Ecouter aussi la chronique en audio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 5 décembre 2009.

Un film d'Alex Proyas, avec Nicolas Cage, Rose Byrne. Disponible en DVD chez M6 Vidéo.

John est professeur en astronomie. La classe de son fils va fêter les 50 ans de l'école en ouvrant une capsule enterrée par les tous premiers élèves, lors de l'inauguration, un demi-siècle auparavant. Caleb, le fils de John, hérite d'une enveloppe dans laquelle une élève a inscrit les dates de toutes les grandes catastrophes des 50 dernières années. Deux drames sont encore à venir, dont l'un pourrait bien raisonner à l'échelle planétaire.

Les films catastrophes s'abattent sur nous comme des pluies de météorites, et quand je dis "film catastrophe", ça peut bien sûr vouloir dire "film catastrophique". Ici, loin s'en faut, le métrage vole plus haut que les dernières bouses ricaines à tendance explosive, car déjà le film tourne surtout autour du duo père-fils, et mise moins sur l'aspect cataclysme-fin du monde (à part dans la dernière partie). On sent bien la patte du réalisateur de « Dark City » à travers la montée en puissance de la dimension fantastique (qui sont ces étranges hommes en noir qui visitent Caleb la nuit, qui rappellent les extra-terrestres synthétisant dans le film pré-cité ?). A travers ses trois derniers films (avec également « I, robot »), on retrouve les thématiques de l'élu choisi par une race supérieure, du scientifique dépositaire du savoir (oui, fait rare, les savants de Proyas sont tous des gentils), et de l'héritage de la mémoire (une femme décédée, une mémoire manipulée, un enfant qu'on n'a pu sauver).

Mais ce qui frappe surtout dans « Prédictions », c'est sa parenté à l'univers de M. Night Shyamalan. Le talent de conteur si particulier en moins, Proyas n'est tout de même pas n'importe qui. Tout ce qui fait le charme (sens du cadre, plans séquences, rythme lent, classicisme hitchcockien de la musique) des films du réalisateur d'« Incassable » ne se retrouvent pas dans « Prédictions », mais ses thématiques (lente compréhension du héros de sa propre identité, progression inéxorable vers quelque chose qui le dépasse, déterminisme, rapport à la religion) y sont toutes.

Reste bien évidemment la fin. Sujette à controverses, avec son ouverture new age sur des enfants rebâtissant la race humaine sur une autre planète, et le décès douteux d'une mère "sauvée" car morte un caillou dans la main. Personnellement, je n'y ai pas vu un message pro-secte comme j'ai pu le lire sur le net, mais plutôt un prolongement de certains classiques de la science fiction. Au final, « Prédictions » est un film apocalyptique de plus, correctement mené mais très en deçà des précédents métrages de Proyas.