Pour la deuxième année, j'ai enseigné le storyboard à la section 3D de l'école Studio M de Toulouse. J'expliquais l'an dernier quelles étaient les problématiques auxquelles devaient faire face mes étudiants. Je vous montre ici un exemple de sujet : Batman.

Le sujet est le suivant : « Batman interrompt un vol à l'arraché de bijoux ». J'ai créé un storyboard dans les mêmes conditions que mes élèves : même sujet, mêmes contraintes de temps. Je poste ci-dessous ma réponse à ma propre demande.

Pour les étudiants, le but de l'exercice était de se mettre dans la peau d'un storyboardeur d'une adaptation des aventures du personnage créé par Bob Kane. Il faut s'approprier non seulement les codes de représentation des comic books, en prenant en compte que des poses ou des cadrages conviennent pour des bandes dessinées mais pas forcément pour des films. De plus, la mythologie de Batman n'est pas du tout celle de Superman. Par exemple, pour Batman, pas question de mettre en scène un Bruce Wayne voyant un crime s'opérer, puis s'éclipsant sous un escalier pour déboutonner sa chemise et se transformer en Batman. Wayne préfèrera plutôt patrouiller la nuit, surplombant des rues sales de Gotham City rongées par le vice, avant de fondre sur des malfrats en leur flanquant la frousse et les neutralisant sans fioriture avec agressivité. Cela a l'air évident dit comme cela, mais la méthodologie et la capacité à réfléchir vite est ce qui fait principalement défaut aux étudiants.

Il s'agit pour eux donc de faire preuve de créativité dans la mise en scène, de rigueur dans le scénario, mais aussi de respect par rapport au matériau de base. Le sujet a nécessité deux séance de 2 heures, plus les finitions à la maison.

Pour l'anecdote, je dois avouer que cette année, certains étudiants m'ont bluffé et même si leurs storyboards étaient parfois maladroits, ils ont fait preuve d'une maîtrise du sens du cadre et d'une maturité dans le dessin plutôt prometteurs.

Je profite aussi de ce billet pour évoquer une autre thématique que j'ai lancée cette année avec mes 2èmes années : le fil rouge "homme/machine" leur était imposé sur toutes les matières, j'ai proposé de travailler sur la notion d'éveil. Nous avons donc étudié quelques séquences d'éveil de robots, cyborgs, ou êtres baignant dans des univers artificiels issues de films ou de clips : les génériques des deux « Ghost in the Shell » de Mamoru Oshii, le clip « All is full of love » de Bjork par Chris Cunningham, le réveil de Neo dans « Matrix » des frères Wachowsky, et la renaissance de Murphy dans le « Robocop » de Paul Verhoeven, dont voici des images :