A vs P Requiem

Ce film a été chroniqué en direct dans l'émission « Supplément week-end du samedi 5 janvier 2008.

Un film des frères Strause, avec Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz.

Dans une petite ville du Collorado, des aliens échappés d'un vaisseau de predators déciment la petite population. Un chasseur predator part les défourailler, tandis que les rares humains encore vivants tentent de le rester.

Facile à résumer, ce second opus. De la baston entre aliens et predators, avec un predalien au milieu, et des humains malheureux, tout juste bons à servir d'hôtes ou de dommages collatéraux. Facile aussi de faire mieux que le premier épisode réalisé par l'immonde Paul Anderson, et son éclosion d'oeufs aliens en bullet time. Ici, retour au gore : pas de chien courageux réchappant au massacre, ou de gamins miraculeusement épargnés, nous assistons pour la première fois à un bide explosé appartenant à... un petit garçon. Les femmes enceintes servent d'incubateurs en séries, la petite amie sexy se fait empaler, les têtes giclent, et ça crie dans tous les sens. Ca, c'est bien.

Du côté des monstres, c'est le grand retour des costumes enfilés par des cascadeurs pour des rendus plus physiques que des créatures puant les pixels. Le predator sort encore grandi du duel, décimant presque à lui tout seul la cohorte d'aliens cherchant à se reproduire. Les réalisateurs ont pris un malin plaisir à filmer tout l'arsenal du predator, et s'attardant sur tous les détails : ses appareils pour s'auto-soigner, son canon qui se recharge, c'est bien simple, il s'agit presque d'un film à sa seule gloire. On n'échappe pas non plus à tous les modes de vision, des jumelles à vision nocturne de l'armée, au scanner infra-rouge du predator, sa recherche par captation thermique, ou sa vision plus naturelle aux tons sepia. Tous ces petits détails font plaisir aux fans du chasseur extra-terrestre, mais ce n'est pas tout, de nombreux clins d'oeil aux deux licences parsèment le film. Le héros s'appelle Dallas, comme le personnage incarné par Tom Skerritt. Le générique laisse apparaître le lettrage allongé de ALIEN, mais composé du mystérieux alphabet du predator. Les deux thèmes principaux rythment les apparitions des monstres, les percussions au djembé pour le predator et l'envolée orchestrale du quatrième « Alien ».

Les metteurs en scène réussissent à illustrer la progression dans l'espace des deux races extra-terrestres, via des plans d'hélicoptères au-dessus de la forêt bordant la petite ville, pour finir sur des plans plus horizontaux des usines et couloirs. Cependant, le film est plombé par des combats à la limite de la compréhension. Le plus souvent filmées dans des couloirs sombres, les duels entre créatures sont plutôt brouillons et il est parfois impossible de discerner qui est où. Leur manière de bouger est trop proche, et les trouvailles imaginées par les réalisateurs successifs des « Aliens » sont mystérieusement abandonnées (électro-cardiogrammes, radars minimalistes, encerclements dans les tunnels).

Ah, je viens de remarquer que l'excellent El Pibe avait livré une analyse assez similaire. Je suis d'accord, rien de tel que commencer une nouvelle année par une bonne daube.