Le livre de la jungle

Un film d'animation des studios Disney de Wolfgang Reitherman (sortie cinéma en 1967). Disponible en double DVD collector chez Disney.

Dans la jungle indienne, le bébé Mowgli est recueilli par la panthère Bagheera, qui entreprend de l'emmener jusqu'au village des hommes pour le protéger du terrible tigre Shere Khan.

Mon Disney préféré est enfin disponible en édition DVD à la hauteur du métrage. A la base, « Le livre de la jungle » est la perfection absolue. L'animation, le rythme, les morceaux musicaux, les personnages, rien à dire. 40 ans après, des morceaux comme "Il en faut peu pour être heureux" ou "Je voudrais être comme vous" n'ont pas pris une ride et restent parmi la crème des chansons disneyennes, aux côtés de "Supercalifragilisticexpialidocious" ou du plus récent "Rêve bleu". Le passage du Roi Louis et sa bande dansant le swing, et le match d'impro entre le singe et Balou sont littéralement à tomber, du point de vue musical et de l'animation. L'histoire, assez simple, voit s'enchaîner les différentes scènettes dans une continuité fluide, allant de soi, alors que j'eus l'impression inverse en découvrant (oui, honte sur moi) « Alice au pays des merveilles » en décembre dernier, dont les passages musicaux se suivaient en frôlant l'overdose.

Le parcours de Mowgli est une suite de rencontres entre lui, le petit d'homme, et des bêtes ayant chacune des atouts dont il manque : la force de l'ours, la puissance des éléphants, l'agilité de la panthère, les ailes des vautours. Successivement, Mowgli veut devenir comme eux, place sa confiance en eux, une confiance qui est chaque fois trahie ; parfois pour son bien dans le cas de Balou et Bagheera, ou l'inverse lors de l'hypnose du serpent Kaa. « Le livre de la jungle » est donc un film sur la confiance, sur une condition d'homme que Mowgli persiste à refuser, sur des conceptions de la vie qui lui sont proposées, le fossé séparant bien sûr l'insouciance de Balou (le grand frère) et le sens des responsabilités de la très maternelle Bagheera.

Cette édition DVD propose un commentaire audio de différents intervenants, et notamment le fils du réalisateur, doubleur de Mowgli, et qui a servi de modèle pour les animateurs du petit d'homme. On apprend, dans ce commentaire, que la coiffure de Mowgli est calquée sur celle du jeune acteur, à l'époque fan des Beatles, dont les gestes de la main pour écarter les cheveux de ses yeux ont été retranscrits par les animateurs. Ce commentaire est d'ailleurs l'occasion d'apprécier leur prodigieux talent, ayant inspiré plus tard d'autres personnages emblématiques de films Disney, comme le lion Scar, le perroquet Iago, ou Aladdin. Et même sans le son du métrage, nous sommes encore captivés par l'histoire, délaissant la lecture des commentaires sous-titrés pour admirer la chair flasque des éléphants, le match de boxe entre Balou et Mowgli, où le petit singe dont l'improvisation parasite le show de Louis.

D'autres bonus sont présents dans la deuxième galette, le plus intéressant étant sans nul doute ce documentaire sur la genèse du film, des déboires du scénariste Bill Peet, viré par Walt Disney pour avoir pondu une histoire trop sombre, malgré son gros travail d'adaptation des nouvelles de Kipling, jusqu'à la sortie du film, juste après la mort du maître. Le documentaire analyse les différences entre le livre de Kipling, le traitement de Peet, et la version finale voulue par un Disney ayant interdit à ses collaborateurs de lire le livre. Un livre que Walt ira tout de même consulter pour boucler son film, séchant un petit moment sur la manière de le clore mais trouvant la solution dans l'inusable chant des sirènes, petite scène de drague entre la fillette et le petit d'homme.