Un film de McG, avec Christian Bale, Sam Worthington, Helena Bonham Carter, Bryce Dallas Howard.

En 2018 : le jugement dernier a finalement été déclenché par l'intelligence artificielle Skynet, et la guerre entre les humains et les machines fait rage. John Connor s'appuie sur les messages enregistrés par sa mère pour lutter contre l'ennemi, et est considéré par les hommes comme un prophète. Pendant ce temps, Marcus, un criminel autrefois exécuté se réveille en plein milieu d'un affrontement, il est devenu un cyborg malgré lui. Les deux hommes vont devoir se faire confiance pour annihiler les plans de Skynet.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce premier épisode d'une nouvelle trilogie s'affranchit bel et bien du lourd héritage de James Cameron. Du poussiéreux, du nerveux, brutal, de la grosse bataille avec plein d'effets partout, on abandonne les teintes bleutées chères au réalisateur d'« Aliens » pour un ton chaud et sec à la « Mad Max ». L'introduction du film déménage, avec notamment ce plan séquence dantesque où Connor fait décoller un hélicoptère avant que celui-ci ne se fasse dégommer en plein vol. Le chaos règne.

Certes, McG s'affranchit de Cameron, mais pour livrer quoi ? C'est là que la puce Cyberdine commence à planter : le métrage aligne les incohérences (les capsules d'énergie nucléaire rangées, comme par hasard, à côté de la grande salle du métal en fusion) comme un T800 collectionne les scalps des Sarah Connor. Les moments de ridicule fleurissent également, notamment cette grande explication du grand méchant (l'IA du QG des machines, inexplicablement placée dans une salle blanche immaculée, assez inutile si on considère que le QG des machines n'a pas besoin de lumière, agencement d'intérieur, ou harmonie colorée, puisque ce sont juste des câbles et du métal. Enfin, passons, cela colle certainement mieux avec une ambiance de grande scène des révélations...). Le caméo du T800 en numérique est plutôt bien foutu, mais sans grande utilité, et surtout, le cyborg mythique se révèle ici assez pataud et inefficace.

Bale fait ce qu'il peut en John Connor, mais on devine que son personnage explosera vraiment dans les suites, car il est tout de même un peu relégué au second plan par Marcus. Ce personnage est le pivot du film, intéressant et bien exploité, mais encore une fois anecdotique, oublié aussi vite qu'il sera apparu. Ainsi, disparaissent les thèmes de prédilection de la franchise, que sont la lutte contre le destin, l'absence d'échappatoire, la peur du futur, l'auto-destruction de la race humaine, la chair contre le métal, l'ange de la mort indestructible, la gestion d'un destin hors norme s'abattant sur les épaules d'une personne anodine. « Terminator Renaissance » ressemble à une coquille vide, transformant une des plus grandes sagas de SF en blockbuster pour décérébrés.