furtif

Un film de Rob Cohen, avec Josh Lucas, Jessica Biel, Jamie Foxx. Disponible en DVD chez Columbia.

Trois super pilotes d'avions furtifs de l'armée américaine doivent faire équipe avec un appareil piloté par une intelligence artificielle. Doté de la faculté d'apprendre, celui-ci va progressivement péter les plombs, ne sachant distinguer le bien du mal.

Je suis assez friand des films d'action à l'ancienne (qui a dit kitsch ?). Je dois d'ailleurs être l'un des rares de mon entourage à être un gros fan de Rob Cohen (réalisateur de « Daylight », « Fast and furious », « XXX »). Certes, « Furtif » ne se démarque pas par son originalité ni par sa finesse (quoique), mais a déjà le mérite de ne pas vouloir péter plus haut que son cul, et rechercher un statut de film culte à grand renfort d'effets de mise en scène à la mode. Dans ce film de navions, les mecs sont barraqués, la fille est bien balancée (aaah, Jessica Biel en bikini), les scènes d'action fonctionnent, la bande-son tabasse, les machines sont belles, et le ciel attrayant. Cela peut paraître rabattu de parler de cet ensemble de détails, mais il est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît de réussir un bon film d'action, ni bourrin ni molasson. Après Vin Diesel dans ses deux précédents films, Cohen fait appel à un Josh Lucas loin de démériter, faisant correctement son boulot de mâle cool et au regard bleu acier, déjà mieux mis en valeur que dans le ridicule « Poséidon ».

Contrairement au pire que pouvaient laisser présager les premières minutes puant le déjà vu (le trio de pilotes au ralenti sur la piste, le QG et ses radars pour visualiser les appareils, le chef de mission perfectionniste, les mâles stéréotypés, après les avions, les voitures, les motos, encore des avions), on se laisse vite prendre au jeu. La mise en scène de Rob Cohen n'est pas surdécoupée, mais sait se montrer nerveuse juste ce qu'il faut. Le scénario se laisse deviner à des kilomètres mais réserve tout de même quelques surprises. On s'identifie au trio de pilotes, on apprend à connaître l'IA puis à s'en méfier, et l'histoire prend une tournure inattendue bien jouissive. Le discours sur la haute technologie et ses dangers a déjà été mille rabattu, mais ce petit côté SF n'est pas déplaisant. De son côté, l'action sur le plancher des vaches met en valeur les joutes aériennes, sans pour autant offrir des temps morts. Bref, vous l'aurez compris, il s'agit d'un film d'action ultra efficace qui sait rester humble, connaît ses limites, qui mille fois frôle le ridicule, et mille fois arrive à l'éviter. Pour taper dans le mille à Mach 2.