Un film de Michael Bay, avec Shia LaBeouf, Megan Fox, John Turturro. Lire aussi mon billet sur le premier épisode.

La Terre (enfin, l'Occident) est protégée par les gentils Autobots. Sam et Mikaela croyant s'être débarrassés des terribles Decepticons, se disent au revoir, car Sam doit partir suivre des études à l'université. Mais c'est sans compter sur le plan maléfique ourdi par le chef des Decepticons resté sur leur planète, The Fallen, qui a juré de se venger de la dynastie des Prime, responsables de sa chute.

Pour résumer ce deuxième opus de la saga adaptée de la ligne de jouets d'Hasbro, mettons-nous en situation, imaginons un discours clamé devant toute l'équipe de production, par un Michael Bay sur-motivé à l'idée de se revoir confié des aussi gros jouets par monsieur Spielberg :

"Alors, on va sucrer l'inutile et réduire le scénario à dix minutes de métrage, en casant du sexy et de l'humour gras. Après, on fait tout exploser. On va aller situer l'action près des pyramides d'Egypte, parce qu'il y a une arme cachée là-bas méga puissante, que tout le monde veut avoir, mais c'est le héros qui va découvrir où c'est, grâce à sa nouvelle faculté de voir des écritures bizarres sur les murs après avoir observé de près un résidus du gros cube du premier épisode. Alors, surtout, dès que tout le monde est aux pyramides, on fait tout péter. On balance plein de missiles, des explosions dans le désert, avec des soldats, les héros, et plein plein de transformers qui se lattent la tronche en attendant la résurrection de Optimus Prime, sur le point de fusionner avec un transformer/avions de chasse. Donc, baston de transformers, les héros courent. Puis un super méchant transfomer appelé le Devastator apparaît, alors il faut faire appel à l'armée et leur super porte-avion, qui va utiliser son méga fusil géant ultra secret pour exploser les testicules (véridique) du Devastator (oui, il est méchant, la preuve, il détruit les pyramides). Mais ce n'est pas suffisant, alors on envoie encore plus d'avions de chasse pour péter encore plus la tronche des méchants. Les Autobots défoncent les Decepticons. Les gentils ont gagné. Achetez Général Motors, et vive l'armée !"

Pas grand chose à rajouter de plus, si ce n'est que ce métrage enterre tous les autres blockbusters en scénario anémique, spectacle pyrotechnique surchargé jusqu'à la gueule. Le résultat n'est même pas bourrin, mais frise plutôt l'indigestion, l'écoeurement total. Nous assistons à un gros pétage de plomb de l'ami Michael Bay, envoyant royalement se faire foutre tout ce que l'industrie du blockbuster ricain estival comportait de sobriété et de retenue. Peut-on encore appeler cela du cinéma ? Une chose est sûre, c'est que ce film fera date. Avec le temps, il sera considéré soit avec dédain, stigmatisant la course au grand spectacle décérébré, soit loué par une partie de spectateurs comme un gigantesque parti pris, comme si Michael Bay, assis dans son salon, se retournait entre deux jouets fracassés pour nous faire un gros bras d'honneur.