Un film de Howard McCain, avec Jim Caviezel, Sophia Myles, John Hurt, Ron Perlman. Disponible en DVD chez Wild Side.

Venu de l'espace, le vaisseau de Kainan s'écrase sur Terre en plein territoire viking. Mais une créature extra-terrestre, le Moorwen, était à bord. Dans un premier temps fait prisonnier par les hommes de Rothgar du village d'Herot, Kainan s'allie à eux pour neutraliser le Moorwen qui décime tout sur son passage.

La jaquette du DVD annonce "la rencontre grandiose entre « Le 13ème guerrier » et « Alien »", mais c'est bel et bien du côté de « Beowulf » qu'il faut chercher la filiation. Fan absolu du poème originel du VIIème siècle, le réalisateur d'« Outlander » Howard McCain a maquillé les noms de ses personnages directement inspirés du récit épique, car à l'époque du développement du projet, l'heroic fantasy n'avait pas encore le vent en poupe et la recherche de financement en était d'autant plus difficile. Le réalisateur y ajoute donc une dose de science-fiction (à peine, et vite expédiée), tout en donnant à ses personnages des noms évocateurs (Freya, Boromir).

« Outlander » est donc une pure série B. Pas géniale, mais pas ratée non plus. Un petit film de genre, honnête, dans une heroic fantasy propices aux projets casse-gueules et sombrant facilement dans le ridicule. Bourré de poncifs (le gamin traumatisé à protéger et vite adopté, la nana/princesse promise au meilleur guerrier, le monstre attaquant la nuit, eh oui, plus pratique pour les ambiances et les effets spéciaux, le monstre et son garde-manger...). Le cadre épique et nordique, et l'époque barbare des vikings apportent un côté exotique bienvenu au simple film de monstre.

Les principaux éléments de l'intrigue se mettent progressivement en place dans un crescendo montant en régime, allant de l'incrédulité des vikings devant ce drôle d'étranger et ce prétendu ours meurtrier, puis la stratégie commune mise en place pour piéger la créature, en passant par les alliances avec une tribu adverse et l'amitié naissante entre Kainan et son rival Wulfric.

Le film ne prend pas aux tripes et ne nous scotche pas à notre siège. La tension n'est pas insoutenable et nous n'avons pas envie de tomber la chemise pour hurler un cri primal de barbare devant un spectacle galvanisant, mais « Outlander » se laisse regarder pépère. A conseiller pour le mélange des genres.