Dr. Wong en Amérique

Un film de Sammo Hung, avec Jet Li, Rosamund Kwan, Hung Yan-Yan. Disponible en DVD chez HK vidéo.

En route pour visiter la clinique "Po Chi Lam" que vient d'ouvrir un de ses disciples au Texas, Wong Fei-Hung, sa fiancée Tante Yee et Pied-Bot sont attaqués par des Indiens. Victime d'un choc à la tête, maître Wong perd la mémoire et est adopté par une tribu, tandis que les deux autres portent secours à la communauté chinoise, persécutée par des hors-la-loi.

Ce sixième épisode persiste dans la veine comique amorcée dans le précédent, « Dr. Wong et les pirates ». Réalisé cette fois-ci par Sammo Hung (« Le flic de Shanghaï »), le nouvel opus propulse le docteur Wong en plein Far West. Oubliez les oeuvres de Sergio Leone, le regard Hong-Kongais sur le genre oscille allègrement entre le ridicule abyssal et la fraîche réinvention. Sans pour autant renouveler le genre ou proposer une approche révolutionnaire (il ne faut pas non plus exagérer), « Dr. Wong en Amérique » a le mérite de de livrer certaines scènes encore jamais vues : le grand méchant du film, lors de sa première apparition, chie dans les bois avant de zigouiller un loup avec son éperon (!!). Au même moment, maître Wong est recueilli par les Indiens, un épisode rappelant « La grande traversée d'Astérix », où Obélix jouait un rôle similaire. Démontrant toute sa maîtrise du kung fu, le docteur, amnésique, va rapidement être adopté et se retrouver fiancé à la fille du chef. Cela fait quand même mal au coeur de constater à quel point la série « Il était une fois en Chine », initiée de si belle manière avec les deux excellents premiers épisodes, se retrouve à ce point emberlificoté dans un tel n'importe quoi.

Côté baston, pas grand chose à se mettre sous la dent, à part un combat entre Wong et son disciple Pied-Bot, destiné à lui faire recouvrer la mémoire, et qui montre à nouveau toute l'étendue du talent de Hung Yan-Yan (le méchant mémorable de « The blade ») et Jet Li. Le bad guy du film, quant à lui, est l'étendard d'un casting mal foutu, ou chaque acteur occidental semble avoir été choisi en fonction de son absence de charisme. Visiblement incapable d'une quelconque prouesse martiale, il précipite le combat final dans une caricature de duel proche des plus beaux ratages hollywoodiens, comme « The one » ou « L'arme fatale 4 ». Et que dire du side-kick blondinet perruqué, prémisse de l'Owen Wilson de « Shanghaï Kid », volant presque la vedette à Jet Li lors de scènes comiques n'ayant plus rien à voir avec les débuts de la saga, politiques, épiques, et violents.

Un ultime épisode (pour l'instant) valant toutefois le détour pour cette propension des Hong-Kongais à exploser toutes les barrières du bon-goût et du ridicule. Un film finalement plus proches des vieux longs-métrages consacrés à Wong Fei-Hung, que de la relecture moderne initiée par Tsui Hark au début des années 90.