Ecouter aussi ma chronique la radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 18 décembre 2010.

Le parc d'attraction Zombillénium n'est pas très original : trains fantômes, spectacles de chorégraphies à la « Thriller », momies, vampires, maisons hantées par des squelettes, etc. L'originalité, c'est que les créatures sont d'authentiques morts vivants, employés pour l'éternité dans un parc tenu par la poigne de fer de Francis Von Bloodt.

Aton, la momie, ne rêve que de retourner sous le soleil d'Egypte, surtout depuis qu'il est relégué à la simple vente de barbes à papa. Mais alors qu'il est ramené en voiture par son boss et le squelette Jefferson (autrefois militant pacifiste noir), les trois loustics renversent Aurélien, un jeune cocu paumé en plein braquage de bistrot. Que faire de ce cadavre tout chaud, future nouvelle recrue ? Un vampire ? Un loup-garou ? On lui demandera son avis après !

Si vous aimez le style d'Arthur De Pins (« Les péchés mignons ») en rendu vectoriel (des bonnes bouilles de personnages entièrement réalisés en numérique, dans un style de lignes pures générées sur le logiciel Illustrator), vous ne serez pas dépaysés par le graphisme de cet album. Le découpage des cases est basique (le plus souvent, des carrés se succèdent sur deux colonnes), mais la narration n'a pas besoin de planches déstructurées. Le rendu vectoriel est assez particulier pour une BD, et même si sur certains décors, le visuel peut paraître froid ou donner une impression de vide, l'ensemble ne manque pas de punch.

Le nouveau-venu Aurélien et la mystérieuse stagiaire Gretchen éclipsent un peu les autres personnages, mais le bestiaire fantastique de ce parc en grande difficulté économique (Zombillénium est même dépassé en nombre d'entrées par ... Vulcania) promet des perspectives décapantes pour les prochains tomes.