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Visionnages › Daubes

Des films de merde, grosses bouses, métrages prétentieux, gros machins sans âmes ou petits films fauchés trop référencés et sur-estimés... Tout en gardant à l'esprit que le plus mauvais des réalisateurs vaudra toujours bien mieux que le meilleur des critiques.

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lundi, octobre 10 2011 09:20

« Kill Bobby Z »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 17 septembre 2011.

Un film de John Herzfeld, avec Paul Walker, Laurence Fishburne, Olivia Wilde, Jason Flemyng, Joaquim de Almeida, Keith Carradine. Disponible en DVD chez Metropolitan.

Tim Kearney est un ancien marine, devenu petite frappe souffre-douleur en prison. L'agent fédéral Gruzsa lui propose de se faire passer pour un légendaire trafiquant de drogue mort dont il est le sosie, afin de récupérer un vieil ami retenu en otage. Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Dans la série des films ne cassant pas des briques mais flirtant avec la catégorie "navets" (après réflexion, oui, on peut dire que c'est un navet...), ce « Kill Bobby Z » a logiquement sa place. Dans la droite lignée des joyeux bazars mêlant trafiquants mexicains, femmes fatales, gangs de bikers, flics ripoux, tout cela dans le désert aride et agrémenté de bonnes vieilles valises poussiéreuses remplies de dollars sales, ce métrage est à voir entre potes, une bière à la main. Des acteurs habitués à ce genre de thrillers loufoques (Joaquim de Almeida en énième truand, Paul Walker endossant encore le jean délavé du bourlingueur décontracté), un Fishburne nous confirmant que la saga « Matrix » était bien l'arbre qui cachait la forêt de séries B nazes, et la magnifique Olivia - Numéro 13 - Wilde pour affoler tous ces mâles), tous les ingrédients sont réunis pour satisfaire les amateurs de cinéma décomplexé.

Sorti directement en vidéo chez nous, « Kill Bobby Z » ne restera pas dans les annales mais réserve quelques moments plutôt drôles. Bon là, en fait, je cherche une scène en particulier mais je ne trouve rien qui, sorti du contexte, fasse rire.

Difficile de dire qu'on passe une mauvaise soirée, ce serait plutôt le contraire, mais par manque d'ambition, de vraie mise en scène, de testostérone suffisamment appuyée, de personnages marquants et avant tout de bonnes grosses scènes qui cassent la baraque, cette petite tachounette en roue libre ne brillant dans rien en particulier fait le métier, comme on dit. Mais c'est du tièdasse. A noter que le titre en VO (« The death and life of Bobby Z ») parle plus que la version... "française" anglicisée.

Non, en fait, malgré toute la bonne volonté du monde, je me suis quand même ennuyé, je m'attendais à du crétin, mais le film n'est pas assez con pour être rigolo, ni assez sérieux pour sortir du lot. Tout simplement à oublier.

vendredi, octobre 7 2011 14:26

« Assault Girls »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 6 août 2011.

Un film de Mamoru Oshii, avec Rinko Kikuchi, Hinako Saeki, Meisa Kuroki. Disponible en DVD chez M6 Vidéo.

Le monde est au bord de l'implosion, les sociétés et les systèmes économiques piétinent et peinent à évoluer, les conflits d'un genre nouveau éclatent aux quatre coins de la planète. Mais le salut peut provenir du virtuel, territoire où les connaissances sont mises en commun, où les individualités se fondent pour mieux se défouler dans un univers belliqueux calqué sur le réel : ce jeu à grande échelle s'appelle... Avalon.

Dans son extension Avalon(f), 4 super joueurs, Gray, Lucifer, le Colonel, et Jager, errent dans un désert sans fin à la chasse aux vers géants des sables.

Nouvelle incursion du réalisateur Mamoru Oshii dans le film live, après « Avalon » tourné en Pologne. Ici, les langues parlées sont l'anglais (la langue officielle du jeu) et le japonais. Ce film assez court (70 minutes) est le prolongement de deux courts-métrages que le réalisateur de « Ghost in the Shell » avait mis en scène, pour la chaîne de restaurant KFC. Il reprend ici la thématique des femmes guerrières, tout en bricolant une histoire autour.

