Un film de J. J. Abrams, avec Chris Pine, Zachary Quinto, Eric Bana, Simon Pegg, Karl Urban, Winona Ryder, Bruce Greenwood, Leonard Nimoy, Jennifer Morrison.

James Tiberius Kirk est un jeune chien fou, enrôlé par hasard dans Starfleet. Spock est le plus brillant des ingénieurs vulcains et conçoit des programmes d'entraînement pour Starfleet. Les deux hommes se détestent. Mais lorsqu'ils se retrouvent embarqués sur l'USS Entreprise, aux prises avec un vaisseau romulien venu du futur, eh bien... ils continuent de se détester. L'équipage de l'USS Entreprise improvisé sur le tard va devoir exploiter les talents de chacun afin de protéger la Terre de l'arme de destruction massive romulienne.

Pour ce gros reboot de la franchise trekienne, les scénaristes ont prétexté un voyage dans le temps pour remonter aux sources de l'équipage de l'USS Entreprise, et ainsi présenter ses nouvelles têtes. Ils sont jeunes, beaux, tout fraîchement sortis de l'école, et n'ont pas encore l'embonpoint sous les pyjamas. Dans une grosse première partie, on assiste aux rencontres des futurs membres du célèbre vaisseau spatial. Kirk et Uura, Kirk et le docteur McCoy, mais surtout, Kirk et Spock. Le film s'articule autour de la relation entre les deux futurs meilleurs amis du monde. Le vulcain est un génie des mathématiques, éduqué dans le plus profond respect de la logique, issu d'un monde qui interdit de montrer ses émotions. Le jeune Kirk est fougueux, fonctionne à l'instinct. Les deux hommes ont grandi dans l'ombre d'un père respecté de tous, et concentrent les attentes de tous. Autant Kirk est l'élément comique du film (avec Scottie), la scène où il tente de convaincre l'équipage qu'ils vont droit dans un piège, alors qu'il a la langue paralysée et les mains gonflées, est un grand moment de rigolade, autant Spock est mesuré mais peut se révéler un vrai psychopathe lorsqu'on le pousse à bout. Kirk passe tout le film suspendu au-dessus du vide ou se prenant des baffes dans la tête, Spock est toujours droit comme un i, passant son temps à réfléchir.

Le concept du voyage dans le temps affichait aussi quelques promesses au début, finalement retombées bien vite dans l'atmosphère terrestre : l'un des personnages se demande à un moment si le futur sera bien tel qu'il aurait dû être. On en déduit donc avec jubilation que certains personnages emblématiques peuvent mourir, que Kirk ne sera peut-être pas capitaine, que Spock ne domptera pas sa fureur refoulée. Que nenni ! On comprend très vite que l'intrusion du vaisseau romulien dans cet espace-temps participe justement au futur de l'USS Entreprise tel que nous le connaissons. Et c'est bien dommage. Dans la dernière partie, le plaisir de la découverte laisse place aux belles batailles de space opera, aux beaux tirs lasers et aux explosions qui font du bruit, des affrontements à main nue dont on devine les conclusions. Le film se clôt en quatrième vitesse, laissant un arrière-goût de bande-annonce de luxe dans la bouche, comme un joli paquet cadeau dont la surprise aura auparavant été éventée.

Abrams réussit quand même son pari, à savoir livrer un cadeau aux fans, mais aussi un film de space opera classieusement kitsch, avec un soupçon de mise en scène nerveuse, dans la lignée du travail de Bryan Singer sur « Superman Returns ».