Quand la scoumoune poursuit un chevalier en croisade, le bûcher n’est pas loin, à moins qu’il ne délie le pourquoi du comment. Mais qui peut bien en vouloir à un sale type comme lui ?

Rien ne va pour le seigneur Roland qui semble poursuivi par la guigne : il quitte son château pour la Guerre Sainte sur une dispute avec sa dame, une flaque de boue, une chiure de pigeon, un homme à la mer, une panne sexuelle... Notre homme les accumule. L’aventure ne ressemble décidément pas à ce qu’il s’imaginait. Y aurait-il un mauvais sort dans l’affaire ?

Cet album one shot nous balade d’un genre à un autre. Le récit explore le registre de la comédie noire dans les pas de cet incapable de Roland, puis nous plonge progressivement dans le glauque à mesure que la malédiction qui pèse sur lui devient plus présente.

Le protagoniste passe progressivement du statut de loser pas très doué, abusant des paysannes mais incapable d’obtenir une descendance de sa femme, doté à juste titre d’un statut de sale type antipathique. Observer le sort s’acharner sur lui ne le rend pas plus sympathique, nous l’accompagnons tout au plus dans sa tentative de résoudre l’énigme.

Le dessin de Pero, nerveux et concis, va droit à l’essentiel. La colorisation de Rémy Benjamin est ultra-efficace, utilisant peu d’effets d’ombrage et se servant parfois de fond unis à la Morris pour mieux isoler Roland des autres personnages ou du décor, à mesure que le sort se referme sur lui.

L’album se clôt sur un twist dévoilant le pourquoi du comment de l’énigme, donnant l’envie au lecteur de relire le livre pour apprécier l’histoire avec de nouvelles clés, et se refaire le film de cette malédiction avec un brin de sadisme.