Un film de Justin Lin, avec Lucas Black, Brian Tee, Sung Kang.

Contraint de déménager plusieurs fois à cause de son fils participant à des courses sauvages et régulièrement aux prises avec la loi, la mère de Sean craque et envoie celui-ci chez son père à Tokyo. A peine arrivé au lycée local, il fait son nid dans la communauté des courses de drift, initié par un malfrat, et lorgnant vers la copine du champion local. Du classique, quoi !

J'étais resté sur un sentiment de sympathie pour le premier volet de la franchise motorisée, initiée par ce bon vieux Rob Cohen que j'aime bien (« Daylight », « XXX », « Furtif »). Cette fois-ci, exit Paul Walker et Vin Diesel (enfin, pas complètement, ce dernier fait une courte apparition), et place à Lucas Black, au milieu de personnages japonais qui parlent tous anglais : le champion nippon est incarné par Brian Tee (à moitié américain), il y a un coréen (Sung Kang), un petit revendeur noir américain fringué comme un rappeur, décidément, que de gaijins ! Tout ce petit monde se trouve réuni (ainsi que le yakuza le moins crédible de l'histoire du cinéma) autour du DK (Drift King) passé maître dans l'art de grimper les étages des parkings ou les montagnes japonaises en dérapant. Les bons vieux poncifs propres au monde du rap/hip hop formant la sacro-sainte trilogie belles pépettes en mini-shorts/voiture rutilantes/jeunes gens bien sapés et couverts de bling bling font fureur, entre deux séquences de dérapages filmées de manière très efficace et qui, avouons-le, constituent les seuls bons moments d'un film scénarisé par des paresseux. Imaginez un môme lycéen (qui a l'air d'avoir 25 ans), débarquant chez son père militaire qui va l'aider à battre à la course le neveu du yakuza du coin, après avoir rencontré à la cantine de l'école un revendeur d'Ipod se trimballant un énorme sac contenant des paires de chaussures de spot et surtout un volant collector de voiture de course aux yeux de tous. Au passage, Sean aura pris part à une course poursuite dans le quartier le plus fréquenté de Tokyo, manquant d'écraser une floppée de piétons avant que son meilleur ami ne crame vivant devant tout le monde. Mais de cela, son père s'en bat la race comme de sa première paire de rangers, ce qu'il veut, c'est que Sean règle ses problèmes en bottant le cul du DK. Si on ajoute à cela des personnages stéréotypés inspirant tout au plus un bâillement, l'absence de la moindre implication dans l'intrigue, et une quantité faramineuse de faire-valoirs bouche-trous, l'ennui total n'est pas loin.

Le pompon est plusieurs fois atteint comme lors de cette séquence où Sean entre dans une boîte de nuit, puis accède à une soirée privée à l'étage de la même discothèque, réunissant tous ses potes drifteurs et une horde de japonaises en rut, puis un super-garage abritant des zolies voitures : le repaire secret de son ami trafiquant. C'est bien connu, les japonais rentabilisent l'espace. Mieux même que les méchants de la série « Alias », cachant des salles de torture dans les sous-sols des discothèques. Heureusement, quelques plans de bagnoles émergeront du film, éclairées par les néons tokyoïtes, ou cette séquence de dialogue surplombant le quartier animé de Tokyo et un terrain de foot au sommet d'un immeuble.