Un film de John Moore, avec Mark Wahlberg, Beau Bridges, Olga Kurylenko, Chris O'Donnell, Amaury Nolasco.


La femme et l'enfant de l'inspecteur Max Payne ont été assassinées. Depuis, comme sa confrère Lily Rush, Max travaille au département "cold case". A la recherche de l'assassin jamais retrouvé, Max tombe sur une affaire présentant des similitudes : un groupuscule avec des ailes tatouées, adeptes d'une mystérieuse drogue.


Souvenez-vous : « Doom », « Doubles Dragons », « Streetfighter », « Resident Evil ». Des catastrophes adaptées de jeux vidéo. Eh bien, « Max Payne » ne fait pas exception, même si l'ambition formelle a de quoi faire saliver. C'est bien simple,le travail de photo sur ce film est époustouflant : des ambiances contrastées, une enquête se déroulant presque exclusivement de nuit, les ruelles sont humides, froides, extrêmement graphiques, et cette neige continue confère au tout une charmante touche singulière rappelant certaines belles planches de Frank Miller. De plus, certaines scènes comme celle du lac gelé marquent la rétine.


Ensuite, venons-en au sujet qui fâche. Le scénario bas du front ne ferait pas frétiller un sourcil, on reconnaît le méchant dès sa première apparition, les personnages sont tous des copiés collés fadasses d'autres productions du genre (l'homme de main, la femme fatale, le patron véreux), certaines scènes font rire alors qu'elles devraient faire pleurer (les flashbacks idylliques filtrés en doré, le héros tapote la photo de son bébé le sourire aux lèvres avant de le découvrir mort), et Mark Wahlberg erre comme une âme en peine, dont la mine inexpressive ferait passer le Keanu Reeves de « Matrix » pour un cabot en roue libre.


Ne resteraient que les scènes de gunfight, clés de voûte du jeu vidéo sorti en 2001 en pleine vague post-« Matrix », justement. Pendant le générique de fin, on se demande où elles ont bien pu passer. C'est bien simple, pas une malheureuse poussée d'adrénaline, pas un frémissement de baston épique au fusil à pompe. Le seul moment de bravoure de ce pauvre Max sera de flinguer, au ralenti, et à l'envers...un pauvre homme de main apparu juste avant. Le reste, ce qui aurait pu passer pour du bon gunfight d'envergure, restera un exercice pyrotechnique consistant à faire péter toutes les vitres d'un open space. John McTiernan, où es-tu, le monde a besoin de toi !! Alors certes, le réalisateur est très bon pour étirer en longueur un simple coup de feu filmé à 1000 images/secondes, mais pour générer de la sueur chez l'amateur bourrin de chorégraphies wooesques, circulez, rien à voir. Devant un tel gâchis, c'est surtout un sentiment de foutage de gueule, d'absence de talent notoire et de tiédeur insupportable qui prédominent. « Max Payne » est un film de technicien. C'est maigre.