Le film s'ouvre sur une voix off présentant la situation géo-politique (ce passage est d'ailleurs passionnant) à base d'images d'archives et de photos en noir et blanc. Ensuite, nous passons à une imagerie informatique (des écrans et indicateurs lumineux, des cibles mouvantes, des radars), rappelant l'introduction de ses précédents films (impossibilité de se renouveler ou auto-citation nombriliste ?), puis une mise en situtation de ses protagonistes dans une esthétique plus ou moins travaillée, rappelant les grandes heures du cinéma post-apocalyptique et des films minimalistes d'auteurs.

A cet instant, l'impression mitigée laissée par les quelques échos que j'avais pu lire sur internet laissent place à une bonne surprise : du désert, une image dessaturée mais relativement sobre, des personnages en haillons traquant des ennemis imaginaires, une absence de parole. On se croirait dans le « Vahlalla Rising » de Nicolas Winding Refn. Je me dis naïvement que les précédents errements d'Oshii avec le très hermétique « Tachiguishi Retsuden » et l'en-deça « Sky Crawlers » sont loin derrière, et que cette nouvelle livraison va frapper un grand coup.

Eh bien non...

Le principal moment de bravoure résonne encore comme un "tout ça pour ça" encore très en-dessous de la réalité, les actrices ne sont que des top models prenant la pose, et l'élément comique peine à apporter une humanité à un ensemble vide, n'ayant rien à raconter (le goût d'Oshii pour la description de situations géo-politiques trouve une résonance avec le discours sur la création des partis, asséné au marteau-piqueur), et aux effets spéciaux tellement laids et peu soignés (mais prends des cours de typos, enfin...) que l'impression générale après le visionnage d'« Assault Girls » est le mot "Arnaque".

Oshii n'est plus que l'ombre de lui-même, une coquille vide n'ayant plus rien à dire, et plus grand chose à montrer d'original (encore des pin ups avec des flingues, des avions militaires, des viseurs numériques...). Je pense qu'il aspire de plus en plus à se confronter à un cinéma d'auteur européen qui l'a toujours fait fantasmer, mais qu'il ne parvient pas à laisser de côté son identité de geek/army-otaku. 

Il est à un stade de pré-ré-invention, mais la machine patine. Le bouton "Turbo" est coincé, son basset est assis dessus.

lundi, janvier 17 2011 10:26

« Very Bad Cops »

Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 13 novembre 2010.

Un film d'Adam McKay, avec Mark Wahlberg, Will Ferrell, Samuel L. Jackson, The Rock, Eva Mendes, Michael Keaton, Ray Stevenson.

Les inspecteurs Danson et Highsmith sont les meilleurs flics de la ville. Ils enquêtent, traquent, et baisent avec style. Adeptes de la manière forte, leurs dommages collatéraux s'élèvent parfois à plusieurs millions de dollars, mais cela ne fait rien, avec eux, les criminels ne s'en sortent pas. Leurs coéquipiers les vénèrent, ils se tatouent leurs noms, tapent leur rapport à leur place. Pendant une enquête, ils sautent du toît d'un immeuble et croient voir des buissons, là, en bas, pour se rattraper...

Leur mort laisse un grand vide. Leur succession offre aux bras cassés du commissariat l'occasion de sortir enfin de l'ombre. Le tireur fou excité Hoitz, et Gamble le gratte-papiers, ont leur carte à jouer.

On ne pense jamais aux duos de flics secondaires. Les équipes Bis. Ils servent le café, supportent les humeurs. Ils remettent en place la fontaine à eau quand un vieil inspecteur la dégomme. Ils prennent des balles perdues lors de prises d'otages. Ils bouclent des entrepôts qui servent à des trafics, tandis que la pépette est transférée dans la villa du parrain. Ils ont l'air grave pendant l'enterrement des meilleurs amis des héros. Ils remplissent le bureau du chef lors des super réunions quand l'heure est grave. Ce sont les figurants dans le fond des open spaces du commissariat. On les croise dans les vestiaires, la vanne facile contre un héros qui vient de se ridiculiser...

