Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 24 septembre 2011.

Un film de Christopher Sun, avec Hiro Hayama, Leni Lan, Saori Hara, Tony Ho.

Attaquons les préliminaires : Wei Yangsheng est un jeune noble fraîchement marié à la belle Tie Yuxiang, mais le jeune homme se découvre éjaculateur précoce et désavantagé par la nature. Pour acquérir une virilité, il part faire copain copain avec le redoutable prince Ning, un despote débauché qui va lui révéler ses secrets, et lui prêter quelques courtisanes. Mais cette quête de la virilité ne va pas se faire sans difficulté, mais ne déflorons pas l'intrigue.

Il s'agit d'un remake du premier épisode de la trilogie « Sex and Zen » des années 90 par réalisée par Michael Mak (l'actrice Shu Qi avait fait ses début dans le deuxième film), mais doté en plus de la technologie 3D. Pour le reste, ce métrage se veut un pur film de sabre chinois (Wu Xia Pian), avec de belles étoffes en soie (qui cette fois, s'enlèvent vite au lieu de voleter au rythme des entre-chats de princesses en apesanteur). Au menu des réjouissances, nous avons donc des poignards volants, une grosse référence à « Kill Bill », une greffe de membre d'origine... animale, une tripotée de demoiselles toutes plus magnifiques les unes que les autres, et un personnage de transexuel très poumonné, dont le membre viril, à l'instar des queues de singes des super saiyen dans « Dragon Ball Z », reste enroulé le long de sa jambe.

Au milieu de toutes ces scénettes de rapprochements déshabillés, celles que l'on retiendra sont celle de la copulation en suspension, où le prince lubrique s'empare d'une courtisane tout en se suspendant d'un bras à une chaîne pendue au plafond, un lancer de poignards "à effets" par un défloreur aux muscles saillants et la barbe crasseuse, le meurtre d'une courtisane par va-et-vients trop insistants, et le viol par une nymphette d'un moine bouddhiste, dont la récitation de sutras ne le préserve pas longtemps d'une réaction enflammée aux frottis frottas de la donzelle.

Si le film mise sur l'humour et un côté sexy-bonne humeur dans les deux premiers tiers, le dernier acte vire franchement dans le gore, mettant en scène des tortures, punitions corporelles et mutilations en tous genres, s'étirant sur une durée interminable et presque désagréable sur la fin. Voilà un aspect du film que n'aurait pas renié le Tobe Hooper période « Sade », car même si les plaies restent hors champ, l'ambiance "youpi tralala" du début a cédé la place à une maison des horreurs où chaque personnage finit bien puni de ne pas avoir su rester chaste. C'est d'ailleurs la morale du film, la chair pervertit, et rien ne vaut la bonne vieille ceinture de chasteté pour trouver la pleinitude et le bonheur... Mouais.

J'ai parlé plus haut de technologie 3D, les lubriques vont être déçus, point de 3D durant les ébats (les caméras embarquées à bord de membres vigoureux sont plutôt dans les animés hentaïs), mais plutôt dans les statues et décors kitsch du palais du prince, ainsi que dans les armes blanches qui volent vers la caméra. Rien de croustillant à se mettre sous la dent donc.

Je finirai cette chronique en précisant que ce film a juste battu le record de fréquentation d'un certain... « Avatar » (oui, celui de James Cameron) en engrangeant 360 000$ de recettes le premier jour, pour un budget total de 3 millions. La classe ! A quand un Tsui Hark version érotique ?