Quand un super-héros se met à tirer tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas, et que son fidèle compagnon est soupçonné d’être un meurtrier, les petits gars de Billy Butcher sont sur la brèche pour enquêter là où ça fait mal. La fouille peut prendre une sacrée tournure, surtout quand les enquêteurs mettent les pieds dans une belle communauté de prédateurs sexuels sans scrupule.

Comme le dit Butcher, à propos des comics travestissant la vraie vie des super-héros : "C’est bon pour nous, vieux. Ca sert à rien de faire du chantage à un guignol dont tout le monde sait que c’est un connard, pas vrai ?" Après un tome 1 présentant la communauté super-héroïque sous un jour... nouveau, Garth Ennis et Darick Robertson continuent d’explorer les personnalités controversées de ces costumés en roue libre. Le grand public ignore tout du côté obscur de ces loustics en armures et collants, surtout ce Tek-Paladin ayant de plus en plus de mal à contrôler sa libido. L’album est placé sous la thématique de l’homosexualité, le scénario jouant malicieusement avec la figure du super-héros paternaliste assisté de son fidèle bras droit, à la Batman et Robin, sauf qu’ici, la vision de l’arrière-train moulé du jeune assistant affole furieusement son compagnon.

Visuellement, « The Boys » est rarement explicite, mais tout est contenu dans les dialogues. Le lecteur prend ainsi un malin plaisir à lire entre les lignes, et décrypter par exemple pourquoi l’arrivée d’un hibou sur un rebord de fenêtre inquiète tant le Tek-Paladin en rut, ou pourquoi son majordome doit aller faire soigner son oreille. Ne manquez pas la conclusion de ce tome, grand sommet de n’importe quoi offrant une belle rédemption à l’un des protagonistes, un p’tit gars perdu qui finit par trouver sa place dans le cœur de ses concitoyens. L’honneur est sauf.