Bref, ce sont les faire-valoir.

Les pauvres.

Ils auraient mérité autre chose que cette bouse tellement lourde qu'elle nous arrache malgré nous des rires nerveux. Une mise en scène anémique, et un talent comique chez Will Ferrell que je cherche toujours. A éviter.

lundi, septembre 27 2010 09:18

« The Killer inside me »

Un film de Michael Winterbottom, avec Casey Affleck, Jessica Alba, Kate Hudson, Elias Koteas, Simon Baker, Bill Pullman.

Dans les années 50, une petite ville du Texas, le shérif adjoint Lou Ford est un garçon bien propre sur lui. En vérité, c'est un véritable sadique battant les femmes, doublé d'un tueur psychopathe ultraviolent, avec un sérieux problème sur les bras lorsque les soupçons se resserrent autour de lui.

Affichons-le clairement : je n'ai pas lu le roman de Jim Thompson dont ce film de Winterbottom (« The road to Guantanamo », « Welcome to Sarajevo », « Jude ») est adapté. D'habitude, le visionnage de films malsains ne me dérange pas : « Seul contre tous » et « Irréversible » de Gaspar Noé, s'ils m'ont choqué, m'ont surtout impressionné par la maestria de la réalisation et l'effet coup de poing de l'histoire. Certains films de Cronenberg (« Crash ») ou de Tsukamoto (« Tetsuo ») m'ont également dérangé, mais la sensualité métallique et la beauté graphique de ces métrages m'ont surtout hypnotisé, au point de devenir des références dans ma dévédéthèque.

J'ai rarement passé un aussi mauvais moment au cinéma que devant « The Killer inside me ». Attention, je vais surtout parler de mon ressenti, Winterbottom a peut-être fait de l'excellent travail d'adaptation, mais je ne juge que ce que j'ai vu.

Le personnage de Lou Ford n'a vraiment rien pour lui. Un tueur sadique, antipathique, un monstre de froideur... Au moins, l'humour de Patrick Bateman et son obsession jusqu'au-boutiste de son apparence dans « American Psycho » permettait une adhésion du lecteur/spectateur, partagé entre un désir de justice et l'identification au tueur. Ici, aucun risque : on a envie de voir Lou sous les verrous, mieux : écrabouillé, atomisé, bref, ce type est juste détestable. Autant dire que partant de ce principe, les minutes de métrage se sentent passer.

Le film choque bien sûr par ses deux scènes de violence absolument insoutenables, l'une par la durée anormale du castagnage en règle du visage de Jessica Alba, la deuxième au contraire par sa brièveté froide, suivie de l'agonie au sol de la victime. Aucun humour ni second degré, et c'est cela qui marque les esprits, ne vient ici tempérer l'électro-choc.

Mais la sale impression laissée par ce film n'est pas provoquée uniquement par l'antipathie du tueur ou la violence de certaines scènes : son scénario finalement très plat et vide, ses personnages anecdotiques mais quand même un chouia décalés, et surtout sa mise en scène atteignant parfois des sommets de cheap (l'explosion finale est digne d'une série Z) achèvent de rendre l'ensemble assez détestable. Reste une impression de sale goût dans la bouche, un film raté, entre-deux, ne faisant parler de lui que pour ses deux scènes choquantes.

mercredi, novembre 4 2009 10:34

« Astérix aux Jeux Olympiques »

Un film sorti en 2008, de Frédéric Forestier et Thomas Langmann. Disponible en DVD chez Pathé!, avec Clovis Cornillac, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Cassel, Alain Delon, Benoît Poelvoorde, José Garcia, Elie Semoun, Stéphane Rousseau, Franck Dubosc, Vanessa Hessler...

Le gaulois Tragicomix est amoureux de la princesse Irina, qui doit épouser Brutus, le fils de César. Avec l'accord de son père, Irina promet d'épouser le vainqueur des prochains Jeux Olympiques. Brutus ne reculera devant aucune bassesse pour gagner, et au passage prendre la place de César après l'avoir assassiné.

