Un film sorti en 2006, réalisé par Richard Donner, avec Bruce Willis, Mos Def, David Morse.

A New York, en début de matinée : le policier Jack Mosley vient de bosser de nuit, et il ne lui tarde qu'une chose : rentrer chez lui et boire quelques verres. Mais son chef lui ordonne d'escorter le prisonnier Eddie Bunker jusqu'à l'audience d'un procès au cours duquel il doit témoigner, à quelques blocs d'immeubles du commissariat. Mais au cours du trajet, Eddie est rapidement pris pour cible. Jack lui sauve la vie, mais comprend vite que son prisonnier doit témoigner contre certains de ses collègues ripoux. Il va devoir faire un choix.

Depuis combien de temps Richard Donner (« L'arme fatale », « Superman », « La malédiction ») n'avait plus réalisé de bon film ? Toujours est-il que ce « 16 blocs » est une très bonne surprise. Sur une trame proche de celle de « L'épreuve de force » de Clint Eastwood, allant jusqu'à reprendre la scène du bus roulant vers le tribunal, Donner dote à son métrage une dimension plus tendre avec le duo Mos Def - Bruce Willis, tandem plutôt touchant autour du thème de la rédemption. A mille lieux de son rôle de baroudeur bavard et blagueur de John McClane dans les « Die Hard », Willis campe ici un flic désabusé, boîteux, porté sur la bouteille, et renfermé. Explorant à fond le bon vieux concept du film se déroulant en pseudo temps réel (« Meurtre en suspens »), ou du flic devant faire équipe avec son prisonnier (certains Carpenter, et en particulier « Assaut »), « 16 blocs » prend le temps de dévoiler petit à petit le passé de ses personnages, où rien ne semble être ce que l'on croit à première vue.

Commençant comme un petit polar, avec sa fusillade, son bar mal famé, puis offrant quelques poursuites dans Chinatown, pour s'achever en drame poignant dans le bus, ce film n'invente rien mais fait mouche car ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas, et fonctionne honnêtement en tant que bon petit thriller urbain. Tout droit sorti de la série « Dr House », le personnage de ripou machouilleur de chewing gum de David Morse n'est pas un tueur psychopathe de plus mais se trouve juste être un vieil ami de Jack ne reculant devant rien pour sauver les siens. La fuite vers l'audience de Jack, et sa volonté d'y accompagner son prisonnier sain et sauf, se révèle avant tout sa propre course vers l'acceptation de ses actes. Dans « 16 blocs », il n'est d'ailleurs question que de Jack. En côtoyant son compère Eddie, au premier abord assez énervant mais finalement plutôt touchant, Jack s'extirpe de son dégoût de lui-même pour trouver une rédemption que l'on pensait promise à Eddie au cours de l'ouverture.

Voici un chouette petit thriller, dans la lignée d'autres films très honnêtes du genre, comme les nerveux « Meurtre en suspens » (John Badham, 1996), ou « Négociateur » (F. Gary Gray, 1998, avec le même David Morse).