La suite des mésaventures totalement barrées de Dieu : un OVNI déjanté se déroulant à Tahiti, avec des aliens, des zombies contrôlés par des insectes, et des sauts dans le temps.

Ne vous fiez pas aux apparences : cette pin-up qui fume un joint dans son salon en cramant un rat, c’est Dieu en personne. Mais suite à une catastrophe dont elle n’a aucun souvenir, Dieu a perdu sa vieille âme et se retrouve employée d’une supérette miteuse emprisonnée dans le corps d’un vieux débri. Décidée à démêler le pourquoi du comment, elle se trouve confrontée à une invasion d’aliens et une prise de pouvoir par des insectes dopés aux super-pouvoirs divins.

Et si, à la recherche de son passé et en quête de ses pouvoirs, Dieu retrouvait finalement une part d’humanité en s’attachant aux gens ?

Lorsque je vous avais parlé du tome 1, j'étais sceptique quant à la direction que prenait le récit de Steven Lejeune : du grand n’importe quoi saupoudré d’une légère dose de prétention ? Ou une déconstruction narrative apportant justement un chaos généralisé plutôt rafraîchissant, reflétant le gros bazar régnant sur le monde maintenant que Dieu est hors service ? À la lecture du tome 2, c’est plutôt cette dernière impression positive qui prédomine : au départ plutôt antipathique, Dieu se révèle finalement attendrissant dans son corps de vieille, à la rue, affamée, dans la détresse la plus totale.

Le scénario se révèle toujours aussi inventif. Par exemple, Dieu prend souvent le lecteur en apparté, de haut bien sûr (c’est Dieu après tout), reconnaissant le côté aguicheur de son apparence de bimbo sur la couverture mensongère de l’album, interrompant ses tirades en faisant attention à ne pas trop dévoiler la suite de l’intrigue, etc. Les moustiques belliqueux et leur langage phonétique sont toujours aussi pénibles à lire, et les nombreux gags liés aux différentes créatures bizarres (et il y en a quelques-unes) promettent de bons moments de lecture.

« Dieux a les boules ! » est une série à suivre, dont le graphisme varié (alternant pages en couleur et pages en noir et blanc, celles-ci au trait hachuré ou en dégradé plus lisse) est aussi percutant que son scénario. Plus que conseillé.