Dès le départ, cette daubasse annonce la couleur : vous avez aimé le film de Chabat ? nous allons faire pareil ! Des clins d'oeil à foison, les répliques à n'en plus finir s'enchaînent sans discontinuer, les caméos sont légions, Astérix et Obélix sont encore plus discrets que dans l'opus précédent... Sauf que ce troisième « Astérix » est écrit avec les pieds, les dialogues tombent quasiment tous à plat (à part ceux d'Alain Delon qui relèvent un peu le niveau), rien n'est drôle, l'ensemble est poussif, le défilé de stars n'apportent rien à part clore le film sur une page de pub chargée jusqu'à la gueule (Amélie Mauresmo, Tony Parker, Zinedine Zidane)... A trop vouloir singer son prédécesseur mais le talent en moins, le film se révèle la caricature de lui-même. L'apparition de Schumacher et son char Ferrari constitue la seule bonne utilisation des guests 5 étoiles (enfin, pour un public des "Enfants de la télé", parce que bon, Francis Lalanne, Elie Semoun, Franck Dubosc, Danny Briand...). Tous les gags sentent le réchauffé (Depardieu en Cyrano), l'un des plus grands auteurs émergeants actuels (Alexandre Astier) est inexploité. La mise en scène est plate, le personnage de Brutus est tout sauf drôle et franchement énervant.

Ce film est un ratage total, un peu meilleur que le premier épisode de Claude Zidi, mais à des milliers de caligae du génial « Mission : Cléopâtre » de Chabat.

Si vous aimez les classements, Le « Supplément week-end » a dressé un Top 5 des adaptations live de la saga « Astérix » dans son numéro du 31 octobre 2009.

lundi, mai 11 2009 11:06

« Resident Evil : Extinction »

Un film de Russell Mulcahy, avec Milla Jovovich, Ali Larter. Edité en DVD chez Metropolitan Film & Video.

La quasi-totalité de la population de la Terre a été contaminée par le virus-T, et les humains transformés en zombies. Claire Redfield a regroupé une poignée de survivants et parcourt les plaines désertiques avec son convoi, dans l'espoir de trouver d'autres humains non contaminés. La route du convoi croise celle d'Alice, tentant depuis des années d'échapper à Umbrella Corp., responsable de la mutation de son ADN. De leur côté, les scientifiques d'Umbrella continuent leurs expériences avec des clones d'Alice, pour neutraliser le gêne zombie.

Après le très mauvais « Resident Evil » (Paul Anderson, 2002) et l'ultra-navrant « Resident Evil : Apocalypse » (Alexander Witt, 2004), voici à présent un troisième épisode dont je n'attendais rien de particulier, à part continuer de regarder les épisodes d'une saga catastrophique pour en parler en connaissance de cause. Et ö surprise, le début est plutôt emballant. Le film s'ouvre sur une Alice se réveillant nue sous la douche, trouvant sa robe rouge sur le lit, puis arpentant la maison : une reprise à l'identique du début du premier volet, il s'agit d'une expérience d'Umbrella Corp. pour faire revivre au clone d'Alice ses aventures. Le clone échoue, puis les scientifiques jettent le cadavre au milieu d'une centaine d'autres dans une fosse, à l'air libre, près d'une sorte de ferme bordée de grillages et de zombies, en pleine zone désertique. Le décor est planté, belle entrée en matière. Le début à la « Mad Max » augure d'un film a priori plus intéressant que les deux autres.

Mais forcément, cela se gâte. Alice se joint au convoi Redfield, en même temps que ses poses matrixiennes, ses combats au ralenti, ses abus de chorégraphies câblées reviennent au galop. La Jovovich redevient agaçante, dans son attitude branchouille-tête baissée-je suis revenue de tout-et je marche comme ça pour avoir la classe-même pas peur des zombies car je les fracasse avec un coup de pied retourné-comme Paul Anderson se torche avec la franchise. Quand le convoi se fait attaquer par une horde de corbeaux contaminés alignés sur les fils électriques, on se prend à rêver d'une grosse séquence d'angoisse hitchcockienne, que nenni. Le siège est confus, les boulets (les cons habituels qui cachent aux autres qu'ils ont été mordus) s'en prennent à leurs amis, quelques sacrifiés permettent d'alléger le convoi, et le réalisateur Russel Mulcahy (« Highlander » quand même, bon... « Highlander 2 » aussi, c'est vrai) ferait bien de retourner à l'école prendre des cours de "mise en scène de groupes assiégés" auprès de Carpenter.

