horton

Un film d'animation de Jimmy Hayward et Steve Martino. Produit par la Fox. D'après l'oeuvre de Dr Seuss (« Le grinch », « Le chat chapeauté »).

Un éléphant barbote dans l'eau, au milieu de la jungle. Soudain, il entend une petite voix. Ca vient d'un grain de poussière. Il s'aperçoit qu'il peut communiquer avec cette voix, qui appartient au maire de Zooville, petit monde à l'intérieur de la poussière, avec son architecture, ses machines, ses habitants... Horton, malgré la désaprobhation d'une kangourou hostile, va entamer un périple pour mettre la poussière à l'abri. De son côté, le maire est bien sûr lui aussi pris pour un fou, personne ne voulant se barricader et louper les fêtes de Zooville.

Dès la bande-annonce trop classique pour être honnête, « Horton » affichait ses qualités : bonne bouille, maladresse, situation absurde (l'éléphant s'auto-persuade qu'il est léger comme une plume pour franchir un pont suspendu). Certes, le gentil éléphant est trognon, et sa seule présence à l'écran donne envie de rire. Mais l'univers barré du film est bien sûr concentré dans la poussière : y faire tenir Zooville, son architecture, ses espaces verts, ses familles nombreuses, et son comité des fêtes est une idée fantastique. Bien sûr, il s'agit d'un film d'animation destiné aux plus jeunes, donc nous sommes privés du sous-texte impliquant que tout ceci proviendrait de l'imaginaire de l'éléphant, et de la douce incertitude d'une fin ne répondant pas à la question.

« Horton » est exactement l'inverse des films Pixar, car ces derniers partent d'un postulat plutôt classique (des voitures, des super-héros, des jouets, des poissons) vu ailleurs, pour en faire des films totalement barrés, ou en tout cas très imaginatifs, recelant moultes surprises. Ici, c'est le contraire : le concept renversant de l'éléphant parlant à une poussière contenant une ville entière se révèle vite bien esseulé au milieu du classicisme général. Les personnages sont plutôt stéréotypés, le character design désespérément inégal : la jungle d'Horton se fait totalement bouffer par Zooville, les petits amis d'Horton sont plutôt réussis mais la méchante semble avoir été bâclée, comme Vlad le vautour à l'accent roumain. Reste bien sûr du film ce décalage entre l'éléphant et le maire, communiquant sans jamais se croiser. Le maire cherche une légitimité et le respect, Horton demande qu'on le laisse s'épanouir dans son univers, idem pour le fils du maire. Mimi et léger.