Pirates des Caraïbes 3

Un film de Gore Verbinski, avec Johnny Depp, Keira Knightley, Orlando Bloom, Chow Yun Fat, Geoffrey Rush.

Afin de convoquer la Guilde des pirates pour lutter contre l'empire, Elizabeth et William doivent récupérer Jack Sparrow, perdu aux limites du monde. Mais l'ennemi devient chaque jour plus fort, surtout depuis que David Jones a rejoint l'armada adverse...

Rarement un film de 2h50 aura tenu sur un script aussi mince. C'est assez intéressant en soi, car la structure du scénario rappelle « Le retour du Jedi » : le pirate-contrebandier à sauver, les intrigues parallèles avec séparation des protagonistes, le duo de comiques prenant une part importante à l'action... Il est évident que l'équipe de la franchise de Disney a clairement voulu immortaliser cette trilogie en lui apportant un souffle épique et en en faisant une grande saga familiale et incontournable. Mais cet épisode pêche par un défaut de rythme assez flagrant. C'est bien simple, je me suis vraiment ennuyé. Malgré une ouverture plaçant le métrage sur une voie sombre et morbide, la suite vire franchement au joyeux bordel. Une avalanche de rebondissements plutôt répétitifs et attendus, où les personnages changent de bateau comme de chemises, et où l'équilibre des rôles est plutôt raté. A part Sparrow et Barbossa, le reste est fadasse. Le personnage de Will Turner apparaît presque antipathique, Elizabeth est jouée par une Keira Knightley énervante et ne possédant que deux expressions, l'une consistant à entrouvrir les lèvres pour faire sensuelle, et l'autre à lever le menton pour faire la chef. Le personnage de Chow Yun Fat, objet de toutes les attentes, disparaît lamentablement au bout d'un quart d'heure, et je dois avouer que sa performance ne restera pas dans les annales, vu que le grand Chow aura passé le plus clair de son temps à plisser les yeux nerveusement.

Mais avec Geoffrey Rush, c'est bel et bien Johnny Depp qui sauve l'intérêt de ce troisième opus. Toutes les scènes bénéficiant de sa présence sont un festival de trouvailles de réalisation et de scènettes réjouissantes, avec pour commencer, une énorme séquence dans le désert avec des crabes, puis des passages de comédie fantastique où Jack a le ciboulot qui débloque et frise la schizophrénie, prétexte à des effets spéciaux à l'ancienne mais toujours très drôles. Outre le casting, il y a aussi de bonnes idées scénaristiques, comme cette plongée de l'intérieur dans le franchissement de l'horizon par le Black Pearl. Il est donc tout à fait dommage que ces heureux passages soient tempérés par un trop plein de séquences à effets spéciaux, dont le point d'orgue est cette énorme bataille finale, impressionnante et prenante, mais définitivement trop longue. Et que dire de ces gros plans du visage de l'enfoiré en chef parfaitement inutiles, tant l'acteur a le charisme d'un fromage blanc.

L'impression qui perdure après ce visionnage est d'avoir assisté à du grand n'importe quoi, plombé par un rythme décousu et une absence de demi-mesure fatigante, malgré quelques passages réjouissants. Une bonne trilogie ne se construit pas seulement sur un personnage intéressant, c'est plutôt un rare mélange d'ingrédients issus de plusieurs genres, soutenu par un scénario inventif et surprenant.