Après « Born to be a larve », qui servait surtout à présenter ce beau specimen de geek, passant sa vie devant ses écrans et à réparer des vieilles tours entre deux festivals, « Le petit théâtre de la rue » se révèle plus mélancolique, plus musical. Entre son travail/sa farniente chez lui et ses périples dans les festivals, Boulet tente de cuisiner, savoure du bon temps, regarde les filles, mais surtout, se révèle toujours prompt à aider des présidents en exil africains possesseurs de sommes enterrées au pays, réclamant des aides financières pour des handicapés.

Plus épais que le premier tome, Le petit théâtre de la rue propose toujours de relire les vieux strips bd (de juillet 2005 à juillet 2006) publiés sur le blog de Boulet, agrémentés de planches inédites constituant le fil rouge de l’album : dans ce tome 2, un long festival BD pluvieux dans la Creuse. L’auteur continue d’impressionner par la variété des techniques graphiques, et on sent toujours son plaisir à noircir ses carnets. Certains strips sont uniquement dessinés au gros pinceau, sans cerne, avec des grosses taches.

On constate une diminution du nombres de planches colorisées à la tablette graphique par rapport au tome 1, qui recelait plus de simples dessins au trait. Au fur et à mesure, on apprécie la progression du style vers quelque chose de plus jouissivement texturé et cracra, Boulet expérimente plus, tout simplement.