en ajoutant des planches de sa BD et des photographies.


jeudi, janvier 21 2010

Interview de Sébastien Viozat

Lundi dernier, je vous parlais de l'album de BD « Avec les morts », dessiné par RaphaëlB. et scénarisé par Sébastien Viozat. Aujourd'hui, vous pouvez retrouver l'interview du scénariste que nous avons réalisée par téléphone avec Da Scritch, en format audio en téléchargeant l'émission « Supplément week-end » du samedi 16 janvier 2010, ou en format texte sur le site ActuaBD.com.

lundi, janvier 18 2010

« Avec les morts » - Viozat et RaphaëlB. - Ankama Editions



Vous pouvez écouter l'interview du scénariste Sébastien Viozat dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 16 janvier 2010.

Qui n’a jamais rêvé de faire déambuler à la baguette une horde de morts-vivants, taper la causette à un gentil revenant, ou papoter toute la journée avec une jolie zombie ? Par contre, éviter d’ameuter les touristes et garder ce petit monde rien que pour soi est primordial.

Quentin est gardien d’un cimetière où des morts-vivants tentent d’occuper leur existence nocturne en écoutant de la musique ou misant des chicots au poker. Deux règles : ne pas quitter le cimetière et ne vivre que la nuit, sans trop de bruit de préférence pour ne pas attirer les curieux.

Après « Ma vie de zombie », le dessinateur RaphaëlB. et le scénariste Sébastien Viozat prolongent leur travail sur le quotidien des zombies à travers cet album qui n’est pas une suite. Ici, plus question d’expliquer le pourquoi du comment de l’existence des cadavres ambulants, mais place plutôt à un maître des lieux manipulateur et comme un coq en pâte, surplombant les zombies de son autorité et surtout grâce à son arme à feu. Le rapport vivant-zombie est ainsi renversé, les morts-vivants ne se précipitant sur lui que pour quémander une permission de sortie.

Graphiquement, ce deuxième album zombiesque est plus abouti que le précédent. Le trait, toujours épuré, se fait moins hésitant et les ambiances colorées s’affirment plus, allant du cimetière nocturne dessaturé à la boîte de nuit et ses néons, jusqu’à la très belle double page finale. Quentin (au look calqué sur l’acteur Lance Henriksen période « Aliens, le retour ») se révèle plus intéressant que son prédécesseur Léon car plus ambigu et sûr de lui. Le ton se fait moins morbide que le précédent opus et son humour noir, pour décrire un rapport de force plus nerveux et une palette de personnages plus marquante.

C’est fou le nombre de zombies que peuvent contenir ces cimetières, les auteurs sauront-ils nous proposer plus que des huis clos pour les suites à venir ?

jeudi, janvier 14 2010

« Vie de merde illustrée » - Collectif - Editions Privé

Le ridicule ne tue pas, comme on dit. Mais c’est vrai qu’écrire et faire partager ses grands moments de solitude a un effet libérateur. Scènes embarrassantes de la vie de couple, grandes hontes devant ses parents, gaffes galactiques en public, tous ces témoignages sont postés sur le site viedemerde.fr.

Chaque petit texte doit commencer par "Aujourd’hui" et se terminer par "VDM". Les meilleures anecdotes se retrouvent sur le site, et plus d’une trentaine de dessinateurs y ont pioché de quoi créer une ou plusieurs planches. Des patates de Martin Vidberg (la planche ci-dessous) aux bouilles rondes de Vincent Caut, en passant par le trait épuré de Pénélope Bagieu, une partie de la fine fleur des blogueurs BD s’amuse à illustrer des scènes plus ou moins cocasse.

Le seul problème, c’est que nous ne rions pas aux éclats devant la totalité des anecdotes. Certains texte originels ne sont que des moitiés de gags éculés qui ne mériteraient même pas un début de chute, certaines mise en images ne sont que des redites par rapport aux textes. Pour couronner le tout, à la fin du livre, les textes ainsi que les dessinateurs sont indiqués avec les numéros de page. Le hic, c’est que les pages ne sont pas numérotées.

Le livre vaut quand même le coup pour la variété des styles graphiques, et pour les quelques anecdotes qui arrachent des rires pas très compatissants.

jeudi, décembre 17 2009

Le Quizz BD de la semaine en chansons

Après le quizz sur les gros bourrins de la BD, voici 6 petites chansons à trouver. Ce quizz vous a été concocté par Broseb et moi-même, dans une voiture prise sous une tempête de grêle en montagne cet été (une anecdote tout à fait inintéressante, mais je la mets quand même).

Pour participer, donnez vos réponses dans les commentaires. Amusez-vous bien !

vendredi, décembre 11 2009

« Les chroniques de Wakfu T1 : Maille à partir »



Suivez les aventures d’une petite pièce de monnaie à travers six histoires courtes dans l’univers de Wakfu, mêlant pirates, morts vivants, chachas, potions magiques et amours impossibles.

Si vous suivez la série animée « Wakfu » diffusée tous les samedis sur France 3, vous saurez que le Kama (la monnaie du multivers « Dofus »-« Wakfu ») est à Ruel ce que la nourriture est à Obélix : un objet de convoitise devant lequel le vieil enutrof est prêt à toutes les bassesses.

Ankama vous propose de suivre le destin d’un kama à travers six mini-histoires. Allant du plus décalé (l’histoire du Pandawa) au plus kawaii (l’aventure du chacha) en passant par de l’humour plus horrifique (le mort vivant), les tons, les univers et les traitements graphiques s’enchaînent au rythme du bon vieux système de "Pierre qui roule..." (le kama tombe dans un puits, puis est récupéré par un chacha avant d’atterrir dans la gourde d’un pirate...).

L’album s’adresse aux plus jeunes et devrait ravir les fans de la série animée, même si certaines histoires séduiront forcément plus que d’autres (les récits et traitements graphiques sont complémentaires, les tons plus sombres s’intercalant judicieusement entre les segments plus gentillets ou déconneurs). L’ouvrage se laisse lire rapidement mais la richesse et la variété du graphisme poussent à le parcourir plusieurs fois, notamment pour découvrir le bestiaire fouillé et les quelques clins d’oeil parsemant l’arrière-plan.

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