Bon, voilà, je vous livre mon petit top 5 des films sortis en salle en 2007 chez nous. Bien sûr, il s'agit d'un top n'incluant que des films que j'ai vus. J'aurais bien aimé voir « La nuit nous appartient » de James Gray, ou « My blueberry nights » de Wong kar Wai, par exemple, mais bon, on ne peut pas tout voir non plus. Loin de moi l'idée de décider si tel film d'auteur est meilleur que tel film de SF, ou me demander si un Cronenberg mineur vaut toujours mieux qu'un chef d'oeuvre de Joel Schumacher. Je dresse juste une liste des 5 films qui m'ont le plus emballé, le plus marqué. Ces 5 longs-métrages sont talonnés par 3 autres, qui sont « Les promesses de l'ombre » de David Cronenberg, « Exilé » de Johnnie To, et « La légende de Beowulf » de Robert Zemeckis. Personnellement, je retiendrai aussi le très nerveux « 28 semaines plus tard », le farfelu documentaire « Les rois de la glisse », la délicate « Traversée du temps », et le moins délicat « 300 ». Mais à présent, tadaaaa, voici le top 5 :

1/ « La Vengeance dans la peau » de Paul Greengrass

Bourne ultimatum

Certainement le thriller d'action de la décennie, tant son adéquation entre la forme et le propos est parfaite. Déroutant, extrêmement nerveux, le troisième épisode de la saga « Jason Bourne » conclut magistralement une trilogie d'exception, intelligente, et qui sait déménager. Sur son passage, les restes d'un autre agent secret, ridiculisé, et dont les aventures sont à présent quasiment irregardables.

2/ « Amer béton » de Michael Arias, produit par le studio 4°C

Amer béton

Touchant, extrêmement fidèle au manga de Taiyô Matsumoto, mais également pure oeuvre expérimentale. Entre le film d'arts et essai, la peinture animée, et le portrait doux amer d'un quartier qui change, cette splendide adaptation constitue la plus grosse claque d'animation de l'année, et l'un des meilleurs dessins animés que j'ai vus. Beaucoup moins médiatisé qu'un Miyazaki ou un Pixar, ce film est passé relativement inaperçu. Ne ratez pas sa prochaine sortie en DVD en février prochain.

3/ « Control » d'Anton Corbijn

Control

Le portrait humble, et pétri d'admiration du suicidé Ian Curtis, chanteur de Joy Division. Dans un très beau noir et blanc, et rythmé par une évidente bande originale qui tabasse, nous assistons à une lente plongée dans le mal être de Curtis, son épilepsie, sa lâcheté sans borne envers sa femme et son enfant.

4/ « The fountain » de Darren Aronofsky

The fountainl

Le nouveau film controversé du plus fascinant des jeunes réalisateurs expérimentaux ricains, le refus désespéré d'un homme de laisser mourir sa femme atteinte d'un cancer. Aronofsky réussit le tour de force de rendre supportable un flot ininterrompu de larmes à l'écran, à travers trois histoires, contemporaine, au temps des conquistadors, et dans un futur sublimement beau. Une mise en scène très étudiée, un florilège de plans tous plus beaux les uns que les autres, et l'excitation chez le spectateur (enfin, chez moi, je ne sais pas pour les autres) d'assister décidément à l'un des plus prometteurs débuts de carrière de l'histoire du cinéma.

5/ « 99 francs » de Ian Kounen

99Fl

Bien loin de ce que laissait présager un plan promo proche des comédies grand public, ce film très déroutant se révèle au final plus proche d'un « Fight Club » de Fincher que d'un « People » d'Onteniente. Cette charge contre les mauvaises publicités s'autorise beaucoup de libertés dans sa forme : des passages en dessin animé, de la comédie dans l'esprit des Nuls, du trip glauque. Oui, c'est une pub géante, et oui, le metteur en scène est fasciné par le milieu qu'il critique. En quoi est-ce gênant ?