jumper

Un film de Doug Liman, avec Hayden Christensen, Samuel L. Jackson, Michael Rooker, Diane Lane, Jamie Bell.

David est un jumper, capable de se téléporter instantanément où il veut. Sauf qu'il n'est pas seul à posséder cette faculté, et qu'une organisation appelée les Paladins veut l'exterminer.

Voici un film concept dans toute sa splendeur, une histoire s'articulant autour du pouvoir particulier du héros et de ses semblables, et une mise en scène jouant avec ce postulat. Bon, disons-le clairement, ce film est loin d'être une tuerie cinématographique, le ton est léger, et l'histoire s'attarde plus sur l'insouciance de David et la conquête de sa dulcinée, que sur une guerre planétaire impliquant une horde de super-héros. Même s'il est fait référence à l'univers des comics (via l'association des deux jumpers, qui auraient pu donner quelque chose de beaucoup plus excitant), le but de « Jumper » n'est pas de livrer une fresque dantesque à la « X-Men ». Non, ce qui transparaît comme le nez au milieu de la figure, c'est que ce film sert surtout de bande-annonce pour les deux opus suivants, tant la trilogie naissante est évidente. On sent ici que tout est freiné, de peur de griller trop vite les cartouches. Les personnages n'ont pas livré tous leurs secrets, on devine aisément le potentiel du personnage de Jackson, illuminé fanatique, mais pas si enculé que cela, qui pourrait facilement faire équipe avec le héros, si des mauvais jumpers venaient foutre le bazar (un pitch tellement prévisible pour les deuxième épisode). Le personnage de Diane Lane reste volontairement en dedans, est-elle la chef des paladins ? Qui est cette fille qui vit chez elle ? Qui étaient les parents de Griffin ? Autant de questions qui trouveront très vite un terrain propice aux réponses, tant le succès du premier opus semble couru d'avance.

Il faut quand même avouer que « Jumper » fait passer un bon moment. La baston entre David et Griffin, loin de casser la baraque (ben si, justement, mais à un autre niveau), laisse augurer des affrontements plus complexes et impressionnants, mais fait déjà mouche, grâce à la multiplication des décors et au jeu sur les différentes altitudes (un coup porté au sommet du Sphynx en Egypte propulse l'adversaire sur la banquise, qui va se réfugier au sommet d'un building, pour sauter dans le vide et atterrir dans la piscine d'un hôtel). Le casting est bétonné, d'un Jackson inquiétant, à Michael Rooker, en passant par Jamie - Billy Elliot - Bell, jusqu'à un Hayden - Anakin - Christensen plutôt pas mauvais.

Bref, un futur premier épisode volontairement en-dedans, qu'on aurait aimé plus dense et surtout faisant office de vrai film, pas d'introduction, remplit son rôle de sympathique film du samedi soir, et donne furieusement envie de voyager. Nous attendons la suite !