Iron Man

Un film de Jon Favreau, avec Robert Downey Jr, Jeff Bridges, Gwyneth Paltrow, Terrence Howard.

Le richissime Tony Stark a tout dans la vie. Il collectionne les belles femmes comme les bagnoles, habite une somptueuse villa à Malibu, fabrique des armes pour l'armée, tout ça en bricolant des gadgets dans son garage. Mais après avoir été touché au coeur par une explosion en Afghanistan causée par une de ses propres armes, Stark est pris en otage par des terroristes. Pour s'échapper, il va mettre au point, au nez et à la barbe de ses ravisseurs, une armure surpuissante qu'il va ensuite perfectionner, en même temps que naîtra chez lui un tout nouveau sens de l'éthique.

Disons-le clairement, pour la profondeur du scénario, l'ampleur des combats, le charisme du méchant, « Iron Man » est un chouia en dessous de certaines adaptations de comics (les deux premiers « Batman » et « Spider-Man »). Mais l'intérêt du film n'est pas là, tout repose sur le personnage bigger than life de Tony Stark, quand même l'un des personnages les plus fun de la cohorte de super-héros. Quasiment aussi riche mais moins tourmenté que Bruce Wayne, plus mature que Peter Parker, génie de l'électronique, profitant de la vie, devenant un super-héros sans aucun traumatisme déclencheur (à part ce fameux éclat de mine dans son coeur. En tout cas, il ne vit pas entouré de chauves souris et ne se transforme pas en monstre) et surtout par ses seuls talents, Stark est un flambeur. Robert Downey Jr est absolument magistral dans ce rôle. Maniant en permanence l'humour sous ses deux identités, détaché de tout, il ne joue jamais sur le registre du héros torturé. Même quand un soupçon de moralité commence à le titiller, il la joue flambeur en en faisant profiter ses amis journalistes. Son duo comique avec l'ordinateur Jarvis constitue également l'une des bonnes surprises du film ; dans un registre plutôt cartoon, ce lot de scènes inénarrables vaut vraiment le détour, notamment quand l'ordinateur s'acharne à vouloir asperger Stark d'extincteur.

Les scènes à effets spéciaux, si elles ne déçoivent pas, assurent le minimum syndical en ce qui concerne les bastons. Soit Iron Man pulvérise du terroriste au kilomètre, soit il est sérieusement mis à mal pour l'Iron Monger, grosse armure enfilée par le méchant, reconstruite à partir des restes de la toute première armure de Stark. On devine que Marvel Studios nous réserve des affrontements technologiques d'un autre niveau pour les suites, surtout en se basant sur ce que sont capables de faire les japonais et leurs méchas. Mais ce n'est pas dans la baston pure que les apparitions d'Iron Man cartonnent, mais plutôt dans les scènes transitoires : Stark essayant les différentes éléments, enfilant ses jambières, testant le répulseur de ses bras, évaluant la poussée nécessaire pour voler dans les airs (attention, séquences drôlissimes). Prolongeant le côté fun du milliardaire, ces différentes scènes racontent l'accession de Stark à un nouveau moyen de s'éclater, flamber, et se racheter une conscience en trouvant un usage altruiste à son génie. Toute la symbolique autour du coeur de substitution de Stark (afin de ralentir la progression du bout de métal dans son coeur, il se construit un mini-réacteur dans la poitrine, qui va constituer son talon d'Achille et sa principale force) est le fil rouge du film, son lien avec son assistante Pepper Potts, le prix à payer pour une fortune bâtie sur les armes, la preuve que son talent peut sauver une vie plutôt que la détruire.

« Iron Man » est aussi un festival de clins d'oeil aux fans du comics, qui reconnaîtront le futur occupant de la War Machine dans le lieutenant colonel James Rhodes. Le professeur Yinsen co-fabrique la première armure, et Jarvis, le robot assistant de Stark, porte le nom de son majordome dans la BD. D'autres références sont présentes mais impossible d'en parler sans spoiler le film. Sachez juste qu'il y est question du SHIELD et d'autres personnages bien connus de l'univers Marvel.