Le film se termine par du gros n'importe quoi, le scientifique en chef a été contaminé, et se transforme en zombie mutant aux doigts qui se transforment en tentacules et prend plaisir à crever les yeux de ses victimes. Si vous avez déjà vu les deux premiers épisodes, autant voir celui-là pour rester cohérent et vous moquer. Dans le cas contraire, passez bien sûr votre chemin.

lundi, avril 27 2009 00:09

« Born to fight »

Un film de Panna Rittikrai, avec Dan Chupong, Noppul Gomarachun, Santisuk Promsiri. Sorti en France en 2005, édité en DVD par Studio Canal.

Le gouvernement thaïlandais mène une guerre sans merci contre les narco-trafficants. Au cours d'une opération spéciale qui tourne mal, le supérieur du brillant Daew des forces spéciales meurt. Celui-ci quitte la police, et part en voyage humanitaire avec les amis athlètes de sa soeur dans un village de la campagne reculée thaïlandaise. Mais la démonstration sportive tourne court, car l'armée des narco-trafficants prend en otage le village contre la libération de leur chef. Les athlètes, sans arme, vont devoir utiliser leurs aptitudes sportives pour neutraliser les agresseurs.

« Born to fight » est un véritable film de propagande à la gloire des sportifs thaïlandais. CV à grande échelle pour des athlètes de toutes disciplines (motocross, rugby, football, gymnastique, muay thaï), le film aligne également des scènes d'action mettant en valeur des cascadeurs visiblement suicidaires : combats de bâtons enflammés dans les reins, chutes sur la nuque sur des coins de camions poids lourds, courses à pieds dans du feu sans protection, et bien sûr, absence totale de câbles et d'effets spéciaux. La boxe thaï est à l'honneur, dans des combats chorégraphiés par le réalisateur Panna Rittikrai (déjà aux manettes des bastons de « Ong Bak » et « L'honneur du dragon »). Les combats sont ici moins impressionnants que les deux films avec Tony Jaa mentionnés, pour plusieurs raisons : des gestes moins empreints de sauvagerie, une réalisation moins nerveuse, moins efficace, mais privilégiant de loin le beau geste en usant des ralentis, et nous gavant de plans séquences très efficaces (dont un très impressionnant au beau milieu d'explosions dans la jungle).

Ca y est, la comparaison est lancée : que vaut ce film face aux métrages de Tony Jaa ? Déjà, malgré leurs scénarii basiques, les films de Jaa donnaient plus l'impression de visionner des vrais films, pas des démonstrations sportives au ralenti sur des bandes sons technos insupportables. Oui, vous l'aurez compris, à part les performances sportives des athlètes, « Born to fight » est un énorme navet réussissant l'exploit de provoquer l'ennui. Le film commence pourtant bien, le film d'action policier virant vers le genre survival-guerrier à la « John Rambo ». Les hommes des trafficants exécutant un nombre impressionnant de villageois, on se prend à espérer qu'ils vont finir par manger bon, tous pulvérisés par l'ex-flic Daew dans une orgie de violence jubilatoire, leur faisant payer leurs exactions à coups de genoux dans la tronche et cassages de membres. Et bien, pas du tout : la "vengeance" des sportifs et villageois n'a pas du tout l'effet escompté, et leurs prouesses (shoots footballistiques numérisés dans des noix de coco dans la tête des ennemis, exploits gymnastiques aux barres parallèles, plaquages de rugby, figures aériennes pleines de grâce) techno-isées énervantes de longueur et répétitives donnent presque envie de supporter les agresseurs : on atteint le pompon lorsque, pour la trentième fois, les nanas exécutent des figures gymnastiques et le Zidane local finit de shooter dans les noix restantes, un villageois s'empare avec jubilation (au ralenti bien sûr) du drapeau thaï et court avec les autres à l'extérieur du village pour échapper à l'explosion généralisée ! Ne désespérez pas, même si le drapeau avait brûlé, le film aura eu le temps d'insister sur les valeurs thaïlandaises quand les villageois ont tous chanté l'hymne et que le spectateur a pu observer la monnaie locale sous toutes les coutures.

