Un film de Russell Mulcahy, avec Milla Jovovich, Ali Larter. Edité en DVD chez Metropolitan Film & Video.

La quasi-totalité de la population de la Terre a été contaminée par le virus-T, et les humains transformés en zombies. Claire Redfield a regroupé une poignée de survivants et parcourt les plaines désertiques avec son convoi, dans l'espoir de trouver d'autres humains non contaminés. La route du convoi croise celle d'Alice, tentant depuis des années d'échapper à Umbrella Corp., responsable de la mutation de son ADN. De leur côté, les scientifiques d'Umbrella continuent leurs expériences avec des clones d'Alice, pour neutraliser le gêne zombie.

Après le très mauvais « Resident Evil » (Paul Anderson, 2002) et l'ultra-navrant « Resident Evil : Apocalypse » (Alexander Witt, 2004), voici à présent un troisième épisode dont je n'attendais rien de particulier, à part continuer de regarder les épisodes d'une saga catastrophique pour en parler en connaissance de cause. Et ö surprise, le début est plutôt emballant. Le film s'ouvre sur une Alice se réveillant nue sous la douche, trouvant sa robe rouge sur le lit, puis arpentant la maison : une reprise à l'identique du début du premier volet, il s'agit d'une expérience d'Umbrella Corp. pour faire revivre au clone d'Alice ses aventures. Le clone échoue, puis les scientifiques jettent le cadavre au milieu d'une centaine d'autres dans une fosse, à l'air libre, près d'une sorte de ferme bordée de grillages et de zombies, en pleine zone désertique. Le décor est planté, belle entrée en matière. Le début à la « Mad Max » augure d'un film a priori plus intéressant que les deux autres.

Mais forcément, cela se gâte. Alice se joint au convoi Redfield, en même temps que ses poses matrixiennes, ses combats au ralenti, ses abus de chorégraphies câblées reviennent au galop. La Jovovich redevient agaçante, dans son attitude branchouille-tête baissée-je suis revenue de tout-et je marche comme ça pour avoir la classe-même pas peur des zombies car je les fracasse avec un coup de pied retourné-comme Paul Anderson se torche avec la franchise. Quand le convoi se fait attaquer par une horde de corbeaux contaminés alignés sur les fils électriques, on se prend à rêver d'une grosse séquence d'angoisse hitchcockienne, que nenni. Le siège est confus, les boulets (les cons habituels qui cachent aux autres qu'ils ont été mordus) s'en prennent à leurs amis, quelques sacrifiés permettent d'alléger le convoi, et le réalisateur Russel Mulcahy (« Highlander » quand même, bon... « Highlander 2 » aussi, c'est vrai) ferait bien de retourner à l'école prendre des cours de "mise en scène de groupes assiégés" auprès de Carpenter.

Le film se termine par du gros n'importe quoi, le scientifique en chef a été contaminé, et se transforme en zombie mutant aux doigts qui se transforment en tentacules et prend plaisir à crever les yeux de ses victimes. Si vous avez déjà vu les deux premiers épisodes, autant voir celui-là pour rester cohérent et vous moquer. Dans le cas contraire, passez bien sûr votre chemin.