pathfinder

Un film de Marcus Nispel, avec Karl Urban, Clancy Brown. Disponible en DVD chez la Fox.

Avant Christophe Colomb, les Vikings débarquent en Amérique du Nord, pillent et violent. Ils laissent sur ces terres un enfant des leurs, recueilli par les autochtones. Des années plus tard, les envahisseurs reviennent. Re-pillent et re-violent. Sauf que le gamin a grandi, et va leur later la gueule.

Crom ! Ou plutôt par Odin ! Amateurs de bastons avec des épées lourdes, de campagnes barbares, de guerriers musclés et chevelus se tapant sur la tronche avec du métal et avec des voix d'outre-tombe, vêtus de peaux de bêtes et de casques à cornes, dans des paysages enneigés, « Pathfinder » est fait pour vous. Bon, qu'on ne s'y trompe pas, si vous vous attendez à du « Conan », il faudra repasser. Non, le monument de John Millius avec Schwarzie n'a toujours pas été égalé, et ce film de vikings est loin d'avoir la portée et le génie de son prédécesseur. Sauf qu'il ne faut pas trop lui en demander non plus, malgré la filiation évidente de plusieurs scènes emblématiques, comme le massacre du village. Considérant le cinéma récent, il faudrait plutôt rapprocher « Pathfinder » d'un autre film fonctionnant sur le concept de la chasse à l'homme en territoire sauvage, « Apocalypto » de Mel Gibson. Un peuple plus avancé s'en prend à un autre en le rendant à l'esclavage, pour finalement être vaincu quasiment par un seul homme traversant une sorte de voyage spirituel dans lequel il va définir son identité. Autre point commun, les deux films ont pour cadre le Nouveau Monde.

« Pathfinder » est un film étrange, traînant comme un boulet cette réputation de film maudit, mutilé contre la volonté du réalisateur, sorti au dernier moment pour surfer sur le succès de « 300 », par une Fox qui n'en voulait pourtant plus. A part la dernière partie du film se passant sur le col enneigé au début du printemps nord-américain, le reste peine à passionner. Il est très difficile de rentrer dans l'histoire, le personnage principal est le héros mais n'est pas ce monstre quasi demi-dieu qu'était Conan. Karl Urban, après être parvenu à sauver « Doom » de l'ennui total, et avoir excellemment tenu tête à Jason Bourne dans le deuxième opus de la fameuse trilogie, est loin de démériter mais apparaît un chouia pâlichon. Au final, que reste-t-il ? Tout de même, un film de castagne barbare avec des grosses épées et des vikings (bastooon), et des paysages enneigés à couper le souffle. Un détail qui ne trompe pas, je me suis revu « Conan le barbare » dans la foulée, et purée, ça a vieilli, mais qu'est-ce ça meule !