Un film de 1993 d'Harold Ramis, avec Bill Murray, Andie McDowell, Chris Elliott, Stephen Tobolowsky. Disponible en DVD chez Gaumont Columbia Tristar.

Nous sommes le 2 février. Phil Connors, présentateur météo d'une chaîne TV locale de Pittsburgh, se rend avec sa petite équipe dans la bourgade de Punxsutawney pour couvrir le Jour de la Marmotte, petit évènement local. Mais au moment de repartir, un blizzard bloque l'équipe, et Phil doit passer la nuit dans la bourgade. En se réveillant, il s'aperçoit qu'il revit indéfiniment la même journée, encore et encore.

Debout les campeurs, et haut les coeurs, c'est le jour de la marmotte! Qui ne s'est jamais demandé ce qu'il se passerait s'il était amené à revivre plusieurs fois une journée de merde, recommencer une journée durant laquelle il n'avait pu faire tout ce qu'il voulait, ou encore s'éclater sur des actions illicites sans se préoccuper des conséquences, expérimenter plusieurs fois le suicide, draguer toutes les filles à portée de main pour une expérience d'un soir... Sur ce concept d'un jour recommencé indéfiniment, Harold Ramis brode une comédie profonde, un portrait d'un homme cynique centré sur lui-même et malheureux, qui va progressivement apprendre à s'aimer au fur et à mesure qu'il découvre le monde et les gens qui l'entourent. Cette journée, anodine au départ, va devenir la plus belle de sa vie lorsqu'il va rendre heureux les habitants et tomber réellement amoureux de Rita. Le film enfile tous les cas de figures : tour à tour blasé, désespéré, suicidaire, cherchant à s'amuser, jouant avec les gens comme des pantins, collectionnant les conquêtes, puis préoccupé par autrui, à l'écoute des autres, luttant contre le cours des choses.

Bill Murray joue à la perfection ce présentateur météo prisonnier chez les ploucs, détestable, désabusé, mais terriblement attachant. Le film aligne les moments forts, voire cultes, à commencer par ce sempiternel morceau (« I got you, babe » par Sonny & Cher) diffusé sur le radio réveil, que tout le monde a envie de fracasser à l'instar de Phil. Qui ne se souvient pas des baffes à répétitions d'Andie McDowell, de la flaque d'eau, de l'assureur Ned Ryerson, du Tip-Top Café ?

Sur ce vieux concept du "What if" (et si...), « Un jour sans fin » propose une réflexion sur "Comment passer à côté d'une journée qui pourrait changer votre vie". Sans jouer à fond le jeu des causes et des conséquences ("Si je fais ça, il se passe quoi ?") à la « Cours, Lola, cours » ou « L'effet papillon », le film de Ramis est une karma-comédie tendre et positive. Et puis, Phil Connors ne fait pas autant de choses que Jack Bauer en une journée, mais à force de la revivre, il parvient quand même à apprendre le piano et rendre heureux des dizaines de gens. C'est mieux.