Ghost rider

Un film de Mark Steven Johnson, avec Nicolas Cage, Eva Mendes, Sam Elliott, Peter Fonda.

Après avoir conclu un pacte avec le diable, le motard cascadeur Johnny Blaze se transforme la nuit tombée en squelette enflammé. Il va devoir traquer Black Heart et ses trois sbires avant qu'ils ne récupèrent un contrat maudit et ne s'emparent de centaines d'âmes déchues.

Toute tentative de chercher un minimum de cohérence à cette daube, disons-le d'emblée, est vouée à l'échec. Le peu de neuronnes encore en éveil chez les spectateurs, qui s'attendaient encore à un semblant d'histoire et de personnages consistants, sont tout bonnement carbonisés dés l'apparition des bad guys. Les quatre andouilles faisant office de mal incarné sont tellement pathétiques qu'il est réellement difficile de souhaiter que le héros leur pète la gueule : "Pourvu qu'ils disparaissent dès le premier quart d'heure, et qu'on hérite du vrai méchant, pitié !" Eh bien ... non ! Le méchant répond au doux nom de Black Heart, a autant de charisme qu'une bouche d'égoût enduite de mascara pour faire plus gothique, plombé par un jeu d'acteur rivalisant avec ceux outrés et effroyablement grotesques des Dracula de « Van Hellsing » et « Blade trinity ».

Les scènes d'action, pourtant principal intérêt de ce genre de production (le seul truc à ne pas rater, mais c'est raté) sont bâclées et ont l'air d'avoir été élaborées par un stagiaire découvrant dans la même journée le montage clippé, la pyrotechnie, ... et la caméra. Le ghost rider transformé fait surtout penser au joueur de tennis de l'antre de la bête (« Les 12 travaux d'Astérix »), et ses combats sont tellement mous et statiques qu'on croirait le budget des cascades englouti par les figures de moto dans le cirque. Le pompon est atteint quand, non content de s'être fait squelettiser le corps par Méphisto à l'insu de son plein gré, le pauvre Johnny Blaze se découvre un pote : un cowboy à cheval, enflammé. Lorsqu'ils parcourent ensemble le désert, on croirait Bip Bip et Coyotte arrosés à l'essence ! Au final, les principaux faits d'armes du Rider auront été de cramer des voitures sur son passage (plus fort que les émeutes, le Johnny !), descendre un immeuble à la verticale (super, ça valait le coup de s'associer au diable pour ça...) et cramer un méchant constitué d'eau... dans un lac (!!!)

Il y avait pourtant des bonnes idées, comme celle de convoquer un Peter Fonda échappé d'« Easy Rider » dans le rôle de Méphisto. Le pauvre fait ce qu'il peut, mais le montage à base de flashes, micro-plans pour faire stylé, et plans du ciel en accéléré pour faire inquiétant, finissent de saboter ce qui a failli devenir le seul méchant crédible du film. Restent les deux point forts : les scènes de comédie, assez réussies, pour la plupart dues au sens de la comédie de Cage, et le corps à se damner d'Eva Mendes (Roxanne). C'est bien simple, le cahier des charges de la costumière a semblé décider que chaque nouvelle tenue offrirait un décolleté encore plus pigeonnant au personnage. Décision louable et pas désagréable. Personnellement, le seul bon souvenir que je garderai de cette énième adaptation ratée de comic book. Rassurons-nous, les 4 Fantastiques reviennent bientôt ! (qui a dit "au secours" ??)