Kung Fu Panda

Ce film a été chroniqué en direct dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 19 juillet 2008.

Un film des studios Dreamworks, réalisé par Mark Osborne et John Stevenson. Avec les voix de Manu Payet, Pierre Arditti, Marie Gillain, et Marc Lavoine en VF, et Jack Black, Dustin Hoffman, Angelina Jolie, Jackie Chan, Lucy Liu et Michael Clarke Duncan en VO, sur une musique de Hans Zimmer (le plus grand compositeur en activité) et John Powell (la trilogie « Jason Bourne »).

Afin de repousser le redoutable Tai Lung, dont le vieux maître du temple prévoit l'évasion de sa prison, les moines doivent nommer le légendaire guerrier dragon, seul propriétaire légitime d'un rouleau de parchemin dévoilant une botte secrète des arts martiaux. Mais à la surprise générale, le très vénérable désigne... un panda vendeur de nouilles.

Ce film est un véritable festival de trouvailles. Pas encore à la hauteur des meilleurs Pixar, Dreamworks s'en rapproche pourtant de plus en plus, et délaisse avec bonheur leur habituel défaut de trop miser sur la parodie. Ici, les clins d'oeil sont bien sûr présents, mais plutôt en demie-teinte, ce qui fait qu'on peut tout à fait apprécier ce film sans avoir jamais vu de films d'arts martiaux. Certes, il est préférable d'avoir vu un épisode de la saga « La 36ème chambre de Shaolin », car certains gags de « Kung Fu Panda » y font plus ou moins référence, comme cet apprentissage du kung fu par des moyens détournés que je tairai bien sûr, renvoyant à la technique de l'échafaudage vue dans le deuxième épisode de la saga de la Shaw Brothers. De plus, dans sa course à la comédie, « Kung Fu Panda » aurait pu facilement tomber dans la facilité. Ici, pas de bullet time, ni de personnages courant sur les murs à la « Tigre et Dragon ». Et par les nobles pitons rocheux ancestraux, purée, ça fait plaisir. A la place, le film crée la surprise en proposant de très beaux combats chorégraphiés, à rendre jaloux des Yuen Woo Ping ou Liu Chia Liang. Parmi les morceaux de bravoure, la spectaculaire évasion de Tai Lung, et la course à la boulette à la vapeur, bons exemples de baston d'envergure seul contre tous et de kung fu comédie.

Bien sûr, les facéties du très rondouillard Po et sa mine trop kawaii remportent l'adhésion et justifient à elle seules le visionnage du film, mais les autres personnages ne sont pas en reste, comme ce singulier maître tortue, ou l'irascible mais non moins sympathique Shifu. Le seul regret est que les cinq guerriers légendaires aient été trop relégués au second plan, sans personnalité vraiment propre, mais ils se rattrapent au cours d'une baston mémorable sur un pont suspendu (une référence à « La rage du tigre » de Chang Cheh). Le film se permet même le luxe de proposer une séquence d'introduction en animation 2D absolument superbe et très bien réalisée, qui nous frustrerait presque devant l'enchaînement avec la partie 3D. « Kung Fu Panda » est un très bon film d'animation de divertissement, mais plus surprenant, un excellent film de genre à ranger parmi les kung fu movies récents dans sa dévédéthèque.