10000

Un film de Roland Emmerich, avec Steven Strait, Camilla Belle.

Au temps des mammouths, dans une communauté dans les montagnes, la chamane prédit un destin exceptionnel au futur porteur de la lance blanche, qui saura triompher des démons à quatre pattes, et sauver la légendaire jeune fille aux yeux bleus.

Difficile de trouver quelque chose à sauver dans ce nanar préhistorique. Surfant sur l'esprit de certains films récents, comme le décidément très suivi « Apocalypto » de Mel Gibson ou le « Pathfinder » de Marcus Nispel, « 10 000 » est surtout une décalque moins SF du mieux fichu « Stargate » du même Emmerich : des paysages désertiques, étendues de sable, un peuple belliqueux se prétendant divin pour en asservir un autre, un commando d'élus venant de loin pour ouvrir les yeux des autochtones opprimés, les pyramides... Mais ici, les mammouths et le tigre aux dents de sabre en 3D sont loin d'être aussi transcendants qu'un bon Kurt Russell déclamant son "Dis bonjour à Toutankhamon, ducon". Surtout, Emmerich merdouille totalement en tapant dans l'univers du conte. Malgré une orientation plus adulte qu'un récit initiatique naïf à la Annaud ou Besson, mais plus proche de la fresque barbare, « 10 000 » utilise quand même de nombreux éléments du genre : la voix off didactique, le héros naïf et pur, la princesse à sauver, la quête dans les traces de son père, l'aide du mentor, la succession des épreuves, la valeur reconnue dans toutes les contrées traversées. Mais loin de posséder les talents de conteur d'un Spielberg ou un Shyamalan, Emmerich a vite fait de s'emberlificoter les caméras dans une longue succession de scènes pathétiques. La voix off paraphrase à longueur de métrage et ridiculise l'odyssée du héros, on se demande à quoi sert cette pauvre chamane, à part trembloter et cligner des yeux pour commenter l'action tel un Thierry Rolland sous exsta. Le geste salvateur du héros est aussi transcendant qu'un climax de film auteurisant français dans une salle de bain, et le retournement de situation final finit d'achever cette daube dans un éclat de rire général.

Heureusement, la présence dans le casting de la superbissime Camilla Belle tempère la catastrophe et offre à « 10 000 » un semblant de consolation : il ne sera pas totalement oublié.