Ce billet est un poisson d'avril. Don't panic !

Un film de James Wong, avec Justin Chatwin, James Marsters, Chow Yun-Fat, Emmy Rossum.

L'infâme Piccolo veut conquérir le monde en s'emparant des légendaires dragon balls. En cherchant une des boules, il tombe sur la maison du grand-père de Sangoku, qu'il tue d'un revers de la main. Goku, ivre de vengeance, part à la recherche des autres dragon balls, accompagné de Bulma et du maître Roshi. Mais un mystérieux secret se terre dans l'identité même de Sangoku.

Plus de 20 ans d'attente pour voir enfin l'adaptation du manga cultissime d'Akira Toriyama. Produit par Toriyama et Stephen Chow (réalisateur de « Shaolin Soccer » et « Crazy Kung Fu »), ce film est enfin sur nos écrans et c'est tant mieux. Le metteur en scène James Wong (« Destination Finale 1 et 3 », « The One », l'un des meilleurs Jet Li) a su complètement se mettre au diapason du matériau d'origine en nous livrant un merveilleux film d'aventure et bourré d'effets spéciaux. Nul besoin de connaître l'oeuvre originale pour apprécier ce film épique qui nous propose un florilège somptueux de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres. Chow Yun-Fat nous prouve l'étendue de son talent après les excellents « Un tueur pour cible » et « Pirates des Caraïbes 3 », aux antipodes des boursouflures très moyennes hong-kongaises. Parfait en maître en arts martiaux, il confère à son personnage une touche solide et paternaliste bienvenue, évitant de sombrer dans le ridicule. Nul doute que nous allons assister dans les prochains mois à un renouveau salutaire de sa carrière. Au milieu des actrices craquantes jouant Bulma et Chichi, Justin Chatwin reste la principale révélation de ce film. Supportant sur ses épaules les attentes de millions de fans, il s'en tire haut la main, charismatique, habité par un feu intérieur le désignant à coup sûr comme le futur Jet Li. Il réussit le tour de force d'incarner à la perfection un Sangoku extrêmement fidèle à la création de Toriyama, puissant et positif. Dans le rôle de Piccolo, James Marsters fait oublier ses pâles prestations en Spike dans la série « Buffy », et compose un bad guy rentrant directement au panthéon des monstres sacrés comme Dark Vador ou Saroumane.

Les fans du manga aux 42 tomes auront plaisir à retrouver en chair et en os des incarnations fidèles de leurs personnages préférés. Piccolo est une copie conforme, un modèle de fidélité absolue, un sommet de charisme froid et maléfique, quant à l'univers en général, c'est carrément l'orgie de références : la maison de Roshi/Tortue Géniale est sur une petite butte en pleine ville, référence à l'île minuscule du manga. Les moyens de locomotion contenus dans des capsules de Bulma sont un véritable plaisir pour les yeux, on sent vraiment que l'équipe du film a pris un malin plaisir à respecter à la virgule chaque idée de Toriyama. L'arène des arts martiaux, si elle ne ressemble pas trait pour trait à celle du manga, contient l'essence du mythique tournoi originel. Les effet spéciaux ne sont pas en reste, le kaméhaméha de Goku est très bien rendu, et les affrontements à base de boules d'énergie valent à eux seuls l'achat du ticket de cinéma. Loin d'être uniquement à base de boules de feu, les combats font également appel aux techniques d'arts martiaux : les experts en combats des films « 300 », « La mort dans la peau » et « Matrix » ont apporté leur savoir-faire à ce métrage mêlant fantasy et combats plus sobres. Grâce à un entraînement intensif de plusieurs heures par jour, les acteurs du film montrent qu'on peut devenir un artiste martial en peu de temps si on est bien encadré, et on peut dire que cela se voit à l'écran ! Rendant justice aux personnages dantesques de Toriyama, les affrontements sont à couper le souffle, portés par une mise en scène inspirée, compréhensible, et originale.

Mais le clou du spectacle, c'est cette transformation de Goku. Pour notre immense bonheur, il ne se transforme plus en gorille (le manga rendait hommage à la légende du roi singe), mais en monstre hybride, verdâtre, dans la droite de lignée de Piccolo. C'est grand !

L'adaptation live du manga devait à l'origine s'appeler tout simplement « Dragonball ». La production, en ajoutant le mot « Evolution », ne s'est pas trompée : transcendant le matériau d'origine, le film apporte un souffle nouveau à la franchise, nul doute que les fans hard core réclameront une suite que nous espérons tous de tout notre coeur. Chapeau !