« Born to fight » accumule les grands moments de ridicule, et hormis les exploits sportifs et des cascadeurs jusqu'au-boutistes, ne parvient jamais à susciter le moindre intérêt. Il prouve finalement que la prouesse physique n'est pas suffisante pour obtenir un bon film. Revoyez plutôt « Ong Bak » et « L'honneur du dragon » de Prachya Pinkaew.

mercredi, avril 15 2009 09:56

« Fast and furious : Tokyo Drift »

Un film de Justin Lin, avec Lucas Black, Brian Tee, Sung Kang.

Contraint de déménager plusieurs fois à cause de son fils participant à des courses sauvages et régulièrement aux prises avec la loi, la mère de Sean craque et envoie celui-ci chez son père à Tokyo. A peine arrivé au lycée local, il fait son nid dans la communauté des courses de drift, initié par un malfrat, et lorgnant vers la copine du champion local. Du classique, quoi !

J'étais resté sur un sentiment de sympathie pour le premier volet de la franchise motorisée, initiée par ce bon vieux Rob Cohen que j'aime bien (« Daylight », « XXX », « Furtif »). Cette fois-ci, exit Paul Walker et Vin Diesel (enfin, pas complètement, ce dernier fait une courte apparition), et place à Lucas Black, au milieu de personnages japonais qui parlent tous anglais : le champion nippon est incarné par Brian Tee (à moitié américain), il y a un coréen (Sung Kang), un petit revendeur noir américain fringué comme un rappeur, décidément, que de gaijins ! Tout ce petit monde se trouve réuni (ainsi que le yakuza le moins crédible de l'histoire du cinéma) autour du DK (Drift King) passé maître dans l'art de grimper les étages des parkings ou les montagnes japonaises en dérapant. Les bons vieux poncifs propres au monde du rap/hip hop formant la sacro-sainte trilogie belles pépettes en mini-shorts/voiture rutilantes/jeunes gens bien sapés et couverts de bling bling font fureur, entre deux séquences de dérapages filmées de manière très efficace et qui, avouons-le, constituent les seuls bons moments d'un film scénarisé par des paresseux. Imaginez un môme lycéen (qui a l'air d'avoir 25 ans), débarquant chez son père militaire qui va l'aider à battre à la course le neveu du yakuza du coin, après avoir rencontré à la cantine de l'école un revendeur d'Ipod se trimballant un énorme sac contenant des paires de chaussures de spot et surtout un volant collector de voiture de course aux yeux de tous. Au passage, Sean aura pris part à une course poursuite dans le quartier le plus fréquenté de Tokyo, manquant d'écraser une floppée de piétons avant que son meilleur ami ne crame vivant devant tout le monde. Mais de cela, son père s'en bat la race comme de sa première paire de rangers, ce qu'il veut, c'est que Sean règle ses problèmes en bottant le cul du DK. Si on ajoute à cela des personnages stéréotypés inspirant tout au plus un bâillement, l'absence de la moindre implication dans l'intrigue, et une quantité faramineuse de faire-valoirs bouche-trous, l'ennui total n'est pas loin.

Le pompon est plusieurs fois atteint comme lors de cette séquence où Sean entre dans une boîte de nuit, puis accède à une soirée privée à l'étage de la même discothèque, réunissant tous ses potes drifteurs et une horde de japonaises en rut, puis un super-garage abritant des zolies voitures : le repaire secret de son ami trafiquant. C'est bien connu, les japonais rentabilisent l'espace. Mieux même que les méchants de la série « Alias », cachant des salles de torture dans les sous-sols des discothèques. Heureusement, quelques plans de bagnoles émergeront du film, éclairées par les néons tokyoïtes, ou cette séquence de dialogue surplombant le quartier animé de Tokyo et un terrain de foot au sommet d'un immeuble.

mercredi, avril 1 2009 20:45

« Dragonball Evolution »

Ce billet est un poisson d'avril. Don't panic !

