Les rois de la glisse

Un film d'animation de Ash Brannon et Chris Buck. Produit par Sony Pictures Animation.

Cody Maverick, jeune pingouin habitant la banquise, est passionné de surf et surtout du grand Big Z, disparu au cours d'une compétition contre son redoutable rival Tank. Sélectionné pour participer au championnat du monde sur l'île de Pin Goo, Cody sympathise avec Chicken Joe, un coq surfeur, la sauveteuse Lani, et le sympathique Geek.

Ce film est rafraîchissant comme une vague de 4 mètres. Gentillet, se moqueront certains, je dirais plutôt que c'est un film qui donne furieusement envie de surfer et de s'éclater (la gueule). Certes, le film ne brille pas par son originalité scénaristique (la trame, les personnages, et le message sont un copié collé de ceux de « Cars »), mais propose une tripotée de petits détails rigolos comme des mimiques, des gags, ou un parti pris de narration absolument hilarants. Les animateurs se sont visiblement éclatés à exploiter à fond les looks attachants des pingouins, leur faciès, leur démarche, pour trouver à chaque fois le côté cromeugnon qui remporte l'adhésion. La bouée de Lani est ainsi un calamar aux yeux vifs, dont il est évidemment impossible de détacher les yeux durant les scènes de dialogue.

Le parti pris le plus significatif est le choix de raconter l'histoire selon le principe du reportage, avec successions d'interviews et scènes filmées à l'épaule. Même si le concept aurait pu être poussé encore plus loin (étonnement de l'équipe de tournage devant certaines révélations, une caméra plus souvent bousculée, un pied micro trop loin pour entendre ce que disent parfois les personnages, etc), le principe réserve quand même quelques moments bien rigolos (à ce propos, restez après le générique de fin, les interviews continuent). Petite curiosité pour les spectateurs français, la voix de Nelson - "Mets le son moins fort" - Monfort ; étonnamment, la mayonnaise prend beaucoup moins que lorsque le commentateur se lâche devant le patinage artistique. Dans « Les rois de la glisse », il est bridé par les lignes du scénario et la copie impressionne forcément moins que l'original.

Mais la vraie claque, c'est bien entendu le rendu des vagues. Jamais nous n'avions eu à ce point l'impression d'être plongé à l'intérieur des rouleaux. Grâce à un réalisme absolument renversant, les metteurs en scène se permettent donc toutes les libertés et offrent une palette de points de vue très variées, car outre les plans traditionnels filmés par un nageur près de l'action ou à la longue focale, la caméra se déplace également à l'intérieur du rouleau, frôlant le surfeur, ou proposant des extraordinaires plans subjectifs de son propre point de vue. De purs moments de magie cinématographique, aussi saisissants qu'un documentaire, encore plus fort que « Point Break ».