Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 11 septembre 2010. (Ne manquez pas la lecture du pitch du livre par Dusport, avec l'accent sud-américain)

Santa Mondega est un bled vraiment pourri d'Amérique du Sud. Il y a 5 ans, le terrible Bourbon Kid y a laissé un grand vide en zigouillant tout le monde. Aujourd'hui, la ville est à nouveau en ébullition : 

Deux moines pratiquants d'arts martiaux sont à la recherche d'une pierre magique qu'on leur a volé.

Sanchez, le patron du bar le Tapioca, ferait bien d'arrêter de servir des verres de pisse aux étrangers.

L'unique survivante du massacre d'il y a cinq ans, se réveille amnésique après un long coma.

Le lutteur invincible Rodeo Rex est de retour, chargé d'une mission top secrète.

L'enquêteur spécial Jensen débarque au commissariat. Son domaine, c'est l'occulte !

Un tueur à gage infaillible doit lui aussi buter un mec. Il s'appelle Elvis !

Ah oui, j'oubliais : le Bourbon Kid est de retour lui aussi. Ses victimes sont retrouvées les yeux crevés et la langue arrachée... Miam miam !

Si vous reconnaissez des éléments de l'univers de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino, ce n'est bien sûr absolument pas fortuit. La rumeur a même un moment circulé comme quoi ce serait Quentin himself qui aurait écrit ce roman. Assez improbable, quel intérêt aurait-il à s'auto-référencer dans un livre ? Cette rumeur est née du fait que l'auteur du « Livre sans nom » est anonyme. Il s'agit d'une mise en abîme par rapport au contenu, mais cela, je vous laisse le découvrir.

L'auteur ne va pas chercher bien loin l'inspiration : 90% du livre est pioché chez les deux réalisateurs pré-cités (enfin, surtout chez Tarantino, y compris dans des films qu'il n'a pas réalisés). Sans trop se démarquer de l'univers de référence, le livre parvient à nous scotcher grâce à l'humour, les répliques qui fusent, et la galerie de crétins congénitaux/tueurs/desperados cradingues qui peuplent cette bonne ville de Santa Mondega, ramassis de coyotes sans foi ni loi qui ferait passer le Mos Eisley de « Star wars » pour Disneyland.

N'ayez pas peur, cet univers ultra-référencé n'est pas gênant, et les clins d'oeil sont plutôt bien amenés. Par exemple, nous ne subissons pas les dialogues interminables sur la culture pop (Superman, Madonna...), même si un bel hommage est rendu au cinéma de genre dans le final dantesque. Quand les références claquent, ce n'est qu'après-coup que nous établissons le lien avec certains films, et la trame est suffisamment joueuse et intelligente pour brouiller les pistes.

La lecture du « Livre sans nom » procure pas mal d'éclats de rire. Alors, faut-il bien connaître l'univers Tarantinesque pour apprécier le livre ? Bien sûr que non, mais si le souvenir de ces films est frais, le plaisir d'en saisir les références est bien sûr un plus.