Un film de James Wong, avec Justin Chatwin, James Marsters, Chow Yun-Fat, Emmy Rossum.

L'infâme Piccolo veut conquérir le monde en s'emparant des légendaires dragon balls. En cherchant une des boules, il tombe sur la maison du grand-père de Sangoku, qu'il tue d'un revers de la main. Goku, ivre de vengeance, part à la recherche des autres dragon balls, accompagné de Bulma et du maître Roshi. Mais un mystérieux secret se terre dans l'identité même de Sangoku.

Plus de 20 ans d'attente pour voir enfin l'adaptation du manga cultissime d'Akira Toriyama. Produit par Toriyama et Stephen Chow (réalisateur de « Shaolin Soccer » et « Crazy Kung Fu »), ce film est enfin sur nos écrans et c'est tant mieux. Le metteur en scène James Wong (« Destination Finale 1 et 3 », « The One », l'un des meilleurs Jet Li) a su complètement se mettre au diapason du matériau d'origine en nous livrant un merveilleux film d'aventure et bourré d'effets spéciaux. Nul besoin de connaître l'oeuvre originale pour apprécier ce film épique qui nous propose un florilège somptueux de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres. Chow Yun-Fat nous prouve l'étendue de son talent après les excellents « Un tueur pour cible » et « Pirates des Caraïbes 3 », aux antipodes des boursouflures très moyennes hong-kongaises. Parfait en maître en arts martiaux, il confère à son personnage une touche solide et paternaliste bienvenue, évitant de sombrer dans le ridicule. Nul doute que nous allons assister dans les prochains mois à un renouveau salutaire de sa carrière. Au milieu des actrices craquantes jouant Bulma et Chichi, Justin Chatwin reste la principale révélation de ce film. Supportant sur ses épaules les attentes de millions de fans, il s'en tire haut la main, charismatique, habité par un feu intérieur le désignant à coup sûr comme le futur Jet Li. Il réussit le tour de force d'incarner à la perfection un Sangoku extrêmement fidèle à la création de Toriyama, puissant et positif. Dans le rôle de Piccolo, James Marsters fait oublier ses pâles prestations en Spike dans la série « Buffy », et compose un bad guy rentrant directement au panthéon des monstres sacrés comme Dark Vador ou Saroumane.

Les fans du manga aux 42 tomes auront plaisir à retrouver en chair et en os des incarnations fidèles de leurs personnages préférés. Piccolo est une copie conforme, un modèle de fidélité absolue, un sommet de charisme froid et maléfique, quant à l'univers en général, c'est carrément l'orgie de références : la maison de Roshi/Tortue Géniale est sur une petite butte en pleine ville, référence à l'île minuscule du manga. Les moyens de locomotion contenus dans des capsules de Bulma sont un véritable plaisir pour les yeux, on sent vraiment que l'équipe du film a pris un malin plaisir à respecter à la virgule chaque idée de Toriyama. L'arène des arts martiaux, si elle ne ressemble pas trait pour trait à celle du manga, contient l'essence du mythique tournoi originel. Les effet spéciaux ne sont pas en reste, le kaméhaméha de Goku est très bien rendu, et les affrontements à base de boules d'énergie valent à eux seuls l'achat du ticket de cinéma. Loin d'être uniquement à base de boules de feu, les combats font également appel aux techniques d'arts martiaux : les experts en combats des films « 300 », « La mort dans la peau » et « Matrix » ont apporté leur savoir-faire à ce métrage mêlant fantasy et combats plus sobres. Grâce à un entraînement intensif de plusieurs heures par jour, les acteurs du film montrent qu'on peut devenir un artiste martial en peu de temps si on est bien encadré, et on peut dire que cela se voit à l'écran ! Rendant justice aux personnages dantesques de Toriyama, les affrontements sont à couper le souffle, portés par une mise en scène inspirée, compréhensible, et originale.

