Poseidon

Un film de Wolfgang Petersen, avec Kurt Russell, Richard Dreyfus, Josh Lucas, Emmy Rossum.

Une pléiade de riches et flambeurs s'apprête à fêter le Nouvel An à bord du gros paquebot « Poseidon ». Mais une vague déferlante va retourner tout ce beau monde, et une poignée de survivants va s'entraider pour se frayer un passage hors du bateau. Qui va crever ? Qui va s'en sortir ?

ATTENTION, GROS SPOILER !!!

Le principe des films catastrophes consiste à ce que les spectateurs prennent les paris sur l'identité des survivants, et ce par un processus d'identification passant par une exposition des principaux protagonistes avant le drame. Lui, c'est le sportif balèze, elle, c'est la fille pleurnicharde, généralement il y a aussi un chien. Dans « Poseidon », la minorité représentée dans le groupe des survivants, c'est l'homosexuel (Richard Dreyfus), prêt à se suicider au début du film, lorsqu'arrive la fameuse vague ("Oh ! Ah ! que les effets spéciaux sont réussis !! Oui mais le scénar... Mais qu'ils sont bien foutus, ces effets spéciaux !!! Mouais mais les act... Regarde les effets spéciaux, on te dit !!!!!!"). C'est là que les premiers rires sont étouffés : dans « Titanic » (car « Poseidon » est le parent pauvre du films de Cameron) le scénario prenait bien le temps de planter le décor, histoire de dire au spectateur : "oulala, regardez comme le capitaine est imprudent, il ne devrait pas accélérer alors qu'il est dans une zone d'icebergs ! Il devrait quand même se méfier, non ?!??!!" Ici, c'est le capitaine qui, en plein débouchage de champagne, alerte ses hommes : "Vous avez entendu ? Prenons les jumelles... Oh !! Un Tsunami !!! Et là, c'est le drame. Dreyfus se dit que quitte à crever, autant profiter du film pour montrer qu'il n'est pas l'acteur que de Spielberg, et tout ce qui peut se casser est écrabouillé par les effets de la marée dévastatrice : "Regarde bien, petit spectateur, tout les couloirs que tu vois là, les survivants vont devoir y passer pour sortir !!"

Car c'est bien connu, tout ce qui ne manifeste pas le désir de s'en sortir par tous les moyens va crever de toute façon. Donc, exit les noirs et les vieux. Parmi les survivants, on a un ancien pompier/maire de New York, un ancien sous-marinier, des nanas en tenue de soirée (pour les décolletés), un gamin (on sait très bien qu'il ne va pas crever, malgré ce que veulent nous faire croire des ficelles de scénario tellement usées que même l'équipe de « Highlander 5 » n'en a pas voulu), et un flambeur égocentrique (tiens tiens, il ne va pas survivre longtemps, lui...gagné !). Les situations sont vues et revues (passages de conduits d'aération avec l'eau qui monte, toujours au niveau du cou du dernier de la file indienne, câbles crachant des étincelles, vannes à desserrer (coincées évidemment), la fille claustrophobe, l'idylle naissante entre le beau gosse et la fille canon, le gamin qui va se perdre dans les couloirs juste quand il faut courir se mettre à l'abri...). Si les scénaristes osent tuer une des jolies nanas (cette cruche trouve le moyen de se coincer les cheveux dans des crochets pendant une longue nage en apnée), ils touchent le fond quand il s'agit de sacrifier quelqu'un pour actionner un mécanisme permettant d'ouvrir une porte (l'absence de commande à distance est une grosse astuce de fin dans pas mal de films catastrophes : « Armageddon », « Space Cowboys »...). Comme par hasard, le DVD du film de foreurs astronautes avec Bruce Willis a bien tourné car « Poseidon » fait mourir le papa de la fifille qui veut se marier avec le gendre sur le point de se sacrifier juste avant lui !

Déjà réalisateur du « Bateau » et de « En pleine tempête », Petersen est l'"autre" metteur en scène de films aquatiques . Mais c'est plutôt le réalisateur de la bouse « Troie » que l'on retrouve ici. Il nous livre un film catastroph(iqu)e, et heureusement car une Fête du Cinéma sans grosse bouse hollywoodienne, ce n'est pas la Fête du Cinéma.