Ceci est la version texte de ma chronique cinéma dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 15 mai 2010.

Un film de et avec Jon Favreau, avec aussi Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Mickey Rourke, Norman Rockwell, Don Cheadle, Scarlett Johansson.

Après s'être dévoilé au grand jour, le milliardaire Tony Stark doit à présent assumer son statut de super justicier Iron Man. Mais le gouvernement américain lui réclame la fameuse armure, et c'est une course à l'armement qui débute, entre le riche flambeur devant lutter contre la dégénérescence de son système de survie, un fabricant d'armes concurrent qui a embauché un terroriste revanchard, et James Rhodes, l'ami de Stark, obéissant à l'armée.

Je craignais le pire après avoir vu la bande annonce de ce nouvel opus de l'homme de fer : tout d'abord, parce que le premier film était indéniablement une réussite, mélange parfait entre un film de super-héros survitaminé aux scènes d'action efficaces, et un personnage de Stark malicieux campé par un Downey Jr. impérial. De plus, le trailer enquille les scènes d'action où des acteurs cabotinant prennent des pauses forcées (Johanson regardant par en-dessous en pleine pause Trinity/Motoko, Rourke et ses fouets...) entre deux gags, cherchant à frapper à tout prix plus fort que dans le précédent.

Le moins que l'ont puisse dire, c'est que la bande-annonce est à des années lumières de l'esprit du long-métrage. On n'en voudra pas aux auteurs, tant le pitch et le film lui-même sont anti-vendeurs au possible (mais pas moins intéressants). Pour schématiser un chouia, nous dirons que les discussions s'enchaînent sur un rythme de sénateur pendant 1h45, pour céder la place à 20 minutes de baston bourrine cybernétique. Les problèmes de Stark avec l'héritage de son père, son état de santé, celle de son entreprise, son duel à distance avec Whiplash (en fait, c'est surtout le parcours de Whiplash tout seul et sa haine de Stark), sa relation avec Pepper Potts, son indépendance militaire...

C'est évident que Favreau prend un malin plaisir à plonger Stark plus bas que terre afin de le faire revivre de manière flamboyante ensuite, mais la traversée du désert du milliardaire manque un peu de la folie auto-destructrice qu'on était en droit d'attendre (à part cette inénarrable fête d'anniversaire). Le film peine tout simplement à rendre rock'n roll un Stark qui ne l'est que quand tout va bien. On aurait aimé assister à une vraie descente aux enfers comme les stars du rock savent nous en offrir. A la place, nous voyons un Tony Stark qui fait sa pleureuse et son regard de chien battu, cherchant un quelconque signe d'affection paternelle dans une scène de visionnage d'images d'archive atteignant des abysses de ridicule. Heureusement, le papounet avait bien préparé le terrain et avait tout anticipé. Trop fort le vieux.

Mais dans sa dernière bobine, le métrage change son répulseur d'épaule et nous offre un festival de baston métallique où armures et armes de destruction massive en décousent dans un bon esprit régressif et primaire. Trop bref et un peu frustrant, mais réjouissant quand même.

Dans la tradition du premier opus, le générique final se clôt sur une image introduisant un nouveau personnage très connu de la galaxie Marvel, alors restez sur vos sièges.