Die hard 4

Un film de Len Wiseman, avec Bruce Willis, Justin Long, Maggie Q, Timothy Olyphant.

Des cyber-terroristes plongent les Etats-Unis dans la panique en manipulant leur réseau informatique. Chargé de la protection d'un hacker, John McClane ne va pas rester sans rien faire...

Ce quatrième épisode est placé sous le signe de la répétition. En effet, la saga de McClane est clairement portée à bout de bras par le grand McTiernan, réalisateur du précurseur « Piège de cristal » (1988), et du troisième opus, le monumental « Une journée en enfer » (1995). Dans le premier film il invente un genre à lui tout seul, le "seul contre tous", merveille de mise en scène en huis clos. Le troisième film lui servant de gigantesque défouloir expérimental, où le bonhomme se complaît avec brio à casser les règles établies dans le premier. Une intrigue à l'échelle d'une ville entière, une ultraviolence décalée, tout ce qui est visible à l'écran est explosable, le héros n'est plus seul. Ainsi, McTiernan place-t-il la saga sur des nouveaux chemins devenant à leur tour des balises à suivre pour les épisodes suivants. Le deuxième épisode, « 58 minutes pour vivre » (Renny Harlin, 1990), simple transposition dans un aéroport enneigé du Nakatomi Plaza de McTiernan, s'en sort bien en déclinant sagement les recettes du premier, et donc, ce nouveau film, « Retour en enfer » est réalisé par Len Wiseman, monsieur Kate Beckinsale, et metteur en scène des « Underworld ». Miroir parfait, Renny Harlin et lui sont deux réalisateurs venus du genre horreur/fantastique. On croirait reconnaître d'ailleurs l'univers esthétique dessaturé des « Underworld » dans les premières images du « Die Hard », bleutées et contrastées pour peindre l'univers des férus informatiques. Mais encore une fois, c'est bel et bien du côté d' « Une journée en enfer » qu'il faut plutôt regarder : embouteillages causés par la panique, explosions dans New York, sidekick rigolo (issu de la communauté informatique, après Zeus issu du Bronx) que McClane doit se coltiner, copine perverse du boss, etc. Vous aussi, amusez-vous à noter les similitudes entre le 3 et le 4, c'est très amusant.

C'est bien joli, nous avons noté qu'il y avait McTiernan et les suiveurs, mais « Retour en enfer » est-il est un bon film ? Et surtout, retrouve-ton notre flic malchanceux préféré ? La réponse est oui ! C'est bel et bien John McClane. Bougon, parlant tout seul, salement amoché après trois quarts d'heure de métrage, mais toujours debout et increvable, brutal, allergique à la technologie, aussi peu doué dans ses relations familiales (sa fille Lucy remplace son ex-femme, Holly, mais le rapport demeure inchangé : elle le renie, mais face au danger, elle sait qui appeler). Il a quitté le marcel, mais trouve toujours les solutions les plus farfelues pour expédier ad-patres les terroristes quand son chargeur est vide. Pour témoin, une des meilleures répliques du film, au téléphone avec le bad guy : "Eh, ducon, tu cherches ta copine, je crois que la dernière fois que je l'ai vue, elle était éclatée en bas d'une cage d'ascenseur avec une fourgonnette carée dans le cul !"

Niveau mise en scène, même si on reconnaît la patte d'un jeune ayant tendance à surdécouper ses scènes (sur ce point par contre, le film s'éloigne du style McTiernan du 3, et ses plans séquences à l'épaule), les scènes d'action ont le mérite de déménager. Un petit défaut de cohérence dû à une volonté de taper dans le plus d'univers possibles (pyrotechnie classique, kung fu, acrobaties du héros de « Banlieue 13 » Cyril Raffaelli) ne dérange pas tant que cela, mais son absence aurait rendu ce film encore plus brut et sans artifice. C'est finalement cette petite touche hétérogène qui gêne : une séquence d'humour qui dure trop longtemps (le démarrage de la voiture), des hommes de main plus intéressants que le boss lui-même, assez fadasse (dur de succéder aux frères Gruber), et une énorme scène avec Kevin Smith en gourou informatique, délicieusement tournée pour les geeks et très drôle, mais terriblement éloignée de l'intrigue et décalée.

Mais ne boudons pas notre plaisir : du bourrinage de très bonne facture, un personnage attachant absent des écrans depuis douze ans, une scène de poursuite dantesque entre un camion poids-lourds et un avion de combat (!), Yipee-Ki-Yay !