Mais le clou du spectacle, c'est cette transformation de Goku. Pour notre immense bonheur, il ne se transforme plus en gorille (le manga rendait hommage à la légende du roi singe), mais en monstre hybride, verdâtre, dans la droite de lignée de Piccolo. C'est grand !

L'adaptation live du manga devait à l'origine s'appeler tout simplement « Dragonball ». La production, en ajoutant le mot « Evolution », ne s'est pas trompée : transcendant le matériau d'origine, le film apporte un souffle nouveau à la franchise, nul doute que les fans hard core réclameront une suite que nous espérons tous de tout notre coeur. Chapeau !

lundi, mars 23 2009 18:32

« L'expert »

Un film de Luis Llosa (1994), avec Sylvester Stallone, Sharon Stone, James Woods, Rod Steiger, Eric Roberts.

May Munro fait appel au tueur à gages Ray Quick, spécialisé en explosifs pour tuer les trois hommes qu'elle juge responsable de la mort de ses parents alors qu'elle était petite. Mais cette prise de contact est un piège imaginé par Ned Trent, un des hommes du parrain Joe Leone, afin de neutraliser Ray, son ex-coéquipier du temps où ils étaient agents de la CIA.

Réunir les deux superstars Sharon Stone et Sly dans le même film en 1994, cela avait quelque chose d'énorme. Putain, 14 ans déjà ! La belle alignait un thriller érotique par an, après « Basic Instinct » (1992) et « Sliver » (1993), avant de se frotter à d'autres genres avec les très bons « Mort ou vif » (1995) et « Casino » (1996). Le top de sa carrière, quoi. Sly, quant à lui, venait d'apparaître dans les burnés « Cliffhanger » (1993) et « Demolition Man » (1994), mais venait d'entamer sa fameuse trilogie de la bouse comprenant aussi « Judge Dredd » et le très regardable bien que mauvais « Assassins » (1995). En revoyant ce film aujourd'hui, on aurait tendance à oublier tous ces bons métrages, tant « L'expert » apparaît surtout comme un téléfilm de luxe. Cabotinage généralisé, abus des explosions, atmosphère érotique avec femme seule qui se caresse, mafieux odieux, bad guy obsédé par lui-même, boum, mort, méchant pas content, érotisme, puis re-boum et re-mort, méchant encore moins content, scène de sexe, trahison, re-boum, etc. Le summum, c'est cette séquence au bord du ridicule, où Sly, en pleine exercice le torse luisant et la mine concentrée et les sourcils de chiens battus, réécoute ses conversations avec la belle, entrecoupée de plan de Sharon Stone se caressant les cuisses et ouvrant la bouche. Mais je dirais que la principale attraction, c'est un James Woods complètement en roue libre. Son personnage donnant l'air d'être constamment sous l'emprise de cocaïne, il compose un ancien de la CIA s'emportant pour un rien, s'énervant après des "saletés de crabes" quand une explosion réduit à néant un immeuble sur le port. C'est le côté "tireur fou" du duo qu'il composait avec Ray pour la CIA, Ray restant le technicien sentimental. Autre temps fort du film, cette rencontre sous la douche entre une Sharon les seins à l'air et un Sly savonné précède le grand moment du seul contre tous. A peine informé du piège par la belle déjà au RDC de l'immeuble, Sly va trouver le temps de s'habiller, poser de l'explosif autour de la fenêtre, transformer le téléphone en émetteur, et balancer un méchant dans un bac d'huile bouillante avant de s'échapper tranquillou. Ne manquait plus que voir combattre Eric « Best of the best » Roberts (le frangin de Julia) dans sa période corps musclé, même si son faciès ne l'aidait déjà pas des masses. Ah oui, j'oubliais de préciser : le réalisateur Luis Llosa est aussi coupable du nanar « Anaconda » et du scénario de « Street fighter l'ultime combat », sorti la même année.

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