Highlander the source

Un film de Brett Leonard, avec Adrian Paul, Peter Wingfield. Vu en VO sans sous-titre, dans un pré-montage extrait d'un DVD russe (!!)

Dans un futur proche, un alignement de planètes super rare est sur le point de se produire. Les immortels sont à la recherche de la Source, à l'origine de leur pouvoir et susceptible de le décupler. Celle-ci est protégée par un gardien aux pouvoirs considérables, qu'il faudra pourtant vaincre.

Depuis le film originel de Russell Mulcahy (« Highlander », 1986), la franchise a pris des tournures diverses et variées : des suites cinéma toutes plus pathétiques les unes que les autres, une série animée frôlant le hors sujet, une série TV live excellente, et un film d'animation japonais en préparation. Les pinailleurs parleront aussi d'une comédie musicale, mais la décence me pousse à rester dans le descriptible. « Highlander : the source » se situe dans la mouvance de la série TV, dont le héros, Duncan McLeod, est le cousin de Connor (Christophe Lambert). Série qui a déjà donné lieu à une adaptation cinéma (« Highlander endgame », Douglas Aarniokoski, 2000) assez lamentable, dont certaines scènes censées faire pleurer (la mort de Connor) atteignaient un ridicule insoupçonnable pour qui cherche un peu de dignité à des personnages expédiant les schtroumpfs au rang de sommet de charisme.

La théorie de mon confrère Emmanuel Andral semble se confirmer, stipulant que les deux trilogies (cela fait bizarre de parler en ces termes, car 1/ je suis en train de réaliser que cette saga va comporter six épisodes, pauvres de nous, et 2/ la comparaison avec une autre double-trilogie célèbre n'est pas équilibrée) constituent une sorte de miroir, dont les vortex de nanardises sont atteints avec « Highlander, le retour » et « Highlander : the source », justement, qui nous intéresse ici. A partir de maintenant, tout ce que je pourrai dire pourra être retenu contre ce pauvre film qui n'a décidément rien pour lui : un début post-apocalyptique présentant un Duncan se demandant bien comment il a pu re-signer pour un autre opus, complètement perdu, et dont les deux tics d'acteur dans ce film seront de hausser les sourcils pour faire paumé, et froncer les sourcils pour faire concentré dans les combats. Un début raté, donc, mais ce n'est rien comparé avec la scène présentant nos amis immortels : un religieux coiffé comme un David Bowie période années 80, observant impuissant un confrère promis à la décapitation, pourchassé par le fameux gardien. Celui-ci, looké comme un improbable personnage de jeu de baston, torse nu, et à la conversation aussi recherchée qu'un Jar Jar Binks sous cocaïne, a le pouvoir de se déplacer en tournoyant sur lui-même (!), donc court super vite mais fait vite penser à un télétubbie.

Il est assez difficile de rendre compte de la stupidité abyssale de cette daube, compte tenu de l'excellent niveau atteint par la série, et dont les personnages récurrents sont pourtant tous là. Une absence totale d'ambition scénaristique, une direction d'acteur inexistante, et un intérêt proche d'une énième suite des « American Ninja contre Miss Karaté » finissent presque par achever cette pauvre merde. Je dis bien "presque", car la grande scène qui achève ce comble de crétinerie, c'est le duel final entre Duncan et le Gardien, qui non contents de faire mine de se bastonner la gueule dans une parodie de combat au sabre aussi intense qu'un générique de « Derrick » post-pub pour une assurance retraites, se tirent la bourre en s'envoyant des mini tornades dans la tronche dans un fight évoquant une partie de « Fatal Fury » période 1992.

Le final

Et je ne parle même pas du guerrier obèse bloqué dans la roche, des vandales cannibales, et surtout, du plan final. Aaaah, ce plan du foetus diaphane, Leonard a du lire pendant le tournage un livre sur Kubrick qu'on lui aurait offert, et aurait miraculeusement trouvé la soluce pour réaliser un film d'auteur : terminer par un foetus. Ben voyons !

(Lire aussi la chronique de Canopie sur la saga "Highlander").