Un film de Danny Boyle, avec Cillian Murphy, Michelle Yeoh, Chris Evans.

En 2057, notre soleil est sur le point de mourir. Afin de sauver la race humaine, l'équipage de la navette Icarus 2 est chargé d'y faire exploser une bombe nucléaire et ainsi faire naître une nouvelle étoile au sein de l'étoile mourante. Suite à une rupture de communication avec la Terre, l'équipage capte la balise de détresse d'Icarus 1, navette disparue sept ans plus tôt.

4 ans après « 28 jours plus tard », Danny Boyle signait en 2007 son premier film de science-fiction. Scénarisé par le fidèle Alex Garland (« La plage », « 28 jours plus tard »), ce métrage réunissant un casting international n'évite pas les poncifs liés aux "films dans l'espace" mais propose un intéressant travail graphique et sonore. « Sunshine » nourrit bien des parentés avec « Event Horizon, le vaisseau de l'au-delà » de Paul Anderson : dans une ambiance de "bout du monde" portant sur le ciboulot, un vaisseau capte la balise de détresse d'un autre, et ouvre involontairement ses portes à une menace inconnue. Les membres de l'équipage vont soit péter les plombs, soit se faire trucider un par un, soit s'auto-détruire. Mais alors que le film d'Anderson ne dépassait pas le stade de la série B gore, « Sunshine » va au-delà et expérimente au niveau visuel : plans subliminaux pour illustrer les résidus de poussière d'un équipage mort, traitement graphique à la limite de l'abstrait pour traiter la menace inconnue, plans à la caméra collée aux acteurs pour accentuer la nervosité de l'ensemble, montage survitaminé sans en faire trop, quelques plans intéressants de la navette (surimpressions, illusions d'optiques avec le soleil et les panneaux de protection), Danny Boyle montre qu'on peut encore filmer les films de navette sans sombrer dans la mise en scène plan plan ou le recopiage.

Ceci dit, la deuxième moitié du film, si elle se révèle la partie la plus nerveuse, n'évite pas cependant les poncifs du genre. Pourquoi faut-il qu'à un moment, un membre d'équipage soit toujours obligé de se sacrifier au nom de la mission, afin de tourner une manivelle, appuyer sur un bouton, ou abaisser un levier pour palier la défaillance de l'ordinateur de bord ? « Armageddon », « Space Cowboys », « Deep Impact », et même Tintin dans « On a marché sur la Lune »... hum... De plus, l'arrivée d'une personne supplémentaire, le fameux mal inconnu qui va "aider" l'équipage à réduire ses membres, frôle carrément le n'importe quoi. A croire qu'il faille absolument un psychopathe/alien/ordinateur de bord devenu fou pour que les spectateurs se sentent comme chez eux dans ses navettes spatiales. A ce propos, la réplique d'un des personnages : "Oui, séparons-nous pour mieux nous faire dégommer par un alien", si elle propose une distanciation amusante, est malgré tout insuffisante pour faire passer la pilule. Le nouveau venu symbolise le pétage de plomb mystique qui guette les personnages, personnifie la violence contenue chez certains mâles de la navette. Le code prévalant dans ce genre de film veut que le vaisseau symbolise le cocon maternel, matriciel, qu'un parasite extérieur va infiltrer et corrompre comme un virus. La menace peut aussi venir de la plus haute autorité : le vaisseau. Ici, point de HAL, mais la présence d'une entité extérieure, nourrissant l'imaginaire des hommes depuis l'aube de l'humanité : le soleil. Cet aspect à peine survolé aurait mérité un traitement autre, en tout cas plus profond qu'un bête humain prétendant avoir conversé avec Dieu.

Je m'attendais en fait à un film assez différent. En tout cas à un métrage allant au-delà du simple film de dégommage d'équipage dans l'espace. Malgré un traitement formel original et très appréciable, et un casting nettement convaincant (en tête, le toujours magnétique Cillian Murphy et Chris-la torche-Evans), ce « Sunshine » sent trop le déjà-vu.