Into the wild

Un film de Sean Penn, avec Emile Hirsch, William Hurt, Vince Vaughn, Marcia Gay Harden.

Le jeune diplômé Christopher McCandless envoie tout péter et entame seul un périple à travers l'Amérique sauvage, afin de trouver sa propre vérité.

« Into the wild » fait partie de cette catégorie de films inattaquables, car porteurs de bonnes intentions, servant un message universel, un grand film avec beaucoup de souffle. Correctement réalisé, servi par des paysages magnifiques et une interprétation remarquable, le film de Sean Penn nous colle aux basques du jeune Alex Supertramp (le pseudo que Christopher s'est choisi) à travers son choix jusqu'au-boutiste, ses rencontres, ses emmerdes, son émerveillement. La structure du film est construite autour de son campement dans l'Alaska où il voulait tellement vivre, le reste étant des flashbacks, ponctués par la voix off de sa jeune soeur, comme si cette présence de la seule personne capable de comprendre le jeune homme servait à tempérer l'insouciance sans borne de l'aventurier. Car le périple d'Alex, surtout fait de rencontres qui lui laisseront toutes quelque chose (de l'aide matérielle à la complicité au coin du feu, en passant surtout par des familles de substitution), lui apprendra qu'il n'existe de bonheur que s'il est partagé. Confronté à des parents en pleine détresse, dont le fils est parti à l'aventure comme lui, à un grand-père terriblement seul, à un fermier semblable à un grand frère, Alex se prend la douleur qu'il a infligé à ses proches dans la face.

Le film ne se contente pas non plus de glorifier l'envie de liberté d'Alex, fustiger la société de consommation et la quête d'argent. « Into the wild » montre des personnages ayant choisi de vivre isolés se retrouvant dans une impasse. Surtout à travers le personnage du grand-père, et des deux parents abandonnés par leur enfant, la mise en scène montre l'isolement comme une fausse solution, des personnages revivant en communiquant, magnifiés dès qu'ils s'ouvrent aux autres.

Cette suite de rencontres constitue à la fois la force et le (petit) point faible du film, car si le périple montre un gamin manquant d'amour et en trouvant à revendre sur son chemin, elle occulte le pouvoir de fascination des grands espaces qu'il va traverser. Je m'attendais à me retrouver beaucoup plus hypnotisé par les paysages, des ralentis sur des animaux, longs plans contemplatifs dans la neige, au sommet de canyons, etc. Certes, il y en a, mais Sean Penn n'expérimente pas assez, selon moi, dans la retranscription organique de la nature (il semble même plus fasciné par son interprète), et l'ensemble est un tantinet conventionnel. Pour finir, même si tout le monde notera sa performance, j'ai été une nouvelle fois soufflé par Emile Hirsch, animé par le feu intérieur, magnétique, aussi crédible en jeune foufou fonceur qu'en diplômé surdoué lisant dans les personnages comme dans des livres ouverts. Il était déjà excellent dans « The girl next door », faisant jeu égal avec la belle Elisha Cuthbert, et très attendu dans le prochain machin psyché des frères Wachowski, « Speed Racer ».