Un film de Panna Rittikrai, avec Dan Chupong, Noppul Gomarachun, Santisuk Promsiri. Sorti en France en 2005, édité en DVD par Studio Canal.

Le gouvernement thaïlandais mène une guerre sans merci contre les narco-trafficants. Au cours d'une opération spéciale qui tourne mal, le supérieur du brillant Daew des forces spéciales meurt. Celui-ci quitte la police, et part en voyage humanitaire avec les amis athlètes de sa soeur dans un village de la campagne reculée thaïlandaise. Mais la démonstration sportive tourne court, car l'armée des narco-trafficants prend en otage le village contre la libération de leur chef. Les athlètes, sans arme, vont devoir utiliser leurs aptitudes sportives pour neutraliser les agresseurs.

« Born to fight » est un véritable film de propagande à la gloire des sportifs thaïlandais. CV à grande échelle pour des athlètes de toutes disciplines (motocross, rugby, football, gymnastique, muay thaï), le film aligne également des scènes d'action mettant en valeur des cascadeurs visiblement suicidaires : combats de bâtons enflammés dans les reins, chutes sur la nuque sur des coins de camions poids lourds, courses à pieds dans du feu sans protection, et bien sûr, absence totale de câbles et d'effets spéciaux. La boxe thaï est à l'honneur, dans des combats chorégraphiés par le réalisateur Panna Rittikrai (déjà aux manettes des bastons de « Ong Bak » et « L'honneur du dragon »). Les combats sont ici moins impressionnants que les deux films avec Tony Jaa mentionnés, pour plusieurs raisons : des gestes moins empreints de sauvagerie, une réalisation moins nerveuse, moins efficace, mais privilégiant de loin le beau geste en usant des ralentis, et nous gavant de plans séquences très efficaces (dont un très impressionnant au beau milieu d'explosions dans la jungle).

Ca y est, la comparaison est lancée : que vaut ce film face aux métrages de Tony Jaa ? Déjà, malgré leurs scénarii basiques, les films de Jaa donnaient plus l'impression de visionner des vrais films, pas des démonstrations sportives au ralenti sur des bandes sons technos insupportables. Oui, vous l'aurez compris, à part les performances sportives des athlètes, « Born to fight » est un énorme navet réussissant l'exploit de provoquer l'ennui. Le film commence pourtant bien, le film d'action policier virant vers le genre survival-guerrier à la « John Rambo ». Les hommes des trafficants exécutant un nombre impressionnant de villageois, on se prend à espérer qu'ils vont finir par manger bon, tous pulvérisés par l'ex-flic Daew dans une orgie de violence jubilatoire, leur faisant payer leurs exactions à coups de genoux dans la tronche et cassages de membres. Et bien, pas du tout : la "vengeance" des sportifs et villageois n'a pas du tout l'effet escompté, et leurs prouesses (shoots footballistiques numérisés dans des noix de coco dans la tête des ennemis, exploits gymnastiques aux barres parallèles, plaquages de rugby, figures aériennes pleines de grâce) techno-isées énervantes de longueur et répétitives donnent presque envie de supporter les agresseurs : on atteint le pompon lorsque, pour la trentième fois, les nanas exécutent des figures gymnastiques et le Zidane local finit de shooter dans les noix restantes, un villageois s'empare avec jubilation (au ralenti bien sûr) du drapeau thaï et court avec les autres à l'extérieur du village pour échapper à l'explosion généralisée ! Ne désespérez pas, même si le drapeau avait brûlé, le film aura eu le temps d'insister sur les valeurs thaïlandaises quand les villageois ont tous chanté l'hymne et que le spectateur a pu observer la monnaie locale sous toutes les coutures.

« Born to fight » accumule les grands moments de ridicule, et hormis les exploits sportifs et des cascadeurs jusqu'au-boutistes, ne parvient jamais à susciter le moindre intérêt. Il prouve finalement que la prouesse physique n'est pas suffisante pour obtenir un bon film. Revoyez plutôt « Ong Bak » et « L'honneur du dragon » de Prachya Pinkaew.