28 semaines plus tard

Un film de Juan Carlos Fresnadillo, avec Robert Carlyle, Harold Perrineau, Catherine McCormack, Rose Byrne.

Don (le toujours éblouissant Robert Carlyle) est un des survivants de l'épidémie qui a transformé les londoniens en zombies hystériques. Pour cela, il a dû abandonner sa femme aux morsures des infectés. Depuis que le virus a été maîtrisé, les londoniens tentent de reconstruire le pays, sous les ordres des forces armées américaines. Mais alors que les filles de Don le rejoignent, leur mère est miraculeusement retrouvée vivante. Que va-t-il se passer, alors que le virus est définitivement maîtrisé et qu'il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant ??

Du sanguinolent, des morts innocents, de poursuites speeds, ce second épisode est tendu comme un slip et nous gicle à la gueule comme une cervelle infectée. Je n'avais pas été très fan du « 28 jours plus tard » de Danny Boyle, mais celui-ci est une vraie claque. Nous sommes pris à la gorge dès le premier quart d'heure, flashback à l'époque des aventures du premier film, où Don se tire indemne d'une attaque d'infectés et est coursé dans la campagne dans un magistral plan aérien. Une séquence brutale et dotée d'un véritable souffle épique. Tout le monde court, l'attaque de la maison est un cas d'école de tension hystérique, et devrait être vue par nombre de cinéastes pour son énergie impressionnante, à l'asiatique.

Suite à cette redoutable entrée en matière, la tension retombe avec un bond dans le temps, à travers une succession de panneaux explicatifs établissant la chronologie entre les deux épisodes. Nous retrouvons Don accueillant ses deux filles, cachant à son entourage son implication dans la mort de sa femme. Un moment d'accalmie qu'on devine bref, mais qui malgré tout est tout sauf ennuyeux. En effet, la mise en scène s'attache à situer géographiquement des décors qui deviendront le théâtre de la renaissance du virus, par une visite guidée de Don, devenu le responsable de l'immeuble abritant les réfugiés. L'exposition avant la contamination. Mais rassurez-vous, la partie bestiale arrive ; les premiers contaminés grognant, plus rien ne nous est épargné : des yeux explosés par des pouces, un personnage trucidé à grands coups de crosse de fusil montré en vue subjective de l'arme, militaire cramé au napalm, innocents se faisant éclater la cervelle, la baston contre les zombies n'est pas propre, et ça asperge. Nous éprouvons même un plaisir sadique à voir crever des pauvres passants dans un First Person Shooter live. Les séquences montrant les zombies sont retraitées graphiquement mais dans le but d'apporter une nervosité et une clarté supplémentaire, sans tomber dans le branchouille. Certaines scènes sont même filmées par une caméra fixée sur l'épaule des comédiens.

Du bon gros défourraillage qui tâche, éprouvant, nerveux, et extrêmement gore. Une excellente série B brillante, un exercice de style particulièrement saisissant, malgré quelques invraisemblances de scénario.