Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 5 juin 2010.

Un film de Ridley Scott, avec Russell Crowe, Cate Blanchett, Max Von Sydow, William Hurt, Mark Strong.

Robin Longstride est archer dans l'armée de Richard Coeur de Lion, revenant des croisades en Terre Sainte et pillant des châteaux en France pour financer une partie de sa campagne. Exécutant la dernière volonté d'un mourant, Robin ramène son épée à son père, à Nottingham. Usurpant l'identité du défunt, il se plaît à protéger les gens de cette contrée. De son côté, le chevalier de la couronne Godefroy, à la solde des Français, fait assassiner Richard et place son frère Jean, plus vulnérable, sur le trône d'Angleterre en vue d'un débarquement des frenchies.

Allez, osons le raccourci facile : ce film est un mélange entre « Kingdom of heaven 2 » et « Gladiator ». Remplaçant les cirques antiques par l'Angleterre moyen-âgeuse, Scott refait appel à la mine bourrue de Crowe pour composer un nouveau personnage de guerrier au grand sens de l'honneur, poussé malgré lui sur le devant d'une scène révélant ses qualités de meneur. Ce Robin tient autant de Balian (Orlando Bloom dans « Kingdom of Heaven ») que de Maximus, à la fois protecteur des petites gens et leader militaire imbattable.

Le film se clôture là où commence la légende, quand Robin investit la forêt de Sherwood pour lutter contre les ignobles Jean et shériff de Nottingham. Ridley Scott nous ayant habitué à plus de subtilité, son film nous laisse un drôle d'arrière goût fadasse dans la bouche. L'ensemble est correct, mais la lassitude menace de pointer son nez à plusieurs reprises. Ce Robin est certes plus roots et moins sophistiqué que la version cheveux aux vents de Kevin Costner, mais paradoxalement, alors que le film se voulait original par rapport à la transcription de la légende, trop de scènes déjà vues, des méchants trop caricaturaux (il est loin le temps de l'extraordinaire Joaquin Phoenix en Commode), et des flashbacks sur le passé de Robin trop kitsch plombent cette revisitation.

Heureusement, ce « Robin des Bois » bénéficie d'une interprétation sans faille, d'un Crowe à la voix caverneuse et dont l'allure massive apporte du concret à cet archer d'élite, à une Cate Blanchett exceptionnelle enterrant les précédentes Marianne avec ses bottes crottées.