« La légende de Beowulf »
Par Thomas Berthelon le dimanche, décembre 9 2007, 23:17 - Visionnages - Lien permanent
Heroic Fantasy couillue.

Un film de Robert Zemeckis, avec Ray Winstone, Anthony Hopkins, John Malkovitch, Brendan Gleeson, Angelina Jolie.
Dans l'ancien temps, au Danemark, le château du roi Hrothgar est régulièrement attaqué par le terrible Grendel, immonde créature vivant dans une grotte. Devant le carnage, le roi déclare qu'il offrira sa fortune et la gloire à celui qui le débarrassera de la créature. Et là, surgit le viking Beowulf, venu de la mer.
A l'origine, il s'agit d'un poème du VIIIème siècle, transmis oralement, puis consigné par écrit au XIème siècle par des moines copistes. Lorsqu'on parcourt ce poème, il est difficile d'y déceler un quelconque intérêt après avoir vu le film, tant le métrage de Zemeckis se révèle plus complet et plus riche. Ce décalage est du au travail d'adaptation des scénaristes Neil Gaiman et Roger Avary, qui ont brodé à partir de ce que l'on sait du mythe originel, passant outre la probable édulcoration des moines. Le film est une fable sur l'avidité, le goût du pouvoir et son usure, symbolisée par un objet doré mystérieux, et il y est question d'un être mi-homme mi-bête pathétique. Oui, vous aurez reconnu certains éléments présents dans « Le seigneur des anneaux », Tolkien étant connu pour être l'un des plus célèbres spécialistes du mythe de Beowulf, et lui a d'ailleurs rendu hommage à travers le peuple du Rohan et Gollum.
Comme sur « Le Pôle Express », Zemeckis a utilisé la performance capture pour « Le légende de Beowulf », une technique obligeant les comédiens à jouer bardés de capteurs, leurs gestes étant ensuite reproduits en 3D photoréaliste. Cette technique, si elle demande un certain effort pour adhérer à son rendu particulier, offre cependant une liberté infinie dans la mise en scène, comme une caméra suivant au ras du sol un cheval galopant sur un pont en flammes, un mouvement aérien synchronisé sur des personnages navigant dans des vagues de 10 mètres, ou encore une envolée du point de vue des pattes d'un rapace tenant un rongeur.
Nous assistons à un retour de la burne avec un grand B. Oubliez les tafioles à la Néo, ne transpirant jamais, toujours impeccables, yuenwoopinguisées par des copycats de chorégraphes hong kongais. Les héros métrosexuels, finis ! Accueillez avec la banane les bourrins, qui cassent des bras en buvant le vin, à moitié à poil, et culbutant à droite à gauche. Même les Aragorn et Boromir de chez Peter Jackson peuvent se rhabiller. Ca bastonne pour la gloire, les femmes, et l'or. On ne déconne pas avec l'honneur, les hommes ne combattant pas sont vils et leur répartie pitoyable. Bref, il ne s'agit bien évidemment pas du « Beowulf » avec Totophe Lambert. Toutefois, il y eut une autre adaptation, « Beowulf et Grendel », téléfilm anglo-canadien avec le Lars Von Trieriste Stellan Skarsgard et un certain ... Gerard Butler, Leonidas dans « 300 » ! On y revient. Il y a donc de la couille, mais aussi du gore. Si les combats contre des dragons avaient existé, ils se seraient certainement passés comme dans le Zemeckis, et pas à la Disney, une main derrière le dos et la lame fraîche et joyeuse. Dans « La légende de Beowulf », le dragon est lourd, les monstres font mal et ne donnent pas envie de rire. Ils provoquent le malaise plutôt. Jamais des bastons de Fantasy n'avaient été montrées de cette façon, âmes sensibles blablabla, c'est du carnage trashos.
Comme je l'ai dit, il y a de la couille, du gore, mais aussi un peu de cul. Angelina Jolie en sorcière aguicheuse, il faut avouer que cela fonctionne à la perfection. Habituée du rôle depuis « Alexandre » d'Oliver Stone (déjà, une mère démoniaque à l'accent exotique), la Jolie offre à son personnage ses courbes parfaites, magnifiée, le temps d'une scène de drague assez marquante, par une mise en scène usant à fond de la métaphore autour de l'épée de l'aguiché.
Un film qui mériterait d'entrer dans le Valhalla.

Commentaires
<cite>"On ne déconne pas avec l'honneur, les hommes ne combattant pas sont vils et leur répartie pitoyable. "</cite>
La ruse c'est pour les lâches. Si je fais la ruse, Krom se rira de moi et me jettera hors du Valahalla
ho ben c'est rigolo ça, ton formulaire de comm' accepte les balises html en live preview mais pas au post
grmbl