Un film sorti en 1990, de Sheldon Lettich, avec Jean-Claude Van Damme, Geoffrey Lewis, Bolo Yeung.

Deux jumeaux sont séparés alors qu'ils ne sont âgés que de quelques mois. 25 ans plus tard, Alex et Chad se retrouvent à Hong Kong pour se venger de ceux qui ont tué leurs parents.

Quand ce film était sorti à son époque, j'étais persuadé que c'était le plus grand film du monde. Imaginez, deux Jean-Claude pour le prix d'un, donc deux fois plus de castagne, yeah ! Revoir ce film aujourd'hui permet de replonger dans les charmes du cinéma de combat ricain du début des années 90, quand le commun des mortels ne connaissait pas les livraisons de l'ogre John Woo et ses petits copains. Le film propose en effet un gunfight où Van Damme tire avec un flingue dans chaque main, ou roulant à terre au ralenti tout en continuant à tirer. On peut dire que par certains aspects, « Double Impact » n'a pas trop mal vieilli, surtout la partie d'exposition dans Hong Kong : Chad en chaussettes et short fluo rose moulant, Alex le timbre éraillé et fumant le cigare, et Geoff Lewis et ses yeux bleus aciers en guise d'arbitre. C'est avec une certaine émotion que j'ai aussi revu miss blonde poumonée fouillée minutieusement par miss pantalon en cuir (la très ridée de partout Corinna Everson), une scène aussi courte qu'elliptique, se concluant par un émouvant : "Chad, j'ai été fouillée" au téléphone. C'est grand ! Revoir « Double Impact », c'est fermer les yeux sur les incrustations moisies de Van Damme en fond bleu, c'est admirer l'inévitable grand écart de Jean-Claude (dans un gymnase, de dos en pantalon moule-burnes) devant une horde d'admiratrices en rut, c'est aussi s'enquiller la bonne vingtaine de faux coups de savates au ralenti sans impact mais avec des grimaces à la pelle. Mais c'est aussi heureusement la bonne bouille de psychopathe de Bolo Yeung (qui finira électrocuté, le pauvre homme de main, mais il l'avait cherché, c'est lui qui tue les parents des jumeaux, le salopard), et la bonne vieille scène de sexe au ralenti où l'on peut se délecter de la parfaite anatomie de la charmante Alonna Shaw.

A l'époque, Van Damme inaugurait le premier opus d'une série de films qui l'auront vu enquiller les rôles de jumeaux ou de doubles : deux flics de deux époques dans « Timecop » (Peter Hyams, 1994), deux frères jumeaux dans « Risque Maximum » (Ringo Lam, 1997), un serial killer et son clone dans « Replicant » (Ringo Lam, 2001), où notre belge préféré venge son alter ego, se tape sa nana, ou se bat contre lui. Mais là où curieusement, Van Damme sera le meilleur, c'est dans un rôle plus second degré que lui impose Tsui Hark dans « Piège à Hong Kong », où Jean-Claude se fait fouetter avec une anguille et passe l'essentiel du film en pantalon déchiré, dans un métrage très "film d'action de contre-façon", impayable.