Cela fait 15 jours que je suis allé voir le film « Prometheus » de Ridley Scott, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le métrage fait parler. Indépendant mais tout de même rattaché à la mythologie « Alien » que le réalisateur avait lui-même créée en 1979, « Prometheus » met en scène une expédition plus ou moins scientifique, vaguement métaphysique (Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Avons-nous été créés par des aliens ? Et la place de la religion dans tout cela ?), initiée par le big boss de la fameuse mystérieuse compagnie Weyland-Yutani, qui réussit à implanter un androïde ou un fouteur de merde dans chaque vaisseau susceptible de passer de près ou de loin devant un monstre de destruction massive qui présenterait très bien dans le département de leur bio-armement.

Ce que je retiens du film ? Quelques scènes plus bien que fichues, un rythme nerveux et une atmosphère de SF ayant le mérite d'afficher quelques ambitions. Toutefois, le métrage reste emberlificoté dans des considérations plus ou moins existentialistes et surtout maladroitement amenées, même si les parallèles entre les créateurs/créatures ont l'air de constituer une trame narrative loin d'être inintéressante pour cette future trilogie. Les "ingénieurs" ont conçu les humains, qui conçoivent les androïdes, diverses créatures belliqueuses sont issues des corps de proies donc sont indirectement conçues par les victimes, etc. On devine bien ici en quoi cette thématique a poussé le père Ridley à remettre les mains dans le cambouis de la science-fiction, après sa dernière incursion dans le genre qu'était quand même « Blade Runner ». Les interrogations d'êtres artificiels ou créés par d'autres organismes intelligents qu'ils sont amenés à côtoyer rappellent évidemment les questions que se pose le personnage de Rutger Hauer dans « Blade Runner ».

Le film n'en demeure pas moins bancal en raison d'un scénario parfois honteux et digne des meilleurs nanars, d'un casting de remplissage donnant l'impression qu'il manque beaucoup de scènes coupées (pourquoi Guy Pearce surmaquillé en vieillard ? Pourquoi Charlize Theron, tellement décalée et superflue en bombasse glaciale qui fait des pompes ?). On a surtout l'impression que Scott n'a cru depuis le début qu'en deux seuls personnages : Shaw, la nouvelle Ripley, adepte de la césarienne rapido, et l'androïde David, beaucoup plus lumineux que ses trois prédécesseurs artificiels de la franchise « Alien ».

Sans approcher la pureté absolue du premier film sorti en 1979, « Prometheus » est donc un film bancal, mais néanmoins intéressant et qu'il faudra certainement revoir.

Un film de Ridley Scott, avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Guy Pearce. (Pour l'aquarelle, je me suis inspiré de l'artiste Tony Sandoval)