Un film d'animation produit par la Fox, réalisé par Carlos Saldanha.

Manny le mammouth file le parfait amour avec Ellie, qui est enceinte. Cet heureux évènement va amener leurs compagnons à prendre du recul sur leur vie : alors que Diego, le tigre aux dents de sabre, se sent ramollir et veut prendre le large, Sid vit la grossesse par procuration et se sent investi d'une mission : veiller comme sur la prunelle de ses yeux sur... trois oeufs de dinosaures. Ce qui devait arriver arriva, la mère débarque et elle n'est pas contente. Sid est capturé, et ses amis décident de partir le secourir jusqu'aux tréfonds du monde des grosses bébêtes, aidés par Buck la belette, une sorte d'aventurier à moitié fou vivant dans les grottes.

Chaque nouvel épisode de la série apporte son lot de nouveau personnage rigolo : après la mammouth Ellie, convaincue d'être un opossum dans le N°2, voici maintenant le déjanté Buck. Doublé en français par la voix officielle de Jim Carrey, ce personnage est absolument énorme. Tellement énorme que le film donne l'impression d'être articulé autour des répliques de ce nouveau venu. "Et sinon, ça fait depuis longtemps que tu es dans cet état mental ? - Je ne sais pas trop, cela doit dater de quelques semaines, quand je me suis réveillé marié avec un ananas".

La thématique de ce nouvel épisode est la prise de responsabilité, le rapport qu'ont les créatures avec celles qu'elles doivent protéger. Manny gère la maternité de sa femelle en la couvant, Sid voudrait connaître la même chose, et Diego, se croyant dans l'incapacité de protéger quiconque, préfère s'éclipser. Même l'écureuil Scrat se trouve embringué dans une vie de couple. L'ambiance visuelle du « Temps des dinosaures » tranche radicalement avec ses deux prédécesseurs, en abandonnant l'univers glaciaire pour pénétrer dans la jungle verdoyante et la chaleur des volcans. Les protagonistes sont certes dépaysés, mais on perd de vue l'esprit des origines, et on se prend à espérer le retour des lacs gelés, bêtes étranges et stalactites.

Si cet épisode propose une nouvelle ambiance, on éprouve quand même un sentiment de lassitude. La poursuite à dos de dinosaure volant renvoie bien sûr aux combats d'avions, on n'échappe pas au pont suspendu, le film accumule les stéréotypes junglesques, se contentant du minimum syndical. A l'instar des « Shrek », les « Ages de glace » peuvent encore continuer en roue libre sur une poignée d'épisodes. Quant à nous, nous attendons le spin-off avec du 100% Scrat.